COMMUNAUTÉS & EXPERTISES — Ressources humaines

Les «millennials» privilégient les valeurs aux profits



«Les membres de la génération Y sont les travailleurs d'aujourd'hui. Les méthodes destinées à les attirer doivent donc évoluer en conséquence», déclare Benjamin Colette. (Photo: Deloitte Luxembourg)

«Les membres de la génération Y sont les travailleurs d'aujourd'hui. Les méthodes destinées à les attirer doivent donc évoluer en conséquence», déclare Benjamin Colette. (Photo: Deloitte Luxembourg)

La cinquième édition de l’enquête Deloitte Millennial Survey, qui analyse l’impact de la génération Y sur les entreprises et les employeurs, constitue l’un des thèmes principaux du programme de la conférence annuelle du Forum économique mondial, qui se tient en ce moment à Davos, en Suisse.

Selon l’enquête, les entreprises doivent trouver d’autres façons d’encourager la loyauté de la génération Y, sous peine de perdre une partie importante de leurs effectifs. Ainsi, 44% des «millennials», ces jeunes nés après 1982, affirment envisager de quitter leur employeur actuel dans les deux ans s’ils en ont la possibilité. Un chiffre qui grimpe jusqu’à 66% si l’on repousse le délai à 2020. C’est ce qu’a révélé une enquête menée auprès de 7.700 sujets de la génération Y issus de 29 pays, tous continents confondus, au cours des mois de septembre et octobre 2015.

Les répondants envisageant un changement de carrière à court terme ont souvent évoqué des inquiétudes liées à un manque de développement des compétences de leadership, et le sentiment d’être négligé. Mais des problèmes plus importants influencent également leurs opinions et leur comportement, comme la conciliation entre le travail et la vie privée, le désir de flexibilité, et les divergences autour des valeurs professionnelles. Les membres de la génération Y semblent guidés par des valeurs solides tout au long de leur carrière, et cela transparaît dans le choix de leurs employeurs, dans les tâches qu’ils sont disposés à effectuer ainsi que dans les décisions qu’ils prennent au fur et à mesure de leur ascension professionnelle. Si elle conserve une vision positive du rôle des affaires dans la société et adopte une attitude moins réticente vis-à-vis des motivations et des valeurs commerciales par rapport aux précédentes enquêtes, la génération Y attend toujours des entreprises qu’elles se concentrent davantage sur les gens (les employés, les clients et la société), sur les produits et sur sa mission plutôt que sur les profits.

Gagner la loyauté de la génération Y

Les millennials recherchent un employeur qui partage leurs valeurs. Ainsi, sept sondés sur dix s’estiment représentés par les valeurs qu’incarne l’entreprise pour laquelle ils travaillent. C’est dans ce sens que doivent aller les entreprises pour essayer de retenir ces jeunes professionnels.

La question de la mission sera déterminante dans l’optique d’attirer et de garder les millennials. Il s’agit d’une catégorie qui désire travailler pour des entreprises privilégiant l’amélioration des compétences, le revenu et le «degré de satisfaction» de ses employés, qui créent de l’emploi et fournissent des biens et services ayant un impact positif sur la vie des gens. «Les employeurs qui permettent de développer les compétences de leadership et garantissent aux millennials davantage de contrôle sur leur carrière, qui privilégient et encouragent la communication ouverte, la conduite morale et l’inclusion, sont les plus susceptibles de réussir à garder les employés de la génération Y dans leurs rangs. Les entreprises qui permettent aux jeunes talents d’exprimer leurs idées novatrices ont tout à gagner», précise Benjamin Collette, partner et talent leader chez Deloitte Luxembourg.

Des valeurs traditionnelles et moins de compromis

Contrairement à une idée reçue, l’enquête révèle que la génération Y n’est que peu influencée par le «buzz» autour d’une entreprise ou d’un employeur en particulier. Les sondés montrent également peu d’intérêt pour la notoriété ou la popularité sur les médiaux sociaux, et n’aspirent pas particulièrement à faire fortune. De manière générale, les millennials ont des objectifs personnels plutôt traditionnels. Ils désirent avant tout accéder à la propriété, avoir un couple durable, et recherchent la sécurité financière afin de s’assurer une retraite confortable.