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Au Luxembourg

Coronavirus: des effets indirects sur les entreprises



«Si les fermetures d’usines en Chine ne durent pas trop longtemps, les conséquences ne devraient pas être dramatiques et seront lissées sur l’année, parce que la reprise pourrait être extrêmement rapide par la suite», précise Carlo Thelen, directeur général de la Chambre de commerce du Grand-Duché de Luxembourg. (Photo: Matic Zorman/archives)

«Si les fermetures d’usines en Chine ne durent pas trop longtemps, les conséquences ne devraient pas être dramatiques et seront lissées sur l’année, parce que la reprise pourrait être extrêmement rapide par la suite», précise Carlo Thelen, directeur général de la Chambre de commerce du Grand-Duché de Luxembourg. (Photo: Matic Zorman/archives)

La contamination du coronavirus semble avoir marqué le pas en début de semaine, mais l’économie chinoise n’a pas encore entamé de reprise, et les entreprises luxembourgeoises restent attentives à l’évolution de la situation.

Le géant Apple  a annoncé lundi qu’il n’atteindrait pas ses projections  de résultats financiers pour le premier trimestre 2020. En cause: la production de ses iPhone, fortement ralentie à cause de sous-traitants basés dans la région de Wuhan, en Chine, là où est situé l’épicentre de l’épidémie de coronavirus. «Les entreprises luxembourgeoises ne devraient pas être impactées dans de telles proportions» veut rassurer  Carlo Thelen , directeur général de la Chambre de commerce.

Au niveau du commerce extérieur du Grand-Duché, les exportations et les importations de produits vers la Chine «représentent seulement 1,2% du total, et pour les services cela représente 1% des exportations, et 0,3% des importations, donc on voit bien que les effets directs sont relativement limités, par contre il y a des effets indirects. Les équipementiers automobiles du pays par exemple, qui exportent vers l’Allemagne – l’Allemagne étant le principal partenaire d’exportation du Luxembourg –, peuvent être impactés si notre voisin voit ses chaînes de production perturbées par le coronavirus.»

Les entreprises «s’adaptent»

Et si en Belgique, 50% des membres d’Agoria – la fédération de l’industrie technologique – ont récemment expliqué, via un sondage, rencontrer des problèmes dans leurs activités de production à cause du coronavirus, «au Luxembourg, nous n’avons pas de chiffres précis, les entreprises préfèrent pour l’instant rester discrètes et espèrent que les difficultés de production ou d’approvisionnement vont être momentanées», précise Carlo Thelen.

Les principaux secteurs touchés dans le pays sont ceux de la logistique –  Cargolux avait notamment annoncé réduire ses liaisons avec la Chine  –, de l’automobile, de l’électronique et des équipements électriques en général, mais également  du tourisme . «Les entreprises arrivent pour le moment à s’adapter, à réorganiser leurs flux ou leurs stocks, mais cela à court terme, car l’inconnue reste la durée de cette situation.»  Des entreprises comme Circuit Foil  – qui dispose d’un centre de services qui occupe 70 personnes en Chine – sont toutefois plus impactées que d’autres sociétés qui n’ont pas de site de production sur place.

Quand la Chine tousse, tout le monde le ressent.

Carlo Thelen,  directeur général,  Chambre de commerce du Grand-Duché de Luxembourg.

Interrogée en marge du Global Women’s Forum à Dubaï il y a quelques jours sur l’impact de la crise du coronavirus sur l’économie mondiale, la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a expliqué que la prévision de croissance mondiale pour l’année 2020 «est de 3,3% et il pourrait y avoir une réduction de 0,1 à 0,2%. Il y a beaucoup d’incertitudes et nous parlons ici de scénarios, pas de projections. Reposez-moi la question dans dix jours.»

Personne ne se risque donc à un pronostic de reprise. «Mais si les fermetures d’usines en Chine ne durent pas trop longtemps, les conséquences ne devraient pas être dramatiques et seront lissées sur l’année, parce que la reprise pourrait être extrêmement rapide par la suite», précise Carlo Thelen. «Lors de l’épidémie du SRAS en 2003, qui a duré en tout six mois, la reprise a été tellement rapide qu’il n’y a pas eu de vraies conséquences sur les chiffres d’affaires annuels.»

Vigilance de mise

«Mais à l’époque, la Chine représentait 4,2% de l’économie mondiale, contre 16% aujourd’hui, donc désormais quand la Chine tousse, tout le monde le ressent», rappelle Carlo Thelen, qui ne se dit, pour l’instant, pas inquiet. «Il faut s’abstenir d’avoir des messages trop alarmistes, il est clair que l’on est dans une situation de crise potentielle et d’incertitude, mais je pense que le gouvernement chinois, compte tenu de la force avec laquelle il a réagi, a montré sa volonté d’enrayer ce problème rapidement, donc il faut espérer que ces efforts et ces sacrifices vont rapidement montrer des effets.»

La vigilance est donc de mise au sein de la Chambre de commerce, car «lorsque le commerce chinois diminue de 10%, la croissance en Europe diminue de 0,3% donc il y a des conséquences, mais pour l’instant au Luxembourg il faut rester serein.»