POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

business continuity plan

Comment les principaux employeurs font face au virus



En raison de son implantation en Chine, le fabricant de pneus Goodyear a pu anticiper les mesures préventives. (Photo: archives Paperjam)

En raison de son implantation en Chine, le fabricant de pneus Goodyear a pu anticiper les mesures préventives. (Photo: archives Paperjam)

De la simple sensibilisation du personnel sur les mesures d’hygiène à la mise en place du télétravail: les dix principaux employeurs privés du pays se préparent activement face à la pandémie de Covid-19.

Que faire si un salarié est touché par le coronavirus, pour protéger le reste de l’équipe et poursuivre l’activité? Nous avons posé la question aux 10 plus gros employeurs privés du pays (selon les derniers chiffres du Statec, effectifs au 1er janvier 2019).

Post Luxembourg (4.540 salariés)

Un salarié de Post Luxembourg vient d’être déclaré positif au Covid-19. Une situation que la compagnie de distribution de courrier a su anticiper via son plan pandémie. La personne avait été isolée à son domicile dès le 3 mars, avant le résultat du test selon l’entreprise. Non-résidente, elle travaillerait dans un service administratif et n’aurait donc pas été en contact avec les clients. «Une liste des personnes qui ont été en contact étroit avec le collaborateur concerné a été établie et, par mesure de précaution, toutes ces personnes ont été contactées et priées de travailler depuis leur domicile», ajoute la société. «Post Luxembourg suit au jour le jour et de manière approfondie l’évolution de l’épidémie» pour adapter son «business continuity plan».

CFL (4.360 salariés)

«Nous appliquons les recommandations du ministère de la Santé et de l’OMS», répond à son tour la Société nationale des chemins de fer luxembourgeois. Plus précisément, l’entreprise sensibilise salariés et clients aux règles d’hygiène. «Se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon ou les désinfecter avec une solution hydroalcoolique. Tousser ou éternuer dans le pli du coude ou un mouchoir en papier. Éviter de serrer des mains ou de faire la bise. Éviter de toucher votre visage avec vos mains. Rester à la maison en cas de symptômes grippaux», liste-t-elle. Elle ajoute: «Les déplacements privés ou professionnels vers les zones d’exposition à risque sont formellement déconseillés.»

Les effectifs des CFL sont basés sur une trentaine d’endroits différents. Aucun d’entre eux ne recourt au télétravail. «Il est évident que pour une partie des employés, comme les conducteurs et les accompagnateurs de train ou encore les agents des postes d’aiguillage, cette mesure ne sera tout simplement pas applicable», justifie-t-elle.

Cactus (4.320 salariés)

«Cactus, comme tout le secteur, suit à la lettre les consignes à destination des entreprises émises par le ministère de la Santé», répond l’enseigne de supermarché. La grande majorité de l’effectif travaille dans les points de vente, où le télétravail n’est pas possible non plus. Le groupe envisage en revanche de l’appliquer au personnel administratif qui reviendrait d’une zone à risque.

Dussmann Luxembourg (4.060 salariés)

Dussmann n’a pas souhaité participer à cet article. Interrogé par L’Essentiel, le directeur général de l’entreprise de services Angelo Rossi relevait: «D’autres virus (Sras, H1N1…) se sont développés par le passé et [les salariés] y ont été confrontés. Celles et ceux qui travaillent dans le milieu hospitalier, par exemple, doivent faire face, tous les jours, à de multiples infections. C’est leur quotidien tout au long de l’année et nous avons toujours pris beaucoup de précautions.»

Groupe BNP Paribas (3.900 salariés)

La banque assure qu’elle suit l’évolution de la situation en continu et respecte les consignes émises par les autorités sanitaires. «Il n’y a pas d’impact lié à la situation dans le service aux clients. En fonction de l’évolution de la situation, BGL BNP Paribas met en œuvre différentes solutions afin d’assurer la continuité de ses activités», rapporte-t-elle seulement.

ArcelorMittal (3.810 salariés)

 Le groupe sidérurgique a suspendu les déplacements professionnels dans les zones à risque «dès les premiers cas identifiés». Il privilégie les réunions en téléconférence sur ses neuf implantations au Grand-Duché (bâtiments administratifs et industriels). Enfin, il informe ses salariés sur l’évolution de la situation et les mesures d’hygiène via «des campagnes d’e-mailing, le site intranet, le réseau interne d’écrans TV sur les sites qui en sont équipés et l’affichage de posters dans les lieux de passage». Des prospectus ont également été mis à disposition du personnel et des visiteurs (notamment les chauffeurs de camion) sur les sites industriels luxembourgeois.

Goodyear Dunlop Tires Operations (3.430 salariés)

En raison de son implantation chinoise, le fabricant de pneus avait une longueur d’avance. «Nous avons connu très tôt les retombées du virus», assure l’entreprise. Elle a rapidement recommandé à ses salariés des mesures d’hygiène strictes, qui défilent toujours sur ses écrans télévisés. Par exemple, l’obligation de se laver les mains en arrivant dans la cantine. Les salariés ont arrêté d’utiliser une cuillère unique pour composer leurs salades. Bureaux ou rampes d’escalier sont nettoyés plus fréquemment.

«Tous les voyages sont limités, surtout dans les régions critiques», complète la société. Par précaution, tous ses salariés revenant d’Italie du Nord ou de Chine ont travaillé depuis leur domicile pendant deux semaines. Les réunions se font majoritairement par Skype. Pour les visiteurs aussi, les rendez-vous sont reportés ou se font par téléconférence dans la mesure du possible.

Les salariés travaillent dans cinq bâtiments séparés. Si besoin, un tiers d’entre eux pourraient pratiquer le télétravail. Ils emmènent tous ordinateur portable et chargeur lorsqu’ils rentrent chez eux.

Du côté de la production, l’entreprise suit son «business continuity plan». «Nous n’avons aucun problème de livraison pour l’instant. Au cas où, nous avons des plans B pour être livrés d’un autre côté», rassure-t-elle.

Luxair (2.950 salariés)

«La première chose: informer ses salariés des bonnes pratiques d’hygiène», estime la compagnie aérienne. Elle déploie au fur et à mesure son plan de continuité pour que les avions puissent continuer de voler, même avec un staff réduit. Les détails de ce plan restent confidentiels «Nous sommes prêts», se contente d’annoncer Luxair. Certains collaborateurs pourraient être concernés par du télétravail si nécessaire, ce n’est pas le cas pour l’instant.

PwC Luxembourg (2.870 salariés)

Sur son site internet , le cabinet annonce avoir mis en place une politique de quarantaines de 14 jours pour tous ses employés revenant de Chine, Macao, Singapour, Iran, Corée du Sud, Japon, Italie du Nord et des zones infectées en France (Oise, Haute-Savoie, Morbihan, région de Mulhouse). Une liste actualisée en permanence. L’entreprise leur conseille d’éviter les voyages qui ne sont pas nécessaires dans les zones à risque. Et rappelle les mesures d’hygiène, comme se laver les mains «entre 40 et 60 secondes».

Elle a établi une équipe dédiée pour répondre aux questions des employés à ce sujet et une page sur son intranet, mise à jour régulièrement.

Le Centre hospitalier de Luxembourg (2.360 salariés)

«Nous devons continuer à fonctionner. Nous préconisons les mêmes mesures d’hygiène que le ministère de la Santé», indique simplement le CHL. Pas de télétravail pour l’instant: «Cela ne pourrait concerner que très peu de services, la comptabilité par exemple», illustre l’hôpital. Soit moins de 10% de l’effectif.