POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Cinquième extension

À la découverte de la troisième tour de la CJUE



267748.jpg

La tour C est la cinquième extension de la Cour de justice de l’Union européenne. (Photo: Patricia Pitsch/Maison Moderne)

Construite dans la continuité du palais, la Cour de justice de l’Union européenne inaugure sa cinquième extension, qui se matérialise en une troisième tour, la plus haute du Kirchberg.

La tour C, qui est inaugurée officiellement ce jeudi – en présence notamment du Grand-Duc – est la cinquième et dernière extension de la Cour de justice de l’Union européenne.

Conçue par Dominique Perrault, associé à Gaëlle Lauriot-Prévost, et réalisée en collaboration avec Jean Petit Architectes et SRA Architectes, elle culmine à 115m au-dessus du sol (15 mètres plus haut que les tours A et B), et est haute de six niveaux supplémentaires par rapport aux deux premières tours, pour un total de 31 niveaux.

Elle accueille principalement des bureaux pour les juristes-linguistes de la Cour de justice (14.850m2), qui travaillent dans 24 langues officielles, mais aussi un data center, des salles de cours, des salles de réunion, un atelier de reproduction, un centre de santé et une cafétéria. Au 27e étage se trouve une terrasse-belvédère qui offre une vue panoramique jusqu’aux trois frontières.

Au 27e étage, une terrasse panoramique s’ouvre sur tout le Kirchberg. (Photo: Patricia Pitsch/Maison Moderne)

1 / 5

Y compris sur la terrasse, on retrouve le même langage architectural que dans le reste du bâtiment. (Photo: Patricia Pitsch/Maison Moderne)

2 / 5

Des parties vitrées permettent de découvrir le paysage. (Photo: Patricia Pitsch/Maison Moderne)

3 / 5

À l’intérieur de la tour, des salles peuvent servir aux rassemblements. (Photo: Patricia Pitsch/Maison Moderne)

4 / 5

La tour C joue sur le contraste entre le doré et le noir.  (Photo: Patricia Pitsch/Maison Moderne)

5 / 5

Les 50.000m2 supplémentaires de cette tour permettent de regrouper sur un même site l’ensemble du personnel de la CJUE. «La construction de cette troisième tour permet d’achever un ensemble», explique Dominique Perrault. «Elle arrive comme une conclusion à la galerie et offre une nouvelle entrée à l’est du site. Par sa position désaxée, elle, joue un rôle urbain, tout en affirmant le caractère institutionnel de l’ensemble.» Le socle de la tour s’encastre dans le terrain en forte déclivité et permet l’extension de la galerie.

Un budget de 168 millions d’euros

La troisième tour se compose en fait de deux fines tours accolées et décalées, l’une dorée comme ses voisines, l’autre en verre émaillé noir, qui fait écho à la matérialité de l’anneau qui encercle le palais.

Le budget alloué à cette extension est de 168 millions d’euros préfinancés par l’État luxembourgeois, qui sera remboursé par la Cour au plus tard en 2036.

Ce budget comprend la construction de la tour C, une extension du parking personnel (220 places) et des interventions dans les bâtiments existants (introduction d’une nouvelle salle d’audience, de salles d’accueil pour les visiteurs, une extension du restaurant, des archives sécurisées).

Une histoire européenne

La Cour de justice de l’Union européenne a son siège au Kirchberg depuis 1973 dans un bâtiment conçu par les architectes Jean-Paul Conzemius, François Jamagne et Michel Vander Elst. Son extension a suivi l’agrandissement de l’Union européenne avec l’entrée de nouveaux pays membres. Trois extensions ont été réalisées dans les années 1980-90 par Bohdan Paczowski et Paul Fritsch.

Au début des années 1990, le palais originel a dû être évacué pour cause d’amiante, et une quatrième extension est envisagée. À l’issue d’un concours, les autorités luxembourgeoises – qui agissent en tant que maître d’ouvrage – ont confié à Dominique Perrault la conception d’un projet de nouveau palais, qui prend à la fois en compte l’augmentation du nombre d’États membres, qui passe de 15 à 28, et donc de juges, d’avocats généraux et d’effectifs relatifs, mais aussi une séparation claire entre les espaces publics et ceux nécessaires au travail des équipes de la Justice, tout en donnant une force emblématique à cette architecture qui abrite une institution européenne.

267754.jpg

La Cour de justice forme un ensemble cohérent au Kirchberg. (Photo: CJUE/Dominique Perrault Architecte)

C’est ce qu’a fait Dominique Perrault en proposant l’anneau qui entoure l’ancien palais restructuré, les trois tours, dont la dernière est inaugurée ce jeudi 19 septembre, et une galerie qui assure la liaison architecturale et fonctionnelle entre les anciens et nouveaux bâtiments.

«Le développement de ces bâtiments est porté par le développement de l’Europe. Cette évolution permet de suivre un projet pendant 20 ans et de garder une certaine fraîcheur», affirme Dominique Perrault. «Je suis heureux d’avoir pu recevoir ce type de commande et d’avoir vécu ce morceau d’histoire.»

Actuellement, aucun besoin n’a été formulé pour une sixième extension, mais un terrain est gardé en réserve à cet effet. Il sera occupé, en attendant une éventuelle construction, par un nouveau jardin appelé «Jardin du multilinguisme», dont le concours pour l’aménagement paysager sera prochainement lancé.

Une exposition pour mieux comprendre l’évolution

À partir d’aujourd’hui, une exposition est organisée dans le palais et retrace l’évolution architecturale de ce bâtiment, des années 1950 à aujourd’hui, une évolution qui est concomitante à celle de l’aménagement du plateau de Kirchberg.

Dans une scénographie signée Dominique Perrault et Gaëlle Lauriot-Prévost, de grands panneaux lumineux retracent le développement urbain du Kirchberg, et l’histoire architecturale de la Cour de justice, et une troisième partie présente les maquettes, prototypes et dessins de ce projet, regroupés par thématique.