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Green at work (1/10)

Le «climate neutral» comme marque de fabrique



Frédéric Gillen estime que le label MyClimate permet de distinguer Reka de la concurrence. (Photo: Olivier Minaire)

Frédéric Gillen estime que le label MyClimate permet de distinguer Reka de la concurrence. (Photo: Olivier Minaire)

Tout au long de cet «été pas comme les autres», Paperjam présente la série «Green at Work» pour comprendre comment les entreprises font du développement durable un objectif stratégique et tangible. Premiers éléments de réponse avec l’imprimerie Reka.

Reka ne veut pas seulement faire bonne impression. L’imprimerie luxembourgeoise a été la première sur le marché à être certifiée climatiquement neutre avec le label MyClimate en 2014. En adhérant à la charte de compensation des émissions de CO2, la PME basée à Ehlerange s’est engagée dans un travail fastidieux, mais, à ses yeux, précieux: dresser son bilan carbone de l’année écoulée.

«On calcule combien de tonnes de CO2 ont été émises par l’activité de l’entreprise et on les compense par le financement de projets, comme des installations écologiques ou d’énergies renouvelables en Inde, en Amazonie, ou dans un pays du tiers monde», explique Frédéric Gillen, gérant de Reka.

Ce calcul complexe nécessite plusieurs semaines de travail chaque année pour l’entreprise, qui estime le coût de la démarche à «plusieurs milliers d’euros» par an. «Mais je ne veux pas le laisser tomber, car c’est notre marque, c’est notre carte de visite, même si cela a un certain coût», explique le responsable.

Je ne veux pas le laisser tomber, car c’est notre marque, c’est notre carte de visite, même si cela a un certain coût.
Frédéric Gillen

Frédéric Gillen,  gérant,  Reka

D’autres certifications sous la main

Les données se collectent aussi bien du côté des fournisseurs de l’imprimerie que des salariés, dont certains, par exemple, parviennent à réduire leur empreinte carbone via le covoiturage. La question des emballages se pose aussi vu que les palettes de papier nécessitent d’être protégées. «On essaie au maximum d’utiliser du film biodégradable, mais on n’a pas toujours les moyens de le faire», pointe Frédéric Gillen. «La question se pose: est-ce que le client est prêt à payer plus pour cela?»

La société affirme ne pas attirer de nouveaux clients avec sa certification, mais observe que certains accordent de l’importance à son approche de neutralité climatique. Reka possède la certification depuis 2014 et était à l’époque la seule imprimerie du Grand-Duché à en disposer. Son portefeuille se compose aussi du label de la SuperDrecksKëscht pour le tri des déchets, du «Made in Luxembourg» de la Chambre des métiers , ainsi que des certificats FSC et PEFC.

Car côté papier recyclé, celui issu de forêts certifiées durables répond, lui aussi, aux considérations environnementales. «Il faut trouver la bonne balance entre l’écologie et l’économie», abonde le gérant. Un équilibre parfois délicat à trouver, mais qui, au final, se traduit par une optimisation de la production permettant d’économiser tant de l’argent que des émissions de carbone.

La question des emballages des palettes de papier se pose: Reka tente d’utiliser du film biodégradable, du moins lorsque cela est possible. (Photo: Olivier Minaire)

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Il n’y a pas que le papier recyclé: le papier issu de forêts certifiées durables peut répondre aux défis environnementaux du métier d’imprimeur. (Photo: Olivier Minaire)

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«Il faut trouver la bonne balance entre l’écologie et l’économie», souligne Frédéric Gillen. (Photo: Olivier Minaire)

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L’entreprise poursuit sa croissance depuis sa création en 1936. Elle emploie aujourd’hui une cinquantaine de salariés, soit 2,5 fois plus qu’au début du siècle. Clairement, cela s’en ressent dans son empreinte carbone, mais «ramenée par tête, la tendance est dégressive», insiste Frédéric Gillen.