ENTREPRISES & STRATÉGIES — Commerce

Liquidations et fermetures temporaires

Les boutiques baissent le volet à la gare



À l’entrée de l’avenue de la Gare, Veritas et son voisin H&M vont fermer leurs portes cet été. (Photo: Paperjam)

À l’entrée de l’avenue de la Gare, Veritas et son voisin H&M vont fermer leurs portes cet été. (Photo: Paperjam)

Entre liquidations totales et volets désespérément baissés, de nombreux commerces de l’avenue de la Gare sont sur le départ.

Quelques pas sur l’artère suffisent pour apercevoir les volets baissés et autres affiches annonçant des ristournes: l’avenue de la Gare se vide de ses occupants.

Ainsi, l’enseigne Veritas, qui faisait pourtant le plein de couturières désireuses de confectionner des masques à la réouverture post-confinement, affiche désormais noir sur blanc «liquidation totale». Les cinq salariés du point de vente sont en licenciement économique et ne seront pas replacés dans l’un des quatre autres points de vente de l’enseigne de mercerie et d’accessoires de mode au Luxembourg.

Veritas a déjà débuté sa liquidation totale, cinq salariés vont perdre leur emploi. (Photo: Paperjam)

Veritas a déjà débuté sa liquidation totale, cinq salariés vont perdre leur emploi. (Photo: Paperjam)

Juste à côté, le magasin de mode H&M semble fonctionner comme à l’accoutumée, masques et respect des distanciations en plus. Mais à l’intérieur, un salarié nous confirme que le magasin fermera ses portes. La dizaine de salariés a un peu plus de chance que dans la boutique voisine, puisqu’ils seront tous réaffectés dans l’un des huit autres points de vente de l’enseigne d’origine suédoise.

«On sait que Veritas et H&M ont essayé de renégocier leur bail, car la part du loyer dans les charges devenait beaucoup trop importante et était à l’origine d’une baisse des bénéfices de ces magasins. Ils n’ont pas réussi à renégocier le bail, ce qui les a amenés à entamer la fermeture de ces magasins», commente David Angel, de l’OGBL.

La part du loyer dans les charges devenait beaucoup trop importante.

David Angel,  secrétaire central,  Syndicat commerce de l’OGBL

Le Covid-19, un accélérateur de tendance

En outre, la pandémie de Covid-19 et le recours au télétravail poussent à la baisse la fréquentation du quartier, lui-même encerclé par le chantier du tram. «Il y a beaucoup d’enseignes qui ferment et qui vont fermer encore», nous confie une vendeuse, dans une boutique de l’artère.

Celle-ci était déjà malmenée ces derniers mois, avec pas mal de cellules vacantes, notamment des grandes surfaces comme l’ancien Yves Rocher à l’angle de la rue de Bonnevoie, l’ancien CoolCat, l’ancien McDonald’s, le magasin M&S, mais aussi l’ancien Hifi International, dont les fermetures remontent à plusieurs mois.

Le volet est tombé voici plusieurs mois déjà pour Hifi International. (Photo: Paperjam)

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Les cellules vides se multiplient à l’avenue de la Gare. (Photo: Paperjam)

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Les 900m² de CoolCat cherchent toujours preneur. (Photo: Paperjam)

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Un petit peu plus loin, le magasin Etam Lingerie retient son souffle: une fermeture se profile, mais à l’inverse de Veritas et H&M, elle ne serait pas estivale, mais plutôt pour la fin de l’année. L’enseigne française compte trois autres boutiques dans le pays.

Enfin, il y a les enseignes qui ont déjà tombé le volet. C’est le cas, au début de l’artère, de Carrefour Express. «Il s’agit d’une fermeture temporaire dans le contexte de la pandémie de coronavirus», a précisé la semaine dernière la direction du distributeur , évoquant une réouverture conditionnée à la hausse du passage de chalands.

Juste en face, le magasin de bijoux fantaisie Claire’s n’a pas relevé le volet depuis le début du confinement. Le site web de l’enseigne évoque une fermeture temporaire, ainsi que pour le point de vente d’Esch-sur-Alzette.

Quoi qu’il en soit, l’OGBL remarque un point commun à toutes ces situations: «En particulier pour Luxembourg-ville, en général, il semble y avoir un gros problème avec les loyers, on l’entend de tous les côtés», pointe le secrétaire central du Syndicat commerce de l’OGBL.