POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Sécurité sociale

La CNS a turbiné en 2018



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La Caisse nationale de santé doit emménager dans la future Cité de la Sécurité sociale à l’été 2022. (Photo: Architecture et Environnement / BLK2 Architekten)

Tributaire de la croissance économique et démographique, la Caisse nationale de santé a connu une année 2018 chargée.

La Caisse nationale de santé livre un rapport d’activité dont les chiffres font tourner la tête. Couvrant plus de 858.000 assurés affiliés à l’ assurance maladie-maternité (+2,8% par rapport à 2017) et plus de 301.000 assurés frontaliers (+4,4% en un an), la CNS a logiquement vu son activité s’accélérer au rythme de la croissance de l’emploi et de la population résidente, lui assurant au passage des comptes excédentaires .

Ses services ont remboursé près de 5 millions de factures (+4,9% par rapport à 2017), dont 1,3 million par scanner (deux fois plus que l’année précédente). Près de 769.000 certificats d’incapacité de travail pour maladie et accident ont été saisis, soit 15,6% de plus qu’en 2017.

En 2018, 251.404 chèques ont été émis (+6,6%), d’un montant moyen de 247,60 euros. La CNS a reçu 12.250 caisses de courrier en 2018 – environ 10.000 enveloppes par jour –, 1.500 appels par jour ouvré en moyenne et enregistré 73.000 échanges de courriels. Les affiliés ont consulté pas moins de 4,5 millions de pages sur son site internet.

La CNS gère également l’assurance dépendance. 13.136 personnes ont bénéficié de prestations en nature en 2018 d’après le décompte récemment publié .

La CNS redéfinira dès 2019 une méthode d’attribution de prime qualité orientée vers un système d’accréditation en soins de santé basé sur un processus d’évaluation continue des établissements de santé selon des normes d’excellence internationales.

Christian Oberlé,  directeur,  CNS

Ce volume opérationnel quotidien soutenu s’est ajouté à plusieurs défis stratégiques, comme l’application de la loi sur les établissements hospitaliers et la planification hospitalière entrée en vigueur au 1er avril 2018.

Impliquée dans l’amélioration de la gouvernance hospitalière au niveau des investissements, des parcours de santé et de la qualité, «la CNS redéfinira dès 2019 une méthode d’attribution de prime qualité orientée vers un système d’accréditation en soins de santé basé sur un processus d’évaluation continue des établissements de santé selon des normes d’excellence internationales», indique Christian Oberlé , président du conseil d’administration de la CNS. «La CNS préparera également un concept de redistribution de la prime qualité dans une logique de parcours de soins.»

La CNS suit également la mise en œuvre des recommandations issues de l’audit de 2017 sur le fonctionnement des services d’urgences . «Plus de la moitié des recommandations sont en cours de réalisation ou ont déjà été mises en place», se réjouit M. Oberlé (lire notre dossier santé dans le magazine Paperjam de juin 2019 ).

Modernisation informatique

Saisie par le «désarroi» devant la fraude découverte début 2019 , la CNS «certifie qu’il s’agit de deux cas isolés» et préfère évoquer «deux grandes transformations à venir»: le déménagement prévu en août 2022 au sein de la Cité de la Sécurité sociale et l’accélération du processus de digitalisation à travers le déploiement du dossier de soins partagé (DSP) par son Agence eSanté fin 2019 et la modernisation de son environnement informatique.

Partie prenante de la commission de nomenclature – qui définit le degré de prise en charge des médicaments et actes médicaux –, la CNS insiste sur l’adaptation du catalogue des prestations pour tenir compte des progrès médico-techniques. Et ce alors que l’Association des médecins et médecins-dentistes vient de consentir à revenir à la table des discussions après une année de politique de la chaise vide, accusant la CNS de freiner la prise en charge des traitements novateurs.

La CNS revendique également son implication dans la «réflexion plus générale» concernant l’avenir du système de santé luxembourgeois. «La CNS partage l’avis général que le système de santé actuel mérite des adaptations, notamment pour encourager le développement des soins primaires et une meilleure coordination entre les différents professionnels de santé», souligne M. Oberlé.