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Dynamiques de l'emploi dans la Grande Région Saar-Lor-Lux



Paperjam

- La première traite des Dynamiques de l'emploi dans la Grande Région Saar-Lor-Lux. Elle a été réalisée par Rachid Belkacem (GREE Nancy 2 - IUT Longwy), Monique Borsenberger (CEPS/INSTEAD, Differdange), Isabelle Piroth (CRP - Gabriel Lippmann, Luxembourg) et Véronique Soutif (EPML, Pont-à-Mousson).

- La seconde, réalisée le STATEC, concerne la Participation à la vie économique et sorties de la vie active.

Les dynamiques de l'emploi dans la Grande Région Saar-Lor-Lux

Le Luxembourg se situe au c'ur d'un espace géographique qu'on appelle la Grande Région. La définition retenue est la plus resserrée possible autour du Luxembourg :

- du côté allemand, le land de Sarre et le district de Trèves

- du côté belge, la province de Luxembourg

- du côté français, la région Lorraine

- le Grand-Duché de Luxembourg.

Il faut cependant reconnaître que ces territoires n'ont pas la même structure ni le même dynamisme économique. Le chômage connaît des niveaux très différents selon les territoires. C'est au Luxembourg qu'il est le plus faible et en Lorraine qu'il est le plus élevé. Les emplois sont inégalement répartis au sein de la Grande Région : Luxembourg-ville et le Stadverband de Sarrebruck sont des pôles d'emploi qui attirent un grand nombre de travailleurs résidant dans les villes avoisinantes, mais aussi au-delà des frontières.

Le travail frontalier assure un ajustement interne à la Grande Région. Il permet de répondre (en partie) aux besoins de main-d'oeuvre de certains territoires (le Luxembourg ou la Sarre) en employant des travailleurs domiciliés de l'autre côté de la frontière (en Lorraine par exemple). Le travail frontalier est favorisé par certains éléments : les voies de communication, la connaissance de la langue du voisin, la similitude ou complémentarité entre les activités exercées de part et d'autre des frontières... La décennie 90 a vu une forte hausse du nombre de frontaliers occupés au Luxembourg. Ils représentent désormais le tiers des salariés.

Cette étude sera surtout l'occasion de mettre en évidence les questions méthodologiques (comme l'harmonisation des définitions) soulevées par l'analyse statistique dans la Grande Région. Par ailleurs, la complexité du statut de travailleur frontalier mérite qu'on s'y attarde un instant, afin de préciser quelle législation (celle du pays de résidence ou celle du pays d'emploi) s'applique selon les domaines (impôt, prestations familiales, santé,...). Ceci est encore plus complexe en cas de travail intérimaire frontalier.

Participation à la vie économique et sorties de la vie active

C'est sur demande du Ministère du Travail que le STATEC a présenté au Conseil permanent de l'emploi des chiffres sur la participation à la vie économique (taux d'emploi) et les sorties de la vie active après l'âge de 50 ans. Ces chiffres sont analysés d'un point de vue purement statistique sans avancer des explications sur les causes profondes des mutations observées.

Les points saillants de cette analyse sont :

- Entre 15 et 19 ans, et, dans une moindre mesure, entre 20 et 24 ans les taux d'emploi reculent nettement suite à la prolongation de la scolarité.

- Moins de 60% des hommes âgés entre 55 et 59 ans exercent encore une profession. Cette proportion tombe en dessous de 20% chez les 60 à 64 ans.

- Aux âges de pleine activité (25 à 54 ans), le taux d'emploi féminin passe de quelque 40% vers 1983 à plus de 60% en 2000.

- Concernant les sorties de la vie active, de très fortes différences existent entre les sexes et les différentes catégories socio-économiques. Ainsi, la préretraite est-elle relativement peu répandue chez les femmes. Il apparaît également que chez les travailleurs manuels, 20% des départs ont lieu pour cause de maladie ou d'invalidité, pourcentage pratiquement deux fois plus élevé que celui observé pour d'autres groupes de professions.