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Solidarité

Ce que devient l’argent récolté par la Loterie nationale



La Loterie nationale a reversé 20,9 millions d’euros à des associations ou projets solidaires et culturels en 2019. (Photo: Shutterstock)

La Loterie nationale a reversé 20,9 millions d’euros à des associations ou projets solidaires et culturels en 2019. (Photo: Shutterstock)

Sur les 24,4 millions d’euros de résultat de la Loterie nationale en 2019, 21 millions financent la philanthropie au Grand-Duché. Le reste est investi dans l’immobilier et pour le fonctionnement de la Loterie.

La Loterie nationale a terminé 2019 avec un résultat net de 24,4 millions d’euros , en hausse de 1,1% par rapport à 2018. L’opérateur de jeux est géré par l’Œuvre nationale de secours Grande-Duchesse Charlotte, qui a ainsi pu reverser 20,9 millions d’euros pour des projets culturels et solidaires. Cela s’inscrit dans la continuité de sa mission qui était, lors de sa création il y a 75 ans, de venir en aide aux victimes de la Seconde Guerre mondiale.

Mais que sont devenus les 3,5 millions restants? Une partie est «investie dans des immeubles, les installations techniques, informatiques», explique Pierre Bley, président de l’établissement public. Ils amortissent toujours leur immeuble de Leudelange depuis 2013. Une somme d’environ 1,3 million d’euros par an au total. 700.000 euros vont aux «frais de fonctionnement de l’Oeuvre». Une petite partie est aussi consacrée aux frais exceptionnels, comme l’organisation d’événements (expositions photo, etc.)

Enfin, il reste cette année un million d’euros que l’Œuvre n’a pas dépensé. «Nous sommes tributaires de la demande. Nous essayons depuis de nombreuses années d’inciter les asbl à solliciter de l’argent auprès de nous. Cette année, sur 180 projets, nous en avons retenu 113.» Les autres ne correspondaient pas à ses domaines d’expertise ou n’étaient pas pertinents. «Par exemple, quelqu’un qui nous demande de l’aide pour un foyer d’enfants en Afrique. Mais pour des raisons historiques, nous finançons uniquement la philanthropie au Luxembourg.» Le million restant correspond donc à un revenu «reporté, dont nous disposons pour les prochaines années».

Menuiserie collaborative et camionnette pour les jeunes handicapés

Les près de 21 millions d’euros n’ont pas uniquement servi à ces 113 projets. «Plus de la moitié revient à deux institutions: 7,5 millions pour le Fonds national de solidarité et 3,5 millions pour les offices sociaux», précise Pierre Bley. Un quart va à des «bénéficiaires récurrents, comme la Croix-Rouge, Caritas, le Comité olympique et sportif luxembourgeois, le Fonds culturel national…». Près de 500.000 euros sont aussi alloués à un fonds stART-up, qui promeut les jeunes artistes luxembourgeois.

Le reste, environ 4,2 millions d’euros, revient à ces fameux 113 projets, qui émanent de demandes spontanées ou d’appels lancés par l’Œuvre nationale de secours Grande-Duchesse Charlotte. Cette année par exemple, 5.000 euros ont été alloués à l’asbl CoLab pour la création de son atelier de menuiserie collaboratif. 10.000 euros ont servi à l’asbl ZAK! Zesummen Aktiv. Elle a pu acheter une nouvelle camionnette pour conduire les jeunes en situation de handicap à leurs activités culturelles, de loisirs et sportives.

La Loterie nationale correspond à environ 98% des recettes de sa gestionnaire, l’Œuvre nationale de secours Grande-Duchesse Charlotte. Le reste provient de «placements immobiliers et financiers».

Même si jouer à l’Euromillions ou au Loto ne faisait pas partie des priorités pendant le confinement, les besoins en fonds ne diminuent pas. «Dans l’après-crise, nous nous attendons à être sollicités dans le cadre de l’atténuation de ses conséquences sociales. Nous pensons que nous avons notre rôle à jouer», se projette Pierre Bley. Tout en espérant que la population reprendra vite goût au jeu.