LIFESTYLE & VIE PRATIQUE — Bien-être & Sport

Match d’ouverture

«Ce Stade de Luxembourg, on l’aurait rempli sans souci»



Paul Philipp est déçu de ne pouvoir accueillir que 2.000 personnes ce mercredi.  (Photo: flf.lu)

Paul Philipp est déçu de ne pouvoir accueillir que 2.000 personnes ce mercredi.  (Photo: flf.lu)

15 ans! Cela fait 15 ans que Paul Philipp, le président de la FLF, et sa fédération attendaient l’arrivée d’un nouveau stade à Luxembourg. À ses yeux, il est juste dommage que le Luxembourg-Azerbaïdjan de ce mercredi, au Stade de Luxembourg, ne se jouera que devant 2.000 personnes.

Ancien Roude Léiw dans les années 70, puis sélectionneur de cette même équipe nationale de 1985 à 2001, Paul Philipp (70 ans) est aujourd’hui président de la Fédération luxembourgeoise de football (FLF). Il l’était déjà en 2007, lorsque l’idée d’un nouveau stade a commencé à germer. C’est dire s’il attend avec impatience les débuts au Stade de Luxembourg. 

Ce mercredi, le football luxembourgeois change de dimension, avec ce premier match dans ce stade flambant neuf?

Paul Philipp. – «Comment pourrait-il en être autrement, quand on sait que cela doit faire une petite dizaine d’années que nous devions compter sur une dérogation de la fédération européenne (l’UEFA, ndlr) pour pouvoir jouer nos matches dans un stade Josy Barthel qui ne répondait plus aux normes…?

Cela doit faire une petite dizaine d’années que nous devions compter sur une dérogation de l’UEFA pour pouvoir jouer nos matches dans un stade Josy Barthel qui ne répondait plus aux normes…
Paul Philipp

Paul Philipp,  président,  FLF

Cette nouvelle enceinte, on l’attend depuis 15 ans! Les premières réunions que nous avions tenues en interne, en vue de sensibiliser les autorités au projet d’un nouveau stade, doivent dater de 2007. Mais à l’époque, cela restait du domaine du rêve. Les reports successifs vus ces dernières années n’ont pas été agréables à vivre… Enfin, aujourd’hui, on oublie tout ça! Il n’y a qu’un seul petit bémol…

Le fait d’être limité à 2.000 personnes?

«Tout à fait! Cette limite n’est pas logique. Elle ne tient pas compte de la capacité du lieu d’accueil. Si vous avez un stade de 2.500 places, vous pouvez recevoir 2.000 personnes. Et si vous en avez un de 9.500 (le Stade de Luxembourg peut accueillir 9.443 spectateurs, ndlr), c’est pareil! Dans les pays qui nous entourent, on utilise plutôt un pourcentage d’utilisation. Avec des jauges à 40%, 50% ou 60%, par exemple… Enfin, c’est la loi jusqu’au 15 septembre prochain. Mais on a déjà demandé au ministre des Sports afin de voir s’il y avait moyen de changer cet aspect de la loi pour la suite…

Qu’est-ce qui aurait été le mieux? Le Portugal avec des gradins vides, ou l’Azerbaïdjan avec du public?
Paul Philipp

Paul Philipp,  président,  FLF

Combien de personnes pensez-vous qu’il était possible d’accueillir ce mercredi pour ce match de qualification en vue de la prochaine Coupe du monde face à l’Azerbaïdjan?

«On faisait stade comble! On aurait rempli ce Stade de Luxembourg sans souci. Les demandes pour obtenir un billet étaient très élevées. Nous avons dû refuser beaucoup de monde. On ne les a pas comptées, compte tenu de la situation. Mais on a l’expérience de matches à guichets fermés au Josy Barthel, on en a organisé face au Portugal, à la France… et on était sur ce chemin-là. L’engouement a été énorme ces dernières semaines. 

L’Azerbaïdjan, ce n’est pourtant pas l’affiche la plus sexy…

«C’est vrai. Mais ce stade intéresse ou intrigue les gens. Et sportivement, c’est un rendez-vous très important. Après, quand on a vu qu’on tombait avec le Portugal dans ces éliminatoires pour la Coupe du monde 2022, tout le monde s’est dit qu’on avait hérité de l’adversaire idéal pour un match d’ouverture. Mais si on avait pu débuter face à Ronaldo et ses compatriotes, on aurait dû le faire en mars dernier… dans un stade vide! Puisque le public était alors interdit. Qu’est-ce qui aurait été le mieux? Le Portugal avec des gradins vides, ou l’Azerbaïdjan avec du public? 

Vous imaginez si on avait ‘booké’ une grande nation pour ensuite devoir annuler? Combien cela nous aurait coûté?
Paul Philipp

Paul Philipp,  président,  FLF

Quand on se souvient que Romain Schneider  (LSAP), alors ministre des Sports, avait évoqué le Brésil comme possible premier adversaire en 2016…

«Compte tenu du calendrier international mis en place aujourd’hui, les matches contre ce genre de sélections deviennent de plus en compliqués à organiser. Il reste peut-être une ou deux fenêtres possibles. Pas plus. Et puis, avoir le Brésil et devoir se limiter à 2.000 spectateurs, cela aurait été frustrant aussi, non?

On ne savait pas exactement non plus quand ce match d’ouverture pourrait se tenir. Quand j’en parlais avec la fédération belge, par exemple, on me disait: ‘Oui, d’accord pour un match amical, mais à quelle date?’ Et là, je n’avais pas de réponse à fournir. Vous imaginez si on avait ‘booké’ une grande nation pour ensuite devoir annuler? Combien cela nous aurait coûté? Pour un pays comme la Belgique, cela doit approcher les 20 millions… Non, on peut être content du Luxembourg-Azerbaïdjan de ce mercredi. On verra peut-être plus tard pour un adversaire de prestige…»