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Un sondage révèle que les travailleurs luxembourgeois ressentent moins les effets de la «guerre des talents» que dans d’autres pays



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L’impact du départ à la retraite de la génération «baby boom» associé au déclin de la croissance de la population provoque un changement de tendance faisant augmenter la demande et diminuer l’offre sur le marché du travail. De façon générale, près de la moitié des employés sont convaincus que cette tendance a des conséquences directes sur leurs carrières, selon les derniers résultats du sondage Workmonitor de Randstad, mené dans 29 pays. Ce sont les employés chinois qui le ressentent le plus fortement (73%). Le Luxembourg fait partie des pays pour lesquels c’est un peu moins apparent (29% des personnes interrogées).

La guerre des talents de plus en plus visible dans la plupart des pays

La conséquence de ce changement de situation démographique, qu’on appelle aussi «guerre des talents» devient visible dans la plupart des pays: un tiers des répondants affirment que la société qui les emploie à l’heure actuelle à du mal à recruter du personnel qualifié pour ses postes vacants. C’est semble-t-il moins le cas au Luxembourg (25%).

Les employés luxembourgeois remarquent que la rétention d’employés qualifiés représente un défi de plus en plus important pour les employeurs

La rétention est un autre sujet montré du doigt par la Workmonitor Randstad. La moitié des employés luxembourgeois remarquent que la majorité des collègues qui ont récemment quitté l’entreprise donnaient entière satisfaction, ce qui signifie que des employés qualifiés s’en vont. Attirer des personnes ayant les qualifications adéquates pour les remplacer devient de plus en plus difficile. Ceci est illustré par le fait que 42% des personnes interrogées admettent que leurs compétences se situent en-deçà des attentes de leurs postes. Il semblerait que les sociétés qui n’arrivent pas à recruter les bons profils pour les postes vacants attendent plus de la part des employés actuels.

«Ces résultats ne sont pas nouveaux mais deviennent de plus en plus apparents, commente Ben Noteboom, CEO de Randstad Holding. Pour contrer les besoins futurs sur le marché du travail, nous continuons à faciliter toute forme de transition et de mobilité des employés: sociale, professionnelle et géographique. Notre but est de contribuer à l’efficience et au bon fonctionnement du marché du travail, à la fois pour les candidats et les entreprises utilisatrices. Le Workmonitor Randstad montre également l’importance de la formation professionnelle continue et de la formation de terrain. Les employés affirment clairement en avoir besoin pour faire face aux nouvelles exigences de leurs emplois et à de plus grandes responsabilités.»

Indices trimestriels

Confiance des employés

De manière générale, après une période de croissance, le niveau de confiance s’est stabilisé; en moyenne, 69% des personnes interrogées pensent pouvoir retrouver un job dans les 6 mois. Les plus confiants sont les employés chinois, indiens et australiens et les moins confiants sont les grecs, japonais et hongrois. Les luxembourgeois sont moins confiants que la moyenne.

Seuls 6% des employés luxembourgeois ont de grandes craintes de perdre leur emploi ce qui place le Luxembourg légèrement en dessous de la moyenne (7%).En Suisse, la peur de perdre son job a beaucoup augmenté au cours des 3 derniers mois alors qu’en Allemagne ce n’est pas une préoccupation. Dans l’ensemble, cet indice a tendance à croître sur les derniers mois.

Mobilité

En moyenne, elle est stable sur l’échantillon des pays étudiés (106).

Le Luxembourg reste le pays où la mobilité est la plus faible (86) malgré une hausse significative de 6 points sur les 3 derniers mois. De plus en plus d’employés s’attendent à travailler ailleurs dans les 6 prochains mois.

L’index de mobilité de l’Inde reste, lui encore, le plus élevé (146).

Satisfaction par rapport au job

¾ des employés luxembourgeois sont satisfaits de leur emploi, soit une légère baisse par rapport au trimestre précédent.

L’augmentation de la satisfaction des danois vis à vis de leur employeur actuel fait d’eux les plus satisfaits en Europe (83%).

Motivation personnelle

Les personnes interrogées au Luxembourg sont moins préoccupés par l’obtention d’une promotion qu’au trimestre dernier (21% vs 28%).

Les employés scandinaves et polonais sont les moins ambitieux en Europe alors que les italiens le sont bien plus. En dehors de l’Europe, les mexicains et indiens sont extrêmement ambitieux (51% et 46% souhaitent fermement une promotion) même si en Inde, ce chiffre a baissé entre le 1er et 2ème trimestre.

L’enquête trimestrielle sur le travail de Randstad

Après le succès rencontré par le Workmonitor aux Pays-Bas depuis 2003, cette enquête est désormais menée dans 29 pays aussi bien en Europe, qu’en Amérique ou en Asie. Le Workmonitor est publié quatre fois par an, permettant d’avoir une visibilité locale et globale sur l’évolution de la mobilité.
L’index de mobilité, qui enregistre dans quelle mesure les répondants s’attendent à changer d’emploi dans les 6 prochains mois, fournit une bonne compréhension des tendances sur le marché du travail. D’autant plus qu’ils sont également interrogés sur leur motivation et satisfaction personnelle ainsi que sur d’autres thèmes qui varient à chaque nouvelle enquête.

Cette deuxième vague de l’étude a été menée du 2 au 13 mai sur un échantillon de 2.400 personnes résidant et travaillant au Luxembourg.