POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Dialogue social

Une confiance en reconstruction



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Les membres du CPTE (de dos Nora Back, Patrick Dury, ou encore Isabelle Schlesser de l’Adem) se sont quittés dans une ambiance courtoise et avec l’intention de relancer le dialogue social. (Photo: Paperjam)

Le Comité permanent du travail et de l’emploi (CPTE) s’est tenu lundi matin dans une ambiance «relativement bonne», selon le ministre du Travail Dan Kersch, qui a été le seul à – peu – s’exprimer à son issue.

La réunion du CPTE prévue ce lundi promettait d’être palpitante après deux mois de conflit social dans le verbe entre le patronat et les syndicats.

L’UEL avait jeté un pavé dans la mare lors du CPTE de septembre en appelant à «de nouvelles méthodes de travail», à un «dialogue social novateur» fait de bipartites avec le gouvernement, lequel trancherait in fine.

Une façon de libérer l’UEL de toute implication dans les avancées en matière de droit du travail. Les syndicats avaient réagi en fustigeant un «boycott du dialogue social» , voire du «vandalisme social» lors de conférences de presse et d’une manifestation de 1.500 personnes à la mi-novembre.

Mais le combat de boxe n’a pas eu lieu. «Lorsqu’on se souvient des dernières semaines, je peux dire que l’ambiance était relativement bonne», a brièvement commenté le ministre du Travail  Dan Kersch (LSAP) à la sortie de la réunion. «Chacun sait que nous avons une grande responsabilité, et c’est dans ce sens que nous avons discuté.»

Il a toujours été question, dans le CPTE, de discuter d’une série de sujets d’actualité et de rapprocher les positions autant que possible.

Dan Kersch,  ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Économie solidaire

De fait, les délégations syndicales et patronales ont quitté la réunion dans le calme. Mais ont refusé de commenter le contenu de la séance, s’en remettant au ministre du Travail. Même le volubile président de l’UEL, Nicolas Buck , est parti sans s’arrêter devant la presse, lançant à la volée qu’il «laisse le ministre parler», puisque «nous avons une position commune».

Les représentants syndicaux – Nora Back , à laquelle André Roeltgen a déjà passé la main en amont du vote du congrès de l’OGBL, Patrick Dury pour le LCGB et Romain Wolff pour la CGFP – ont également tenu à respecter le principe d’une communication centralisée par la voix du ministre du Travail. Un premier accord tripartite après l’orage, en quelque sorte, ou un retour à une époque où chaque discussion ne s’étalait pas dans la presse après une fuite de l’un ou l’autre partenaire social – plus souvent syndical.

À écouter M. Kersch, cette réunion du CPTE n’a en rien différé des précédentes. «Il a toujours été question, dans le CPTE, de discuter d’une série de sujets d’actualité et de rapprocher les positions autant que possible. (…) C’est la pratique à laquelle le gouvernement veut se tenir.»

Le ministre du Travail, qui était lundi matin accompagné de la ministre de la Famille et de l’Intégration, Corinne Cahen (DP) – nous ne saurons pas si sa présence était rendue nécessaire par un des sujets sur la table ou par la volonté d’apporter le soutien du gouvernement à M. Kersch –, a poursuivi en indiquant que «nous sommes actuellement dans la phase du début d’une grande discussion sur ce qui figure dans le programme de gouvernement». Sachant que «le gouvernement est prêt à discuter sur tous les sujets que l’un ou l’autre partenaire social mettra sur la table».

Le dialogue social tripartite semble donc au stade de la convalescence après une grosse poussée de fièvre.