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une nouvelle agence

L’accueil au pair se veut plus professionnel



Au cours des trois dernières années, le SNJ indique avoir reçu entre 220 et 240 jeunes au pair par an. (Photo: Shutterstock)

Au cours des trois dernières années, le SNJ indique avoir reçu entre 220 et 240 jeunes au pair par an. (Photo: Shutterstock)

Le Luxembourg comptait 233 jeunes au pair en 2020, un chiffre qui a peu évolué malgré le Covid-19. Le point avec le Service national de la jeunesse sur les modalités d’accueil pour les familles souhaitant se lancer.

Une agence d’un nouveau genre a vu le jour au début du mois de février, rue Glesener, à quelques pas de la gare de Luxembourg-ville. Il s’agit de LuxAuPair, chargée de mettre en relation et d’accompagner des familles d’accueil luxembourgeoises et des jeunes étrangers de moins de 30 ans souhaitant découvrir la culture du Grand-Duché, tout en apportant un coup de main à ceux chez qui ils résident.

Une offre complémentaire à celle du Service national de la jeunesse (SNJ), entité du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse, qui s’occupe depuis 2013 du contrôle des dossiers, et qui continue de le faire. Un service gratuit et nécessaire pour obtenir un visa de plus de trois mois.

Facultatif, l’appui de LuxAuPair propose de son côté un accompagnement personnalisé, avec, par exemple, la mise en relation entre le jeune au pair et la famille (sinon, cela peut se faire via d’autres canaux: réseaux sociaux, connaissances, sites internet, etc.), ou encore une aide pour les démarches administratives. Pour un prix allant de 700 à 1.750 euros, selon les besoins des familles.

L’agence et le SNJ travaillent en «étroite coopération». L’objectif étant d’«augmenter en qualité», résume Nathalie Schirtz, directrice adjointe du SNJ. Mais comment accueillir quelqu’un au pair, notamment en cette période de crise sanitaire?

Des frais à la charge des familles

Les règles de base restent les mêmes. La famille doit habiter au Luxembourg et avoir au moins un enfant de moins de 13 ans. La tâche principale du jeune en immersion étant la garde d’enfants, même s’il peut également accomplir quelques tâches ménagères légères (préparer des repas pour ou avec les enfants, faire de petites courses, vider le lave-vaisselle…). Il ne peut travailler plus de 25 heures par semaine et a droit à au moins un jour de repos, en plus de deux par mois.

«Ce n’est ni un agent de nettoyage, ni un remplacement pour la crèche ou la maison relais», insiste Nathalie Schirtz. «Il s’agit d’accueillir une personne au sein de sa famille, il y a un travail d’intégration. C’est aussi une jolie expérience d’échange avec une personne d’un autre pays, ce que les enfants adorent.» Les accueillants doivent d’ailleurs fournir un document au SNJ prouvant que, la journée, les enfants vont à l’école, à la crèche, ou sont gardés par un membre de la famille.

Au niveau des charges, la famille doit nourrir le jeune et lui fournir une chambre, normalement au sein de la même maison. Elle finance aussi son assurance-maladie, de responsabilité civile, ses cours de langue, et lui verse de l’argent de poche, à hauteur d’au moins un cinquième du salaire social minimum, soit environ 440 euros mensuels. Le montant ne peut être revu à la baisse, même si le jeune travaille moins de 25 heures. En cas de rapatriement plus tôt que prévu, les frais sont également à la charge de la famille, peu importent les raisons.

Côté sécurité, le SNJ contrôle l’«honorabilité» des parents d’accueil, devant montrer un casier judiciaire vierge. Ce n’est pas le cas pour le jeune en immersion, qui doit fournir, en plus de ses papiers d’identité, un certificat médical, et une attestation prouvant qu’il a fréquenté l’école jusqu’à ses 17 ans.

Les Philippines, premier pays d’origine

Pas plus d’obligations avec la crise sanitaire. Le Luxembourg demande, depuis fin janvier, aux passagers de présenter un test PCR négatif avant d’entrer sur le territoire par voie aérienne . Le SNJ n’impose rien de tel, même si certaines familles peuvent l’exiger.

Tout cela n’a pas freiné les échanges culturels, puisque le pays a accueilli 233 jeunes en 2020, seulement trois de moins qu’en 2019. «Cela nous a étonnés», admet Nathalie Schirtz. «La situation pouvait être compliquée selon les pays d’où les gens venaient, mais ils ont quand même voulu recourir à ce service.» La plupart arrivent vers septembre, même si cela peut se faire à tout moment de l’année. En ce début 2021, 201 personnes sont au pair au Luxembourg. Les principaux pays d’origine n’évoluent pas non plus et restent, dans l’ordre, les Philippines, le Cameroun, le Brésil, Madagascar, l’Allemagne, les États-Unis et l’Espagne.

Le SNJ n’a pas constaté plus de rapatriements que d’habitude, mais plutôt des «difficultés pour les jeunes qui devaient rentrer après un an (durée maximale du séjour au pair, ndlr)», raconte Nathalie Schirtz. Leurs visas ont finalement pu être prolongés, et les familles ont accepté de les garder un peu plus longtemps. Aujourd’hui, la directrice adjointe du SNJ n’a plus connaissance de cas de personnes «coincées» au Luxembourg.

La toute nouvelle agence pourrait venir gonfler les statistiques. «Le dispositif de familles au pair existe depuis 2013, et, globalement, le nombre de personnes intéressées augmente chaque année», appuie Nathalie Schirtz. Les dossiers pour se porter volontaire peuvent être téléchargés sur  guichet.lu  ou sur le site internet de LuxAuPair .