POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Revue de presse

La Commission charge l’Autorité bancaire européenne



236281.jpg

L’Autorité bancaire européenne n’enquêtera pas davantage sur Danske Bank. (Photo: EBA)

Le commissaire européen Valdis Dombrovskis a attaqué de front l’Autorité bancaire européenne (EBA), estimant que celle-ci aurait dû enquêter davantage sur l’affaire de blanchiment d’argent dont est soupçonnée Danske Bank.

L’Autorité bancaire européenne (EBA) vient tout juste de voir ses pouvoirs renforcés en matière de lutte anti-blanchiment . Elle n’en a pourtant pas fait usage pour enquêter plus sur l’affaire de blanchiment d’argent qui touche la banque danoise Danske Bank (200 milliards d’euros auraient transité via sa filiale estonienne).

Le 17 avril, l’EBA confirmait effectivement ne pas donner suite à l’enquête commandée par la Commission européenne. Celle-ci souhaitait que l’EBA investigue sur d’éventuels manquements des autorités de contrôle danoises et estoniennes.

Décision «décevante»

Cette décision a pour le moins irrité la Commission européenne. Valdis Dombrovskis, commissaire européen en charge de l’Union européenne, s’est ainsi fendu d’un tweet désabusé.

«Décevant: l’EBA n’a pas agi sur l’un des plus grands scandales de blanchiment d’argent en Europe. La Commission européenne a proposé d’accorder plus de pouvoirs d’application à l’EBA dans la lutte anti-blanchiment, mais pour être efficace, cela exige une transformation de la façon dont les décisions sont prises à l’EBA», a-t-il écrit. Une charge qui n'est pas innocente dans un contexte pré-électoral, alors même que Valdis Dombrovskis est tête de liste du parti letton New Unity.

«Limites de l’intergouvernemental»

Pervenche Berès, eurodéputée socialiste et rapporteur du texte sur la réforme des gendarmes européens de la finance, dénonçait, quant à elle,  dans Les Échos , les «limites de l’intergouvernemental», sous-entendant le fait que les autorités nationales se couvriraient mutuellement dans pareils cas.

«Alors que les États membres auraient dû démontrer leur efficacité pour justifier leur refus de faire évoluer la gouvernance, ils viennent d’être pris la main dans le sac de la pire manière. CQFD!».