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Manger, s’habiller, partir…

Les choix d’Andrey Zaytsev



Le vin est pour Andrey Zaytsev un révélateur sûr de la qualité d’un restaurant. (Photo: East-West United Bank)

Le vin est pour Andrey Zaytsev un révélateur sûr de la qualité d’un restaurant. (Photo: East-West United Bank)

Andrey Zaytsev est responsable de la banque privée chez East-West United Bank, établissement spécialisé dans la banque privée et la banque d’entreprise. Un poste qu’il occupe depuis 2015.

Avant de rejoindre le Grand-Duché, il a commencé sa carrière professionnelle en 1996 en tant que trader sur titres à revenu fixe à l’ING Bank de Moscou. En 2002, après avoir terminé le programme de MBA à l’Insead, il a rejoint l’équipe de négociation et de vente de titres à revenu fixe de Raiffeisen Zentralbank Oesterreich à Vienne. De 2004 à 2009, il travaille pour Raiffeisen à Moscou en tant que fondateur et PDG de Raiffeisen Capital AMC. En 2009, il passe des marchés financiers et de la gestion d’actifs à la banque privée et s’installe à Vienne et devient directeur général de la banque privée LGT. Il est titulaire d’une maîtrise en mathématiques de l’Université d’État de Moscou Lomonosov et d’un MBA de l’Insead.

Quel est votre restaurant préféré au pays? – Andrey Zaytsev . – «Cela dépend du moment et de l’occasion. Pour le midi, j’aime les restaurants simples et rapides. Comme Amb ro sia , un restaurant grec. Pour moi, ils font un très bon travail. Pour des occasions plus formelles, je préfère Guillou Campagne . Et pour des occasions vraiment exceptionnelles, je connais un endroit exceptionnel: la Distillerie, au château de Bourglinster . Cela a été pour moi une expérience très forte en matière de haute cuisine. Il a été reconnu par le Guide Michelin, je crois, comme le meilleur restaurant végétarien au monde. C’est vraiment incroyable. Il ne s’agit pas simplement de nourriture, c’est un spectacle de goûts mis en scène.

La cuisine est exceptionnelle et le service parfait. Une combinaison rare au Luxembourg. Est-ce parce que la clientèle cosmopolite est moins exigeante? Toujours est-il que le rapport qualité/prix est un désastre dans beaucoup d’endroits et il en est de même pour le service.

Le vin comme révélateur

Côté décor, quelle est votre ambiance préférée dans un restaurant? «Ce que j’apprécie vraiment dans un restaurant, c’est l’attitude. Je suis un amateur de vin. Mon premier critère de jugement d’un restaurant, c’est la qualité du vin servi au verre. Et la quantité également. Cela en dit long sur la manière dont les gérants appréhendent leur métier, d’une manière purement commerciale ou alors comme une passion. L’idéal serait que le choix proposé se calque sur ce qui se trouve dans la cave. Un restaurant très réputé dont je tairais le nom propose des vins italiens très basiques à prix fort… La qualité du vin vous en dit toujours très long.

Quel est le mets ou le plat indispensable à tout bon menu? «Le vin, comme je l’ai dit, reflète l’attitude. C’est le dessert qui est selon moi le point culminant, indispensable pour terminer un repas avec une bonne impression. Très souvent, ici, les débuts sont très forts et à la fin, on sert un dessert de qualité moyenne, ce qui fait que l’on finit un repas sur une note de déception qui efface toutes les émotions ressenties précédemment.

Quel est votre cocktail préféré, et comment le dégustez-vous? «En bon amateur de vin, je ne suis pas un fan de cocktails. Sur ce sujet, je reste simple et ma préférence va au Martini extra-dry . Parfait pour un début de soirée. Avec des olives, bien sûr. 

Êtes-vous plutôt champagne ou crémant? «Champagne, sans hésitation.

Quelle est, selon vous, la meilleure bière du Luxembourg? «Je ne suis pas un amateur de bière, j’en bois très rarement et je ne me considère pas comme une autorité en la matière. Je dirais la Chouffe . Elle est quasiment luxembourgeoise…

Quel est votre spiritueux favori? «J’apprécie le whisky, et plus particulièrement le Macallan . Ce n’est pas très original. Et je le bois sans glace. Pas question de gâcher un si bon produit.

Parlez-nous de votre moment thé ou café. «Ce sera le café. Je déteste le thé, que j’associe aux médicaments. Quand quelqu’un est souffrant, on lui propose surtout du thé. Le thé, c’est quelque chose pour la santé. Le café, c’est pour le plaisir. Je commence toujours mes journées par un ristretto. Sans rien d’autre. Je préfère ne pas prendre de petit-déjeuner et déjeuner tôt. C’est un choix.

La montre plus que la cravate

Parlons garde-robe. Êtes-vous sur-mesure ou prêt-à-porter? «Prêt-à-porter. J’ai quelques costumes sur mesure, mais pour la vie quotidienne, c’est prêt-à-porter. Ma femme s’occupe de cela. Elle fait des sélections et m’invite en boutique pour le test final. Je ne suis pas un homme de mode. Le côté confortable l’emporte pour moi.

Avez-vous un couturier ou une marque favorite? «Non. J’ai différentes pièces de différentes marques. Cela dépend de l’occasion. Là encore, je me repose sur mon épouse.

Quel est votre style? Chic ou décontracté? «Décontracté.

Quel est, pour vous, l’accessoire indispensable? «La montre. J’apprécie tout particulièrement Vacheron Constantin , même si je ne suis pas fidèle à une marque particulière. J’en ai acquis une, assez rare. C’était un investissement et c’est devenu une partie de moi, de ma personnalité. La beauté de la chose, c’est que ce sont des objets qui se transmettent. Elles iront à mes enfants.

Et les cravates? Est-ce également un accessoire indispensable? «Je n’aime pas les cravates. Et je suis heureux que de nos jours, l’obligation d’en porter une soit de moins en moins stricte, même dans ma profession de banquier privé. Lorsque j’ai commencé ma carrière, je devais en porter une. Je n’étais pas vraiment à l’aise et à la moindre occasion, je l’enlevais. Ce n’est plus vu comme une norme, à part pour quelques occasions très particulières. Et à ces moments-là, je porte une cravate noire.

Pour les réunions importantes, que portez-vous? «C’est costume bleu, chemise blanche et parfois, pour les réunions les plus formelles, une cravate.

Racontez-nous la dernière fois où vous avez mis un smoking. «Vu les circonstances, il faut que je fouille dans ma mémoire… Cela doit remonter à plus d’un an, pour un événement spécial organisé par une société d’investissement.

Quel est votre look préféré du week-end? «Jeans and sneakers.

Quelle est selon vous la faute de goût vestimentaire impardonnable? «Je suis assez perplexe face aux personnes qui se comportent comme de véritables esclaves des marques. Pour moi, la mode n’a de sens que lorsqu’elle est bien portée. La mode, c’est d’abord l’harmonie. Et si un vêtement ne vous va pas, vous ne devez pas le porter sous prétexte que c’est une marque. Il est préférable d’aller vers l’harmonie, de choisir des choses qui vous conviennent plutôt que de suivre aveuglément certaines tendances.

Quelle est selon vous la personnalité la mieux habillée du pays? «Celui qui me vient à l’esprit immédiatement, c’est Xavier Bettel  (DP). J’aime la façon dont il se présente. Peut-être peut-on voir aussi dans mon choix le fait que nous, les Russes, nous accordons trop d’attention aux hommes politiques.

La Provence comme terre d’évasion

Quelle est votre destination préférée pour vous évader? «Fréjus, et plus largement la Provence. La Provence sauvage, pas la Provence mondaine comme elle peut exister à Cannes ou encore à Saint-Tropez. C’est tout à la fois différent, intense et plein de couleurs. Ce n’est pas pour rien que beaucoup de grands peintres s’y sont installés. Et n’oublions pas le mistral, une personnalité locale. C’est là-bas que je prendrai ma retraite.

Quelle lecture vous y accompagne? «Je lis surtout le Financial Times. Y compris durant mes loisirs. En plus de la seule finance, beaucoup de sujets sont très bien couverts, comme la science, la technologie et la culture. Et je revisite parfois les classiques de la littérature russe.

Il y a aussi un livre qui n’existe pas: le guide des vins rosés. S’il existe beaucoup d’ouvrages qui font autorité sur le vin, comme le Guide Parker, il n’y a rien sur le rosé. Le rosé est un univers bien séparé dans le monde œnologique. Leur durée de vie est très courte, un an, deux maximum. Le temps qu’un livre soit publié, il n’y aura plus de bouteilles. C’est une des raisons pour lesquelles je fais beaucoup de dégustations. Et la Provence regorge de bonnes adresses pour cela. Comme, par exemple, le château d’Esclans , dont je recommande le cadre et la production.»

Cet article est issu de la newsletter Paperjam Finance, le rendez-vous mensuel pour suivre l’actualité financière au Luxembourg.  Vous pouvez vous abonner en suivant ce lien.