PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Fonds

Bilan annuel

Chahine Capital, entre ESG et intelligence artificielle



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Chahine Capital a signé les Principes pour l’investissement responsable des Nations unies, et obtenu le label LuxFlag ESG pour quatre de ses fonds. (Photo: Matic Zorman/Archives Paperjam)

La société de gestion a profité de la présentation de son bilan annuel pour annoncer sa labellisation par LuxFlag et le lancement d’un nouveau fonds.

«Les taux, les taux, les taux…». Voilà comment Jacques Chahine, président de  Jacques Chahine Capital , a introduit sa présentation macroéconomique, lors du bilan de la société de gestion le 5 février. «Ce ne sont pas les profits ou l’économie qui tirent la croissance; c’est l’inflation des actifs par la baisse des taux», précise-t-il.

Les  taux longs peuvent-ils alors encore baisser ? Selon Jacques Chahine, il existe encore une marge de manœuvre aux États-Unis, mais «en Europe, dans l’hypothèse d’un ralentissement économique, allons-nous encore injecter du ‘quantitative easing’ pour amener les taux à des niveaux négatifs jusqu’à -1%?».

Si la  baisse des taux longs a porté le marché américain , il n’en est pas de même en Europe. Le président de la société de gestion s’avère ainsi peu optimiste pour la croissance du Vieux Continent. «Le problème consiste dans le fait qu’il n’existe pas vraiment de secteur porteur, mis à part le luxe et l’aéronautique, qui s’apprécie notamment à cause des difficultés de Boeing. Quant au secteur des nouvelles technologies, le train est très en retard en Europe, où il n’existe pas d’équivalent aux Gafa», ajoute Jacques Chahine.

Mise au vert

Chahine Capital a par ailleurs profité de ce bilan annuel pour communiquer plusieurs nouveautés.

D’abord, la société s’est largement mise au vert: elle a signé, fin 2019, les Principes pour l’investissement responsable des Nations unies, et obtenu, début janvier 2020, le label LuxFlag ESG pour quatre de ses six fonds.

Chahine Capital indique que son processus ESG (environnement, social, gouvernance) «se base sur l’exclusion normative et sur les controverses». La société utilise ainsi la liste de la Norges Bank (exclusion des titres dans le tabac, le charbon, l’armement non conventionnel et nucléaire), et exclut à la fois les titres qui vont à l’encontre du Pacte mondial des Nations unies et les entreprises les plus controversées, en utilisant l’outil RepRisk.

Réseau de neurones

Chahine Capital annonce par ailleurs avoir intégré une solution d’intelligence artificielle à son modèle de gestion et de recherche quantitatives.

«Cela permet d’adapter notre modèle rapidement en fonction des changements de tendances, et donc de réduire la volatilité sans avoir à changer le profil du fonds», explique Julien Bernier, directeur des investissements.

Celui-ci précise qu’il s’agit d’un réseau de neurones, intégrant des biais d’apprentissage sur les surperformances d’actifs. «Le système reconnait ensuite certains schémas anticipateurs d’une future performance, ce qui permet parfois de sélectionner des titres en anticipation, ou d’en identifier de nouveaux», déclare Julien Bernier.

Dernière nouveauté: le lancement, le 27 janvier, d’un sixième fonds, Digital Market Neutral Europe, avec un actif sous gestion de 20 millions d’euros. Ce fonds Equity Market Neutral a pour objectif de générer un rendement décorrélé des indices actions, et utilise deux moteurs de performance («Top-down» et «Bottom-up»).

Au total, Chahine Capital s’approche du milliard d’euros d’actifs sous gestion à fin 2019.