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Programme de stabilité et de croissance

Les chiffres pour «la santé des gens et de l’économie»



26.000 salariés de 5.700 employeurs ont pu bénéficier du chômage partiel, indique le ministre des Finances. (Photo: Shutterstock)

26.000 salariés de 5.700 employeurs ont pu bénéficier du chômage partiel, indique le ministre des Finances. (Photo: Shutterstock)

La présentation à la Chambre du Programme de stabilité et de croissance (PSC) pour 2020 a permis au ministre des Finances de remettre en perspective l’impact du Covid-19 sur les finances publiques.

Les comparatifs restent en faveur du Luxembourg, même en temps de crise. Mais le moment n’est pas tout à fait à l’optimisme.

Comment l’a indiqué Pierre Gramegna (DP), mardi à la Chambre, le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance négative pour la zone euro (-7,5%) en général, chez nos voisins notamment: -7,2% pour la France, -7% pour l’Allemagne et -6,9% pour la Belgique.

Quant au Luxembourg, le FMI mise sur un recul de 4,9%. Avec sa méthode «bottom-up» de projection selon un scénario de confinement limité, le Statec projette quant à lui un recul du PIB luxembourgeois de -6% .

Les données macroéconomiques étant rebattues depuis le déclenchement de la crise sanitaire du Covid-19, la Commission européenne a dispensé les États membres, pour cette année, du respect des règles budgétaires, à savoir les critères de Maastricht: un déficit en dessous de 3% du PIB, et la dette en dessous de 60% du PIB.

Une bouffée d’air nécessaire au vu des aides indispensables déployées par les États et des autres mesures de sauvetage de l’économie qui viendront dans les prochaines semaines.

Deux années qui s’annulent

Pierre Gramegna a ainsi détaillé, mardi après-midi lors d’une séance plénière, les projections budgétaires actualisées pour cette année. Celles-ci sont reprises dans le Programme de stabilité et de croissance (PSC) qui s’inscrit dans le cadre de la gouvernance économique européenne.

Le ministre des Finances est aussi revenu sur les chiffres relatifs aux dépenses exceptionnelles effectuées autour de deux axes «la santé des gens» et la «santé de l’économie»:

- 10 milliards (soit 17,5% du PIB) via le programme de stabilisation de l’économie composé de reports de paiement, de garanties et d’aides directes;

- 194 millions pour la gestion de la crise sanitaire.

Et aux observateurs qui verraient dans la projection d’une croissance de 7% du Statec pour 2021 une envolée euphorique, le ministre des Finances rappelle dans son discours que, considérée sur deux ans, la croissance sera quasiment nulle. Le contexte actuel impose le réalisme.

Le discours de Pierre Gramegna a aussi permis de revenir sur la concrétisation des mesures de soutien à l’économie. Parmi celles-ci, 10.000 moratoires de 6 mois qui ont été autorisés par les banques, pour l’équivalent de 3,2 milliards d’euros. Les banques ont aussi accordé pour 3 milliards de prêts que l’État garantit à hauteur de 85%,  selon un accord conclu avec les institutions .

Outre la Spuerkeess, la BIL, BGL BNP Paribas, la Banque de Luxembourg, Raiffeisen, ING et Bank of China, le ministre informe que la banque BCP a rejoint le mouvement.

Le discours de Pierre Gramegna: