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Fernand Etgen

«La Chambre était obligée de dénoncer les faits»



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Fernand Etgen (DP) reste solidaire de son prédécesseur, Mars Di Bartolomeo, qui avait dénoncé l’intrusion de journalistes dans le système informatique de la Chambre des députés. (Photo: Jan Hanrion/ Archives Maison Moderne)

Le président de la Chambre des députés «prend acte» de l’abandon des poursuites par le Parquet de Luxembourg dans l’affaire ChamberLeaks.

Au lendemain de la décision du Parquet de Luxembourg de classer sans suite  l’affaire ChamberLeaks, Fernand Etgen a confirmé à la radio 100,7 et à Paperjam que la Chambre «prend acte» de cette décision.

«Je rappelle que la Chambre n’a pas porté plainte», souligne celui qui doit assumer la décision de son prédécesseur,  Mars Di Bartolomeo . «La Chambre a dénoncé au Parquet des faits susceptibles de constituer des infractions pénales selon l’article 23 du Code de procédure pénale. Elle était obligée de le faire.»

En mars 2018, la radio 100,7 avait rendu publique une faille informatique permettant à n’importe quel internaute de fouiller dans les documents internes de la Chambre en modifiant l’URL de documents destinés au public. La Chambre avait saisi le Parquet, qui avait interrogé deux journalistes et ordonné la perquisition de la rédaction socioculturelle.

Un «communiqué minimaliste»

Plus d’un an après les faits, le Parquet a abandonné les poursuites, estimant que «les faits mis en évidence par l’instruction ne sont pas de nature à caractériser de manière suffisante une infraction en matière de cybercriminalité qui pourrait justifier la continuation des poursuites pénales contre les personnes visées dans cette instruction».

M. Etgen «respecte» la décision du Parquet, tout en faisant remarquer que ce dernier «ne motive pas sa décision» et a publié un «communiqué minimaliste». Autrement dit: le Parquet ne lance pas de poursuites pénales, mais n’a pas non plus jugé abusive la dénonciation des faits.

Vers un nouveau site et une meilleure gestion de la cybersécurité

La Chambre des députés s’attelle actuellement à mettre en place les mesures de sécurité préconisées par l’audit commandité après les révélations de la faille informatique par la radio 100,7 en mars 2018.

Un comité d’accompagnement constitué il y a un mois suit la mise en application de ces mesures. Et la Chambre recrute un responsable de la sécurité et des systèmes d’information «qui doit pouvoir travailler en toute indépendance pour veiller à ce que jamais ne se reproduise» la brèche qui a rendu des milliers de documents internes à la Chambre consultables par le grand public.

Un nouveau site internet doit également remplacer l’actuel, peu convivial et labyrinthique pour beaucoup d’utilisateurs.

Les services de la Chambre définissent actuellement le cahier des charges pour ce site qui s’appuiera sur une nouvelle plate-forme technique. L’adjudication sera lancée en septembre prochain, pour une mise en ligne qui ne devrait pas intervenir avant fin 2020.