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Le patronat dénonce la mise à sec des fonds des caisses de pension



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L'UEL dénonce l'ampleur de ces mesures alors que la marge de manoeuvre, telle qu'elle résulte de calculs basés sur des prémisses extrêmement optimistes quant à l'activité économique future, ne dépasse guère 1 mia LUF par an. Vu cet écart, l'augmentation envisagée aura pour conséquence que les fonds des caisses de pension seront vidés entre 2025 et 2035 selon le développement de l'économie nationale.

Il s'ensuit qu'une partie de la population active d'aujourd'hui, dont l'activité professionnelle n'excède pas respectivement 15 et 5 ans, sera à coup sûr lésée puisqu'elle sera confrontée, dès l'entrée en retraite, à l'insolvabilité du régime légal des pensions. Cette situation ne pourra pas être redressée par les remèdes classiques (augmentation des taux de cotisation et/ou recul de l'âge d'entrée en retraite). Il ne restera alors que de réduire sensiblement le niveau des pensions. Il est bien entendu que les ressortissants des classes d'âge faisant valoir leur droit à la retraite avant la susdite échéance n'échapperont pas non plus aux conséquences de cette situation financière désastreuse.

L'étude du Bureau International du Travail (BIT) a en effet révélé que le régime général de l'assurance pension connaîtra irrémédiablement, même en présence d'une situation économique extrêmement favorable, à partir de 2025 une situation déficitaire caractérisée par un important excédent des dépenses (sous forme de pensions) par rapport aux recettes (se composant du rendement du patrimoine et des cotisations). Aussi les experts du BIT ont-ils recommandé aux autorités luxembourgeoises de réduire les dépenses du régime et non d'ajouter encore à sa précarité.

L'UEL dénonce dès lors le caractère malencontreux de la décision tenant à l'ampleur des augmentations des pensions, alors qu'elle est non seulement incompatible avec une gestion prudente du régime mais encore contraire aux principes d'équité et de solidarité entre générations. En effet, le système de la répartition des charges est justement fondé sur ces principes qui sont inhérents au pacte des générations à la base de ce système de financement. Or, les augmentations des prestations dans l'immédiat ne manqueront pas d'avoir pour conséquence de mettre en péril la pérennité du système et son niveau élevé de prestations au détriment des générations futures de pensionnés.

C'est pourquoi l'UEL lance un ultime appel à l'adresse des décideurs politiques et à leur sens de responsabilité. Elle réitère sa proposition visant à faire procéder au recalcul, à des intervalles rapprochés, de la marge de manoeuvre pour concéder des augmentations des pensions à caractère réversible et de réajuster le niveau des prestations au regard de l'évolution économique. Ceci afin de garder une infime chance d'éviter à terme la déconfiture du système.