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un message fort

Des chefs à poil pour se faire entendre



Des restaurateurs établis au Luxembourg suivent la démarche de Cyrille Schneider, comme ici, au Bistro 111, à Hettange-Grande. (Photo: Je suis restaurateur et je suis à poil)

Des restaurateurs établis au Luxembourg suivent la démarche de Cyrille Schneider, comme ici, au Bistro 111, à Hettange-Grande. (Photo: Je suis restaurateur et je suis à poil)

Le restaurateur Cyrille Schneider pose nu avec d’autres confrères et fournisseurs pour alerter sur les difficultés financières rencontrées par le secteur et ses sous-traitants dans le contexte de la pandémie de Covid-19.

Fermés depuis le 26 novembre , ils avaient déjà été contraints de cesser leur activité du 15 mars au 28 mai , puis ont pu reprendre leur activité en mode mineur, entre baisse de la capacité d’accueil pour garantir les distanciations sociales puis couvre-feu : les restaurateurs ont vécu une année 2020 difficile et le bout du tunnel semble encore loin à l’horizon compte tenu des dernières restrictions prises.

«En décembre, on a seulement commencé à toucher des fragments d’aides d’octobre, qui ne couvrent même pas l’entièreté du loyer. Du coup, on fait des avances de trésorerie pour payer nos fournisseurs et salariés», confie Cyrille Schneider, gérant du restaurant L’Adresse et associé à la Brasserie Beaulieu.

Cette situation est loin d’être l’exception: d’autres restaurateurs la connaissent, sans oublier tous les métiers connexes, des fournisseurs de produits à ceux d’équipements en passant par les acteurs du monde de la nuit , comme les DJ et les chauffeurs de taxi.

Je tape dans ma trésorerie car je commence à être à poil.

Cyrille Schneider,  restaurateur

«Je tape dans ma trésorerie car je commence à être à poil», résume Cyrille Schneider, qui a décidé de rebondir sur une démarche entreprise par l’un de ses confrères à Hettange-Grande: poser nu sur une photo en noir et blanc avec une pancarte pour alerter sur les difficultés rencontrées.

«L’idée est de donner un message fort sans critiquer ce que décide le gouvernement, car je sais que ce n’est pas facile, mais je veux faire passer un message fort et que les gens ouvrent les yeux sur toutes nos professions», explique le restaurateur.

Cyrille Schneider et son fournisseur de viande, Yannick Tomsfleesch. (Photo: Je suis restaurateur et je suis à poil)

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Cyrille Schneider et Gino, de la Trattoria da Gino à la Gare. (Photo: Je suis restaurateur et je suis à poil)

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Cyrille Schneider et son équipe au Beaulieu. (Photo: Je suis restaurateur et je suis à poil)

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Cyrille Schneider et l’équipe du Bistro 111 à Hettange-Grande. (Photo: Je suis restaurateur et je suis à poil)

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Cyrille Schneider et l’équipe du Bistro 111 à Hettange-Grande. (Photo: Je suis restaurateur et je suis à poil)

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Après une première photo mi-décembre publiée sur son groupe Facebook spécialement créé pour l’occasion , Cyrille Schneider est allé se faire tirer le portrait avec l’équipe du Bistro111 à Hettange-Grande.

Les partages et retours se sont alors enchaînés sur les réseaux sociaux: «Je ne dis rien. J’explique simplement avec des photos les difficultés.» Depuis quelques jours, les sollicitations arrivent, avec notamment le patron de la Trattoria da Gino quartier Gare, le fournisseur de viande Yannick Tomsfleesch, sans oublier Yan Bartosik, propriétaire du Cyrano de Bergerac à Bonnevoie.

«Deux restaurateurs luxembourgeois ont pris contact avec moi, leurs photos arriveront prochainement», annonce Cyrille Schneider.

Comme ses confrères, il ignore quand le secteur pourra reprendre du service, mais une chose est certaine: «On veut tenir le coup pour pouvoir répondre à la demande à la réouverture, car les gens voudront revenir au restaurant.»