ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

Le «ultra-haut» débit pour tous



Paperjam

Effectivement, aujourd’hui, le réseau fixe large bande n’offre plus les perspectives nécessaires à satisfaire à moyen et long terme les besoins des usagers privés et professionnels au Luxembourg. L’absence de réseaux performants et ouverts à tous les opérateurs freine l’innovation technologique et commerciale depuis plusieurs années déjà. Le large support de croissance que  les bandes passantes apportent à l’économie d’un pays est largement démontré chez certains de nos voisins européens: le nombre d’implantations de nouvelles entreprises étrangères et locales, génératrices d’innovation et de nouveaux postes de travail, l’amélioration du degré d’éducation, etc., bref les effets socio-économiques positifs sont multiples.

Au vu de l’actuelle crise financière et désormais économique, les opérateurs alternatifs soulignent la nécessité d’agir très rapidement. Le fait que le Ministère des Télécommunications et le Ministère de l’Economie collaborent étroitement dans ce projet nous laisse croire que le gouvernement luxembourgeois a identifié les enjeux et veut palier les déficiences avec son plan ambitieux, mais tant nécessaire.

Le gouvernement a finalement reconnu que vu la situation particulière du Luxembourg la construction de réseaux à haut débit à envergure nationale ne peut être réalisée que grâce à un apport financier du Gouvernement car elle n’offre pas les économies d’échelle nécessaires à un retour sur investissement raisonnable. L’OPAL supporte aussi l’idée d’attribuer la coordination à un seul opérateur d’infrastructure, et reconnaît, qu’au vue de sa position dominante et historique en la matière, P&T Luxembourg est le mieux placée pour assurer cette mission publique financée par l’Etat. Selon le plan d’action présenté, le gouvernement investira donc au travers de P&T Luxembourg, en renonçant à ses dividendes qui lui seraient autrement dus. Il semble donc plus qu’opportun que le Gouvernement exige de P&T Luxembourg un amortissement à très long terme, permettant que les frais d’accès partagés avec les autres opérateurs stimulent la création de services innovants à des prix compétitifs.

L’OPAL insiste sur le fait qu’il importe de veiller à ce que la « mission publique » attribuée à P&T Luxembourg ne résulte pas dans un nouveau monopole implicite de l’opérateur historique par un manque, voire une absence, de régulation qui manquerait d’imposer des règles de d’accès non-discriminatoire pour tous les acteurs.

De telles distorsions intolérables existent dans de nombreuses niches de services de télécommunication. Citons comme exemple le marché DSL. En effet, le Luxembourg est un des seuls pays européens sans régulation effective entraînant une très faible rentabilité pour les opérateurs alternatifs. L’absence d’une régulation, excluant toute concurrence saine, qui est d’ailleurs le seul garant du meilleur prix pour le consommateur privé et l’utilisateur professionnel, ne laisse aux opérateurs alternatifs aucune opportunité d’investissement dans de nouveaux services innovants.

Au vu des enjeux, l’OPAL salue la volonté du Gouvernement d’inclure tous les opérateurs du marché dans la définition du plan « ultra-haut débit » et demande en plus d’être formellement impliqué dans sa mise en œuvre.

A court terme, l’OPAL demande au Gouvernement de faciliter l’accès des opérateurs alternatifs aux réseaux existants de P&T Luxembourg, qui par ailleurs disposent encore des capacités requises, afin de démarrer sans tarder le développement de leurs nouveaux services. Effectivement, selon le plan d’action, seulement un petit pourcentage de ménages et de sociétés auront accès à une connexion en fibre dans les deux années à venir.

Aussi les opérateurs alternatifs estiment important d’inclure dans le plan d’action toutes les technologies de communication : le câble qui peut aujourd’hui délivrer jusqu’à 100Mbit/sec et la technologie 4G qui permettra de combler les besoins en large bande au niveau de la mobilité. Au même titre, il semble opportun de revoir la procédure d’autorisation de construction d’antennes pour les réseaux mobiles.

Finalement et afin de garantir une meilleure efficacité et transparence du suivi des actions précitées, les opérateurs alternatifs plaident pour un renforcement de l’ILR aussi bien au niveau des ressources que des compétences régulatrices, sans oublier une nouvelle définition paritaire de son conseil d’administration.