POLITIQUE & INSTITUTIONS

Pour une politique d'investissements publics cohérente avec le droit international



Jean-Sébastien Zippert et Ekkehart Schmidt-Fink (Etika) (Photo: Julien Becker/archives)

Jean-Sébastien Zippert et Ekkehart Schmidt-Fink (Etika) (Photo: Julien Becker/archives)

Un collectif d'associations de la société civile va rencontrer le ministre des Affaires étrangères la semaine prochaine pour débattre de l'introduction de critères sociaux et environnementaux dans le cadre des investissements publics en cohérence avec les engagements internationaux pris par le Luxembourg.

Comme tout Etat souverain, le Luxembourg dispose de réserves financières destinées au financement d'activités d'intérêt général comme la construction de routes, la complémentarité pour les régimes de retraites des employés publics comme privés, etc. Une partie de ces fonds est investie dans des actifs financiers issus d'Etats ou d'entreprises, comme c'est le cas pour le Fonds de Compensation (FDC) qui a fait parler de lui au courant de l'année dernière concernant son engagement dans des actifs d'entreprises impliquées dans la fabrication de bombes à sous-munitions. Lors de sa participation à la première réunion des Etats-parties à la Convention sur les armes à sous-munitions en novembre dernier, Jean Asselborn a évoqué la création d'une enceinte éthique pour prévenir les investissements actuels et futurs sous contrôle public dans de telles sociétés.

«Nous saluons cette initiative et nous avons demandé à rencontrer le Vice-Premier Ministre: ce sera le cas le 1er février. Des représentants de nombreux ministères, du FDC et de la place financière ont également été invités», précise la présidente de etika Magali Paulus. Le collectif a l'intention de discuter de l'élargissement des critères de sélection extra-financiers applicables aux investissements publics. «La question des bombes à sous-munitions n'est que l'arbre qui cache la forêt: le Luxembourg a signé nombre de conventions internationales l'engageant à faire respecter sur son territoire des conditions de travail décentes, à défendre les droits humains fondamentaux et à protéger l'environnement», poursuit Paul Delaunois, directeur de Greenpeace Luxembourg. Il ajoute: «En s'interdisant également d'investir dans des actifs de sociétés ou d'Etats violant ces conventions qui constituent la base du droit international, l'Etat luxembourgeois marquerait ainsi sa cohérence.»

Le collectif a l'intention d'étayer sa requête sur les exemples de certains pays européens comme la Norvège qui gère le deuxième fonds souverain mondial ou la France avec le Fonds de réserve des retraites. Ces pays ont ajouté des critères sociaux et environnementaux dans la gestion de leurs fonds publics. L'étude sur la durée montre que les performances de ces fonds sont très proches de celles de fonds traditionnels. «En accordant sa politique d'investissement publics avec ses engagements internationaux, le Luxembourg donnerait un signal clair vers la communauté des investisseurs privés en crédibilisant l'investissement responsable», conclut Magali Paulus.

Organisations membres du collectif: ASTM, Biolabel, Caritas Luxembourg, Cercle de Coopération des ONG de développement, Co-Labor, Demeter Bond, etika, Greenpeace Luxembourg, Mouvement écologique, Natur&emwëlt

Plus d'informations sur le site www.etika.lu.