ENTREPRISES & STRATÉGIES — Commerce

Budget familial

«Le coût de la rentrée? 250 euros par enfant»



Le coût des fournitures scolaires augmente chaque année, une tendance qui accompagne le développement des gammes de produits éco-responsables dans les magasins. Photo: WILI Agency/Maison Moderne

Le coût des fournitures scolaires augmente chaque année, une tendance qui accompagne le développement des gammes de produits éco-responsables dans les magasins. Photo: WILI Agency/Maison Moderne

La rentrée scolaire est aussi synonyme d’achat de matériel pour les familles. Pour la Fapel, notamment, les aides du gouvernement demeurent insuffisantes.

La rentrée des classes s’accompagne toujours d’une série d’achats nécessaires: fournitures scolaires, transport, habillement, inscription aux activités… Avec un budget à y consacrer qui est de plus en plus conséquent. Un constat qui s’est accentué depuis la pandémie, selon Charles Krim, le président de la Fapel (Fédération des associations de parents d’élèves du Luxembourg): «La pandémie a fragilisé les foyers les plus précaires, et la rentrée coûte plus cher chaque année. Il y a environ 25 à 30% des familles qui auraient besoin d’un coup de pouce financier supplémentaire. Nous estimons le coût moyen des achats de rentrée à 250 euros par enfant.»

L’État verse automatiquement aux parents une allocation annuelle de rentrée de 115 euros pour les 0-6 ans, majorée à 235 euros pour les plus de 12 ans, et ce jusqu’à la fin des études secondaires. Un montant désindexé depuis 2006, ce qui, selon Frédéric Krier, membre du bureau exécutif de l’OGBL, lui fait «perdre de la valeur chaque année puisque le coût de la vie, lui, a significativement augmenté», avant d’ajouter que «si le nouveau projet de loi prévoit la réindexation de l’allocation familiale, il ne prévoit pas celle de l’allocation de rentrée scolaire, qui devrait être à son tour adaptée».

Depuis trois ans, les manuels scolaires obligatoires pour les élèves du secondaire sont gratuits au Luxembourg, mais pour le syndicat, ce n’est pas suffisant non plus. «La gratuité des livres scolaires est un pas dans la bonne direction. Il faudrait aussi prévoir la prise en charge par l’État des vêtements de travail pour les élèves apprentis.» 

Les premiers manuels délivrés dès le 24 juillet

Ce dispositif mybooks.lu, mis en place par le ministère de l’Éducation nationale à la rentrée 2018-2019, permet d’étaler la fréquentation dans les librairies sur tout l’été, comme l’explique Mathieu Cadet, responsable de la librairie Ernster au centre commercial La Belle Étoile: «L’année scolaire finit le 15 juillet. On reçoit les listes des établissements dès le 22 juillet et à partir du 24 juillet, on commence à délivrer les premiers manuels. Les retraits sont étalés, mais le vrai rush en magasin – pour les fournitures surtout – reste la semaine précédant et celle suivant la rentrée, avec un panier moyen de 100-150 euros.»

Dans les grandes surfaces comme Cactus, on constate aussi «des ventes très importantes dès la première semaine d’exposition des articles de rentrée, mi-juillet» – sans toutefois communiquer de chiffres –, comme indiqué par Jill Colas, responsable marketing de l’enseigne, sachant que «la moitié des parents attendent la fin des vacances pour finaliser les achats de fournitures». 

Plus verts, les crayons

L’écodurabilité est un challenge dont les fabricants de fournitures scolaires ne se sont pas encore massivement emparés. Dans les rayons des papeteries, peu de classeurs, de feuilles, de crayons et de stylos portent la mention «recyclé»… «Ce n’est pas la majorité des achats à ce jour. Mais les clients achètent davantage des accessoires durables pour la rentrée, comme des lunch box en bambou ou des gourdes en plastique recyclé», analyse Mathieu Cadet.

À l’inverse, l’enseigne Cactus porte une attention particulière aux gammes écologiques qui pourraient sortir: «Nous avons déjà plus d’une centaine de références certifiées ‘Clever akafen’, clairement signalées en magasin, ce qui nous a permis d’augmenter les ventes dans ce domaine au cours des dernières années.» Pour le moment, les chiffres concernant la part d’achats écoresponsables sur l’ensemble des achats de rentrée ne sont pas non plus communiqués.