POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

ONG en difficulté

Le Covid-19, prétexte pour bafouer les droits de l’Homme



Au Salvador, les ONG déjà en souffrance subissent de nouvelles entraves de la part du pouvoir. (Photo: Shutterstock)

Au Salvador, les ONG déjà en souffrance subissent de nouvelles entraves de la part du pouvoir. (Photo: Shutterstock)

L’asbl Action Solidarité Tiers Monde (ASTM) dénonce les dommages collatéraux de la lutte contre l’épidémie de coronavirus, utilisée par certains dirigeants politiques pour servir d’autres desseins.

Les États touchés par l’épidémie de Covid-19 sont amenés à prendre des mesures exceptionnelles pour tenter de limiter sa propagation. Mais si certains s’en tiennent aux restrictions de déplacement comme le Luxembourg, d’autres n’hésitent pas à aller beaucoup plus loin.

«Action Solidarité Tiers Monde (ASTM) constate, à travers les expériences de certains partenaires et réseaux dans les pays du sud, l’utilisation abusive de la crise sanitaire pour restreindre l’action de la société civile et des défenseurs des droits humains en particulier», déplore l’asbl dans un communiqué.

Elle cite l’exemple du Salvador où «le décret exécutif du président instaurant un régime spécial temporaire pour faire face à la pandémie de Covid-19 tente d’annuler les pouvoirs du bureau du médiateur des droits de l’Homme, une institution qui est chargée d’observer la réalisation des droits par l’État». Les ONG dénonçant ce décret ont été accusées par le président Nayib Bukele de «travailler pour qu’il y ait plus de morts au Salvador».

Des recommandations au gouvernement luxembourgeois

Aux Philippines, des mesures d’urgence permettent au président Rodrigo Duterte de punir les auteurs de «fake news» alors que les ONG soulignent déjà des «attaques systématiques et croissantes de la part des autorités» à l’encontre des défenseurs des droits de l’Homme.

ASTM signale également la situation encore plus préoccupante des populations déjà vulnérables comme les communautés rurales en Équateur, les victimes de violences domestiques au Honduras ou les travailleurs de carrières et les migrants en Inde.

Plus près du Luxembourg, les mesures prises par le gouvernement Orban ont également été dénoncées comme un moyen de resserrer son emprise sur la société.

L’asbl a fait parvenir au gouvernement ses recommandations visant à inclure la protection des défenseurs des droits de l’Homme dans sa politique étrangère, que ce soit en délivrant rapidement des visas pour les personnes en danger, en sensibilisant les membres des missions diplomatiques luxembourgeoises ou en promouvant des programmes de sensibilisation sur le droit à la protection des droits de l’Homme.