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Cession d’entreprises: un enjeu d’avenir



Bernard-Massard est un exemple d'entreprise qui est passée de père en fils (Photo: Julien Becker)

Bernard-Massard est un exemple d'entreprise qui est passée de père en fils (Photo: Julien Becker)

Selon la Commission européenne, un tiers des chefs d’entreprise, pour la plupart à la tête d’entreprises familiales, devrait se retirer en Europe dans les dix prochaines années. Cette vague, qui implique que des milliers d’entreprises seront cédées chaque année, n’épargnera pas le Luxembourg. Puisqu’il n’existe aucune étude publique sur le nombre de cession-reprise d’entreprises à venir au Luxembourg dans les prochaines années, et parce que le «repreneuriat» y est rarement cité comme une forme bienvenue d’entrepreneuriat (contrairement à la création d’entreprises), la Fondation IDEA asbl a consacré son Idée du mois à la cession d’entreprises, qu’elle considère être un enjeu d’avenir.

S’il est vrai que le marché des cessions d’entreprises est difficile à déterminer de façon précise, cette «Idée du mois» propose des éléments chiffrés. Selon les calculs d’IDEA, quelque 200 PME - employant entre 7.500 et 8.000 salariés - devraient changer de dirigeant chaque année sur la prochaine décennie (2020-2030). Si certaines de ces entreprises seront transmises à des membres de la famille du dirigeant en place, il convient de s’interroger sur le sort de celles qui ne feront pas l’objet d’une transmission intrafamiliale.

Puisque tout ce qui se mesure s’améliore, il faudra sans doute affiner ces estimations préliminaires; à cet égard, le lancement d’une grande enquête au sujet de la cession d’entreprises au Luxembourg semble nécessaire.

Sans préjuger des résultats d’une telle enquête, les mesures suivantes sont à considérer en vue de faciliter la succession d’entreprises dans le pays:

  • Sensibiliser les dirigeants d’entreprises à partir de 50 ans sur la nécessité de préparer leur succession;
  • Insérer les entreprises nationales dans des réseaux au-delà du Luxembourg et envisager la création d’une véritable bourse de reprises à l’échelle de la Grande Région avec extension de la bourse d’entreprises «Opportunet» aux régions frontalières belges et allemandes;
  • Mettre en avant lors des événements des conventions d’affaires au Luxembourg le potentiel d’entreprises cherchant repreneurs dans le pays, et développer des contrats de tutorat entre chefs d’entreprise et étudiants intégrés dans un parcours de création d’entreprises;
  • Dans le cadre de la «grande réforme fiscale de 2016», introduire des incitations fiscales en faveur de la reprise d’entreprises, et corriger les distorsions existantes pour certaines opérations (différences de traitement fiscal suivant le contexte d’une transmission intrafamiliale - donation entre vifs ou héritage d’une entreprise suite à un décès -, différences de traitement fiscal suivant le statut de l’entreprise à céder - entreprises individuelles, sociétés anonymes, SARL).

La cession-reprise étant une occasion déterminante, voire parfois unique, d’empêcher la disparition d’une entreprise dont le dirigeant doit ou veut partir à la retraite, elle doit être pensée et préparée par les chefs d’entreprise, et facilitée par les pouvoirs publics et les Chambres professionnelles; à ce titre, elle mérite une analyse approfondie et beaucoup d’attention.

Le texte intégral de l’idée du mois est disponible sur le site de la fondation IDEA.