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Noël avant l’heure dans les rues de Luxembourg



Les clients ont répondu présents à Luxembourg-ville, le week-end dernier. (Photo: Shutterstock)

Les clients ont répondu présents à Luxembourg-ville, le week-end dernier. (Photo: Shutterstock)

Entre anticipation des achats de Noël et frontaliers censés être confinés dans leur pays mais à la recherche de boutiques ouvertes, le week-end passé a été très bon pour les restaurants et commerces de Luxembourg-ville.

Ceux qui ont profité d’une météo clémente pour se promener en ville le week-end dernier l’ont remarqué: les rues de la capitale étaient noires de monde. «Il y a eu beaucoup plus de monde que ces derniers temps», témoigne une vendeuse du magasin Zara préférant rester anonyme, sans pouvoir donner de chiffres précis. «D’habitude, nous faisons un comptage pour ne pas laisser entrer plus de 104 personnes en même temps, mais étant donné que nous étions submergés, nous n’avons pas pu le faire le week-end dernier. Nos responsables ont quand même veillé à ce qu’on ne soit pas trop nombreux dans le magasin, cela restait gérable.»

Qui étaient tous ces clients? «Il y avait des frontaliers, ça, c’est sûr. Ils nous disaient clairement qu’ils venaient ici parce que c’est fermé en France et en Belgique», raconte-t-elle. Mais aussi des résidents qui «anticipaient leurs achats de Noël».

Plus de ventes

Les Galeries Lafayette n’ont pour leur part pas constaté ce même afflux de clients, mais tout de même une petite augmentation du taux de transformation, c’est-à-dire les ventes par rapport aux visiteurs. Cela s’explique par «le fait qu’on se rapproche de Noël», d’après Pierre Celerier, directeur du grand magasin. «Les gens ne savent pas très bien comment ils vont pouvoir s’organiser pour leur liste de Noël, donc ils préfèrent anticiper.» En plus de la présence de frontaliers qui «préfèrent voir les articles, plutôt que d’acheter en ‘click and collect’». Mais le directeur relativise la portée du week-end passé: «Ça reste en dessous d’un ‘dimanche des manteaux’ ou d’un jour de braderie.» D’ailleurs, le nombre de clients est limité à 545 personnes en même temps dans le magasin, un seuil qui a été frôlé, mais pas atteint.

La Librairie Ernster du centre-ville a pour sa part fait un «très bon samedi, avec du monde en ville», d’après son responsable, Raphaël Genet. «On travaille bien tous les week-ends, mais pas comme avant non plus», résume-t-il. Lors du dernier, «je pense qu’il y avait déjà une anticipation des cadeaux de Noël».

S’il n’a pas de statistiques ou d’explications précises sur le week-end en termes de fréquentation, le directeur de la Confédération luxembourgeoise du commerce (CLC), Nicolas Henckes , le qualifie de «coup de pouce» pour le commerce, qui a souffert au cours des dernières semaines. «Si tout le monde s’est bien tenu aux règles de distance, c’est quelque chose de très bien», commente-t-il, affirmant faire confiance aux magasins pour y avoir veillé. «Je n’ai pas vu de boutiques envahies, cela n’aurait pas été bon.»

On faisait la file pour passer à table

Les restaurants ont aussi pu bénéficier de ce week-end qui a attiré du monde. «C’était énorme», atteste avec joie Cyrille Perchet, responsable de la Brasserie Guillaume. «Les rues étaient pleines, il y avait la queue pour manger.» Les habitués ne représentaient que la moitié des clients, les autres étant juste de passage en ville, ou même dans le pays. «On le voit, il y a beaucoup de gens de l’extérieur qui viennent manger», admet-il. Avec le beau temps, «il y a une forte demande pour la terrasse», ajoute-t-il, alors qu’elle a été réduite il y a quelques semaines. En tout cas, «on reste dans les règles, les gens attendent s’ils veulent une table. On ne peut pas faire plus de couverts en même temps.»