POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Tom Wirion, directeur général de la chambre des métiers

«Le coronavirus, je n’ai jamais vu cela en 20 ans»



Pour Tom Wirion, si des mesures restrictives sont prises, des aides supplémentaires devront concerner les PME. (Photo: Maison Moderne / archives)

Pour Tom Wirion, si des mesures restrictives sont prises, des aides supplémentaires devront concerner les PME. (Photo: Maison Moderne / archives)

Les PME luxembourgeoises sont directement concernées par l’épidémie de coronavirus. Et l’artisanat pourrait notamment rencontrer d’importantes difficultés. Le directeur général de la Chambre des métiers, Tom Wirion, souhaite plus d’aides encore de la part du gouvernement.

Ouverture de l’accès au chômage partiel pour les entreprises concernées par le coronavirus et assouplissement du régime des minimis sont deux des aides du gouvernement proposées mercredi aux PME.

Une bonne chose, se félicite Tom Wirion . Qui propose aussi d’autres pistes à étudier et à concrétiser, si nécessaire.

On imagine que la Chambre des métiers est fortement sollicitée par ses membres alors que le coronavirus sévit?

Tom Wirion. – «Nous avons mobilisé deux personnes pour répondre aux appels. Toute la difficulté est que les demandes sont souvent très générales, mais que les réponses doivent être adaptées à chaque métier. Depuis plusieurs jours, les contacts sont de plus en plus nombreux.

Quels sont les secteurs d’activité où l’inquiétude est la plus grande?

«En premier lieu, le secteur de l’esthétique, de la beauté, de la coiffure… Les questions sont souvent en lien avec les conditions de travail, le personnel et la législation. Les employés peuvent venir d’horizons très différents, comme les clients. Ensuite, c’est la restauration et les traiteurs qui nous contactent. Il y a évidemment les annulations d’événements qui génèrent des pertes financières.

Enfin, le secteur de la construction est aussi touché. Par exemple, des entrepreneurs ne peuvent commencer des chantiers, car les commanditaires sont retenus à l’étranger. Ce n’est pas facile, mais on essaye d’anticiper les questions pour apporter les meilleures réponses.

Vous pouvez compter sur le chômage partiel...

«En effet. Le régime a été ouvert à tous les secteurs, c’est une bonne chose. Comme le fait que l’on puisse introduire une demande à tout moment. Avant, il fallait le faire avant le 13 du mois pour que cela soit effectif le mois suivant.

Il faudra envisager de permettre d’échelonner les versements des cotisations sociales et de TVA.
Tom Wirion

Tom Wirion,  directeur général de la Chambre des métiers

Beaucoup d’entreprises mettent en place des solutions de télétravail. Qu’en pensez-vous?

«Que c’est parfait là où c’est possible. Ce qui est peu le cas dans l’artisanat.

Où se situe votre inquiétude majeure?

«J’aimerais savoir si on va intensifier les mesures ou pas. Si c’est le cas, il faudra de nouvelles mesures d’aide. Notamment permettre d’échelonner les versements des cotisations sociales et de la TVA. Il faut que le gouvernement tienne compte du fait que nos artisans ont des coûts fixes à assumer, qu’il y ait un ralentissement de l’activité ou pas. 

Quelles pourraient être les difficultés à venir pour l’artisanat?

«Elles sont nombreuses. Un exemple: que vont faire certains entrepreneurs si l’Italie n’exporte plus de pierre ou de marbre? La Chine fournit aussi beaucoup de choses aux entreprises luxembourgeoises, et pas que des pièces de téléphone. 

C’est une véritable crise?

«Il y a eu la crise financière de 2008 qui a été terrible, mais moins pour nous. Le coronavirus, je n’ai jamais vu cela alors que je suis là depuis 20 ans. 

Nos chefs d’entreprise sont des gens sérieux qui ont une responsabilité sociale à l’égard de leurs travailleurs et de la santé publique.
Tom Wirion

Tom Wirion,   directeur général de la Chambre des métiers

Les chefs d’entreprise ont-ils bien saisi les enjeux divers de cette épidémie?

«Oui, car ce sont des gens sérieux qui savent qu’ils ont une responsabilité sociale à l’égard de leurs travailleurs et de la santé publique. Tous veulent agir au mieux, la preuve en est qu’ils sont nombreux à se tourner vers nous.