POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

congé collectif

Une «chance ratée» pour le patronat



Les entreprises de construction auraient souhaité travailler en continu cet été pour compenser les pertes du printemps. (Photo: Matic Zorman / archives / Maison Moderne)

Les entreprises de construction auraient souhaité travailler en continu cet été pour compenser les pertes du printemps. (Photo: Matic Zorman / archives / Maison Moderne)

Les fédérations patronales de la construction déplorent l’échec des négociations avec les syndicats concernant une modulation du congé collectif cet été.

Enjeu annoncé de la sortie de confinement, le congé collectif a tenu la promesse de discussions à couteaux tirés entre un patronat soucieux de rattraper le retard accumulé durant les quatre semaines d’arrêt des chantiers et de minimiser les pertes sèches de l’année 2020 et des syndicats attachés au congé collectif, qui permet aux salariés de la construction de bénéficier de trois semaines de vacances en août.

«La crise sanitaire, la fermeture des chantiers et l’arrêt des activités entre le 18 mars et le 20 avril ont lourdement touché les entreprises du secteur de la construction et du génie civil. La perte moyenne du chiffre d’affaires pendant cette période s’élève à 60%», rappellent les fédérations des artisans, du génie technique, des entrepreneurs et le Groupement des entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics, dans un communiqué. «Les aides publiques, telles que le chômage partiel en faveur des salariés, ont en moyenne couvert seulement 50% des frais des entreprises pendant cette période, étant donné le niveau d’investissement et l’utilisation relativement importante de capital (machines, matériaux, hangars, halls de production et de stockage, matériel roulant, etc.).»

Pour ces entreprises, «les perspectives économiques, tant sur les marchés publics que privés, sont incertaines, la productivité de la filière se trouve amoindrie en raison de la présence du virus, et on peut dire avec certitude que le combat pour la pérennité des entreprises et des emplois ne fait que commencer».

Le congé collectif aura lieu comme prévu les trois premières semaines du mois d’août 2020, avec toutes les conséquences qui en découleront.

Fédérations de la construction

Des arguments mis en avant lors des discussions entre l’UEL, l’OGBL, le LCGB et la CGFP. «Un aménagement du congé collectif, lequel aurait permis aux entreprises de profiter au maximum du temps restant de l’année pour rattraper du retard sur les chantiers, de générer du chiffre d’affaires et de permettre aux salariés, qui eux aussi ont eu un manque à gagner, de rattraper des pertes de salaires», souligne le patronat, qui proposait de reporter les trois semaines de congé collectif de 2020 à 2021.

Une modulation refusée par les syndicats, tout comme celle de réduire d’une semaine le congé collectif 2020 pour la reporter en 2021. «Les syndicats voulaient uniquement parler de congé, alors que le futur de nombreuses entreprises est en jeu et que le secteur, y compris les salariés, se voit confronté à d’énormes défis. C’est une chance ratée, et nous déplorons profondément l’attitude des représentants syndicaux. Cette année exceptionnelle de crise aurait rendu nécessaire un effort de solidarité tant des entreprises que des syndicats», déplorent les fédérations. «À la suite de l’échec des négociations, le congé collectif aura lieu comme prévu les trois premières semaines du mois d’août 2020, avec toutes les conséquences qui en découleront.»