COMMUNAUTÉS & EXPERTISES — Ressources humaines

Nouvelle tendance

Le «co-walking», une alternative à la réunion formelle



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Faire quelques pas entre collègues pour gagner en efficacité, c’est le principe du «co-walking». (Photo: Nader Ghavami)

Associer marche à pied, objectif professionnel et bénéfices pour la santé, c’est le principe du «co-walking». Cette nouvelle tendance d’organisation de réunions, venue des États-Unis, émerge au Luxembourg. Notamment chez IMS.

Selon une étude Ifop  de 2018, un cadre passerait plus d’un mois par an dans des réunions. La plupart seraient d’ailleurs inefficaces, car perçues comme inutiles par les salariés.

De quoi remettre en question le format traditionnel des réunions, organisées dans une salle où les collaborateurs sont assis et écoutent souvent le manager exposer les problématiques ou les sujets à l’ordre du jour.

Debout, pieds nus ou en pleine nature

Des alternatives de réunion en étant  debout, pieds nus, avec des tableaux numériques  arrivent progressivement en Europe et proviennent pour la plupart des États-Unis. Parmi celles-ci, notons encore le «co-walking».

Mis en lumière par le fondateur d’Apple, Steve Jobs, le «walk and talk» trouve ses origines chez des penseurs comme Freud, Aristote et bien d’autres, qui vantaient les bienfaits de la marche sur la pensée.

Cette pratique, déjà adoptée par le siège californien de LinkedIn ou de Mark Zuckerberg chez Facebook, est une alternative «bien-être» à la réunion traditionnelle, favorisant la communication et la créativité.

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Mark Zuckerberg, cofondateur de Facebook, et Kevin Systrom, cofondateur d’Instagram, pratiquent le «co-walking» ou «walk and talk». (Photo: Facebook)

Le «co-walking» arrive au Luxembourg

Au Luxembourg, chez IMS, le «co-walking» a déjà fait des adeptes. À l’initiative de Frédéric Brochier, chef de projet. Ce dernier a choisi de mettre en place cette technique avec ses collaborateurs en janvier dernier.

«Alors que je venais d’être engagé chez IMS, j’ai participé à un ‘team building’ où un chef reconnu nous a emmenés dans les bois à la découverte des produits de la nature. Je me suis aperçu qu’en marchant, la discussion est plus variée et plus agréable», explique-t-il.

Cela permet de gommer la hiérarchie en allant ensemble vers un résultat commun.

Frédéric Brochier,  chef de projet,  IMS

«On marche dans la même direction. C’est intéressant, car c’est aussi ce qu’on fait dans une équipe en travaillant ensemble. Là, ça le formalise de manière physique. Cela permet de gommer la hiérarchie en allant ensemble vers un résultat commun», ajoute-t-il.

La méthode ne s’applique toutefois pas à tous les types de réunions. Pour que ce soit constructif, il ne faut pas dépasser trois ou quatre «promeneurs» maximum. La balade ne permet pas non plus de prendre des notes, cela ne doit donc pas être une réunion trop technique. Mais il est tout à fait possible de mener des réunions importantes qui nécessitent des prises de décisions en flânant dans la nature.

Experte en management basée dans la Silicon Valley, Nilofer Merchant a d’ailleurs vanté les mérites de cette méthode toute simple lors d’une conférence TED très suivie.

De nombreux bienfaits

Cette solution saine permet également aux collaborateurs de se ressourcer en profitant des bienfaits de la nature. Pour tirer un maximum de profit de cette méthode, il est conseillé de sortir de l’entreprise pour profiter du soleil s’il est présent. Ses rayons apportent en effet des endorphines, les hormones du bonheur, ainsi que de la vitamine D.

«En marchant, il y a une autre énergie. La nature est un lieu neutre, on sort du cadre formel. On joint l’utile à l’agréable. La réunion, qui est souvent ennuyeuse, devient alors plus conviviale et ouverte», commente encore Frédéric Brochier.

De plus, les apports positifs de la marche ne sont plus à démontrer. Une promenade d’une trentaine de minutes aide notamment à diminuer la tension artérielle, le taux de cholestérol, et augmente aussi la productivité et la motivation des travailleurs.

Autant de raisons d’appliquer le «co-walking» au sein des entreprises luxembourgeoises qui souhaitent développer le bien-être et diminuer le stress de leurs collaborateurs.