ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

Start-Up stories 2

Cocoonut, Start-up de l’année



Nicolas Legay et Aurélien Dobbels ont fait de Cocoonut la nouvelle lauréate des Start-up Stories organisées par le Paperjam Club. La start-up répond au délicat problème du logement au Luxembourg. (Photo: Simon Verjus / Maison Moderne)

Nicolas Legay et Aurélien Dobbels ont fait de Cocoonut la nouvelle lauréate des Start-up Stories organisées par le Paperjam Club. La start-up répond au délicat problème du logement au Luxembourg. (Photo: Simon Verjus / Maison Moderne)

Nicolas Legay et Aurélien Dobbels, les cofondateurs de Cocoonut, succèdent à Ilana Devillers et Food4All au palmarès des Start-up Stories, organisées par le Paperjam Club. Les deux jeunes entrepreneurs proposent une nouvelle offre de coliving pour faire face à l’envolée des prix de l’immobilier.

«De plus en plus loin, de plus en plus cher, de plus en plus seul.» En trois bouts de phrase, jeudi soir, au milieu d’un 10x6 organisé par le Paperjam Club et consacré aux «smart factories», les deux fondateurs de Cocoonut décrivent l’enfer de ces jeunes cadres dynamiques qui arrivent toujours plus nombreux dans un marché qui délivre 1.200 unités d’habitations par an là où il en faudrait beaucoup plus.

Leur storytelling, leur solution, leur perspective à long terme et leur impact sur le marché local ont convaincu les jurys de la deuxième édition des Start-up Stories d’en faire la Start-up de l’année. Ils succèdent à Ilana Devillers et Food4All . Aurélien Dobbels et Nicolas Legay partagent avec l’icône de la lutte contre le gaspillage alimentaire dans les supermarchés une énergie folle et une manière de saisir les opportunités quels que soient les obstacles qui se dressent sur leur route.

À peine sorti de dix années passées dans la finance, le premier rencontre le second dans les équipes de Nathalie Knops, en charge du plan de transformation digitale de la Banque internationale de Luxembourg. Le courant passe bien, les mots sont les mêmes. «Après dix ans dans la finance, j’avais envie de me reconvertir dans une activité qui ait plus d’impact, qui donne plus de sens», se souvient M. Dobbels.

Laurence Brix l’entremetteuse

Le trentenaire, père de deux enfants et qui en accueillera un troisième l’an prochain, n’a pas oublié ses difficultés à trouver un logement à son arrivée au Luxembourg. C’est vers cela que tendent les deux hommes: comment lancer une activité de coliving où des gens partageraient des lieux communs et auraient leur endroit privé, sans obligation, où tout serait simplifié par la technologie, où tout le monde s’y retrouverait financièrement: les uns, propriétaires, parce que leur bien serait géré de manière proactive et qu’ils recevraient jusqu’à 150 points de base de plus que le marché; les autres parce qu’ils pourraient s’installer en deux temps trois mouvements.

«Au Luxembourg, l’immobilier a doublé de valeur en quelques années!» explique l’entrepreneur. «Bientôt, les gens attendront plus de l’immobilier que de leur travail pour assurer leur retraite!»

Habités par la fièvre de l’entrepreneuriat, les deux hommes évoquent leur projet autour d’une pizza avec Laurence Brix, alors chez Inowai, qui joue l’entremetteuse pour qu’ils rencontrent le CEO de l’entreprise. Là encore, le courant passe. Comme il passera avec Tracol, avec Vincent Bechet, Laurent Rouach (président de LuxPropTech) ou encore Jeremy Charoy (cofondateur de Lalalab). 

Le tour de table s’organise, qui mettra plus de 100.000 euros dans une première levée de fonds en septembre. Mais surtout, Tracol et Inowai apportent aux deux entrepreneurs les «cinquante premières unités d’habitation», et d’autres sont dans «tubes», que ce soit dans la capitale ou plus près des frontières du pays, comme M. Dobbels l’a indiqué jeudi soir sur la scène virtuelle du 10X6.

Des jeunes actifs de 150 pays

Un projet pour étudiants? «Non, nous visons plutôt les jeunes actifs de 25 à 40 ans. Ce qu’il faut comprendre au Luxembourg, c’est qu’arrivent des expatriés qui, quelques jours plus tôt, pensaient que le pays était un paradis fiscal et qu’ils étaient incapables de le placer sur la carte. Notre solution de coliving va leur permettre de trouver rapidement un endroit où loger, pour un prix raisonnable et une gamme de services dans une communauté, la nôtre! Ils poseront leurs valises au Luxembourg pour aller bosser chez Google, Amazon, dans les Big Four ou dans un cabinet d’avocats!», explique-t-il.

Concrètement, l’utilisateur va pouvoir repérer des biens à «louer» sur l’application de Cocoonut, «va se déclarer candidat. Nous allons faire notre KYC – je n’ai pas été dix ans dans la finance pour rien», s’amuse Aurélien Dobbels. «Puis, il va pouvoir gérer depuis son téléphone non seulement l’accès à sa chambre, mais aussi la gestion de tous les services que nous proposerons, comme le ménage ou le pressing.»

Le tout pour des montants «loin des 10.000 euros qu’il doit parfois débourser aujourd’hui. Nous sommes aussi en train de définir, avec une société d’assurance, une assurance qui permette d’éviter les histoires de garanties. En plus, nous aurons une approche en termes de décoration et de design pour que ces endroits soient agréables».

Et surtout, assure-t-il dans un discours déjà très bien rodé, «ces jeunes actifs cherchent une solution de socialisation, comme le rappelle l’étude One Shared House 2030 ».

«Il y a comme un alignement des planètes», finit-il par lâcher dans un accès de joie saine. Ce qu’il oublie, c’est que Cocoonut n’est pas née de nulle part, qu’elle a même failli ne jamais s’appeler Cocoonut, puisque son nom original était Tribes. Qu’il a fallu entendre les critiques sur le branding et ajouter un deuxième «o» à Coconut, parce que les sites internet au nom de Coconut étaient – évidemment – déjà pris. «Cocoonut, ça commence comme coliving, collaboration, ça sonne comme cocon et… ça rappelle la noix de coco dans laquelle on boit un cocktail sur une plage de sable fin.»

Cocoonut, c’est sûr, sera une destination de rêve pour ceux qui atterrissent à Luxembourg!