POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Simulation d’incident nucléaire à la centrale

Comment le Luxembourg a participé à l’exercice de Cattenom



L’exercice de simulation d’incident nucléaire à Cattenom se poursuit ce jeudi, avec les acteurs départementaux. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne/archives)

L’exercice de simulation d’incident nucléaire à Cattenom se poursuit ce jeudi, avec les acteurs départementaux. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne/archives)

Une simulation d’incident nucléaire a eu lieu mercredi 11 mai, comme prévu, pour tester les dispositifs à la centrale de Cattenom. Le Luxembourg a pris part à l’exercice en réunissant une cellule d’évaluation radiologique, une cellule de crise et de communication, ainsi qu’en envoyant un agent à Metz.

Une fuite d’eau créant un risque de rejets radioactifs à Cattenom. Tel était le scénario de l’exercice fictif qui a eu lieu, mercredi 11 mai, à la centrale. Cette simulation d’incident nucléaire était prévue et annoncée, et doit avoir lieu tous les cinq ans dans toutes les centrales françaises . Mais le scénario précis était resté secret jusqu’au dernier moment.

Le but: tester les dispositifs prévus par les pouvoirs publics et par EDF en cas d’accident. Une pléthore d’acteurs était mobilisée, de la direction de la centrale de Cattenom, censée déclencher son plan d’urgence interne, à la préfecture de Moselle, Météo France, les communes du périmètre… et même le Luxembourg, puisqu’en cas de problème grave, il serait directement touché, comme l’a imaginé la fiction «An Zéro» . L’exercice s’est joué sur le simulateur de la centrale de Cattenom, utilisé par les techniciens pour se former à la gestion de crise. La population n’était en revanche volontairement pas impliquée.

Suivre l’exercice de près

Si le scénario de l’exercice de mercredi – situé au niveau trois sur l’échelle de gravité, qui en compte sept, selon plusieurs médias – avait eu lieu, il y aurait bien eu un «impact potentiel sur une partie du territoire luxembourgeois», écrivent le Haut-Commissariat à la protection nationale (HCPN), la Division de la radioprotection de la Direction de la santé et le Service de la communication de crise dans un communiqué de presse.

Ensemble, avec le Corps grand-ducal d’incendie et de secours (CGDIS), ils se sont donc réunis au Centre national de Senningen pour participer à cet exercice. «En réaction au scénario, la Cellule d’évaluation radiologique (CER) s’est réunie», détaillent-ils. Puis, sur base de l’évaluation radiologique, «une cellule de crise, ainsi qu’une cellule de communication et information, a été activée». Ces dernières ont «discuté des mesures protectrices à mettre en œuvre au niveau national en tenant compte du scénario et des mesures mises en place par les autorités françaises». La situation a finalement pu être, fictivement, stabilisée au niveau du réacteur, et «aucun rejet n’a eu lieu», félicite le Luxembourg. Un agent de liaison du HCPN était également présent à la préfecture de la Moselle à Metz pour «suivre l’exercice de près».

Les suites ce jeudi, au niveau départemental

L’exercice se poursuit ce jeudi 12 mai, avec les acteurs départementaux. Qui doivent gérer le transfert des populations situées dans la zone délimitée par le scénario, vers la métropole de Metz. Là aussi, en plus des cellules de crise et chaînes décisionnelles, la communication sera testée, avec des exercices de pression médiatique. Un bilan de l’exercice sera réalisé avec les acteurs nationaux et locaux mobilisés. Ses conclusions pourront mener à une modification de l’organisation de crise, dans le but de la rendre plus efficace.

L’exercice arrive peu de temps après l’annonce d’un  phénomène de corrosion à Cattenom , confirmé par EDF, qui affirme que les investigations techniques se poursuivent . Même s’il s’agit bien de deux sujets indépendants.

La centrale de Cattenom produit 30TWh d’électricité par an, soit la consommation de 75% de la région Grand Est. Elle emploie 1.500 salariés EDF et 700 prestataires permanents.