ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

Lancée avec Bitflyer Europe

«Botwars», entrez dans la cryptoguerre qui rapporte



Le «serious game» comme outil pédagogique, une innovation que Bitflyer a poussée à son meilleur avec le jeu lancé cette semaine avec la londonienne Quazard. (Photo: Shutterstock)

Le «serious game» comme outil pédagogique, une innovation que Bitflyer a poussée à son meilleur avec le jeu lancé cette semaine avec la londonienne Quazard. (Photo: Shutterstock)

Des armées de robots, sorte d’humanoïdes augmentés, ont commencé à livrer bataille sur toute la planète. L’enjeu? Le contrôle des monnaies cryptées. Le premier jeu de trading du futur, sur smartphone et financé par la luxembourgeoise Bitflyer, est addictif… et intelligent.

«Nos scanners à longue distance ont détecté des poches d’activité, mais la situation a l’air de mieux se présenter que prévu.» L’hôtesse d’accueil, Kill Bill aux cheveux roses, désigne des points rouges. «Il y a des batailles financières partout sur la planète. Si nous manœuvrons correctement, nous pouvons réaliser de gros bénéfices.»

Bienvenue sur «Botwars», le premier jeu de trading des monnaies cryptées, qui vous met dans sa poche dès que vous le mettez dans la vôtre. Depuis son smartphone et en verticale uniquement – LE format mobile –, le joueur, pardon, le général, est invité à configurer son armée, avec des armes d’attaque et d’autres de défense, avant d’aller porter bataille pour la conquête de monnaies cryptées. Chaque victoire peut débloquer de nouvelles armes plus puissantes.

Le jeu offre une première partie didactique pour comprendre les mécanismes financiers derrière ces échanges de monnaies cryptées. (Illustration: Screenshot de Botwars)

Le jeu offre une première partie didactique pour comprendre les mécanismes financiers derrière ces échanges de monnaies cryptées. (Illustration: Screenshot de Botwars)

Derrière la musique anxiogène et enivrante, se cache une redoutable machinerie, financée par Bitflyer Luxembourg, filiale européenne du géant japonais Bitflyer, et mise en œuvre par Quazard Financial Gaming: face à des journalistes qui ne comprennent pas de quoi ils parlent quand ils parlent de monnaies cryptées et d’un grand public qui a donc d’autant plus de mal à suivre, le pari de Botwars est de rendre les mouvements du bitcoin et autres beaucoup plus limpides. Et indirectement, de faire des joueurs de futurs clients de la plate-forme d’échange de ces monnaies d’un futur proche, futur, dans leur banalisation.

3.200 euros en bitcoin à gagner

«L’utilisation du jeu sur les plates-formes d’échange est une nouvelle tendance, et ce partenariat unique entre Bitflyer et Quazard est un pas en avant pour démocratiser l’achat et la vente de devises virtuelles. C’est une occasion formidable pour le public de se familiariser avec le trading sans prendre de risques, mais en restant motivé par la possibilité de gagner une récompense», précise le directeur des opérations de Bitflyer, Andy Bryant, qui finance cette aventure.

Car les généraux au smartphone greffé dans le creux de la main ont la possibilité de gagner des prix pour un montant de 3.200 euros en bitcoins. À l’heure où cette dernière peine à franchir la barre des 10.000 euros, alors qu’une banque allemande l’annonce à 90.000 euros à assez brève échéance, cela pourrait créer des vocations.

«Les millennials sont friands de nouvelles expériences offertes par les marques, et cela inclut aussi le secteur des cryptomonnaies. La gamification et l’apprentissage par le jeu sont la solution pour répondre à cette demande», commente de son côté le CEO de Quazard, Paul Lindsell. «Grâce à ce partenariat avec Bitflyer, nous pouvons non seulement permettre aux traders débutants de profiter d’un environnement sûr pour apprendre l’échange des devises virtuelles sur Botwars, mais aussi leur offrir une plate-forme fiable pour l’achat et la vente de cryptomonnaies en situation réelle.»

Les armes représentent le type d’ordre commercial, comme Limit, Market, Stop, Trailing, Scaled order, Fill or kill, et les ordres cachés, pour n’en nommer que quelques-uns. (Illustration: Botwars)

Les armes représentent le type d’ordre commercial, comme Limit, Market, Stop, Trailing, Scaled order, Fill or kill, et les ordres cachés, pour n’en nommer que quelques-uns. (Illustration: Botwars)

Sans qu’ils ne s’en aperçoivent, les joueurs vont acquérir les fondements de la gestion de risque des monnaies cryptées. «Les salles de marché traditionnelles sont très passives et généralement ennuyeuses pour la plupart des commerçants qui observent, mais Botwars leur donne une nouvelle façon de s’engager, d’apprendre et d’échanger. Non seulement il y a de nouveaux marchés à conquérir dans Botwars, mais il y a aussi de nouvelles armes, boucliers et modules complémentaires à trouver, ainsi que différents personnages avec lesquels jouer et échanger», expliquent les concepteurs.

Les armes représentent le type d’ordre commercial, comme «Limit», «Market», «Stop», «Trailing», «Scaled order», «Fill or kill», et les ordres cachés. La combinaison de ces types de trading avec des armes permet aux joueurs d’apprendre de nouvelles compétences de trading social, de débloquer de nouvelles unités puissantes et de découvrir des moyens avancés de dominer les champs de bataille mondiaux.

Le champ de bataille oppose des «ordres d’achat» à des «ordres de vente». Le vainqueur gagne non seulement en compétences financières, mais peut aller ramasser les restes des vaincus. Et après un certain niveau de jeu, les généraux peuvent décider de s’allier, pour monter des clans plus puissants; l’interface prévoit un espace de chat pour définir des stratégies et des endroits où porter le combat.

La gamification, pédagogie qui vit avec son temps

Au-delà du jeu parfaitement au point, Bitflyer se lance dans une pédagogie de son core business, comme ANote Music l’a aussi récemment fait avec son concours d’échanges de droits musicaux avant le lancement officiel de sa plate-forme, le 28 juillet .

La gamification – ludification, en bon français – est une technique qui peut coûter cher, mais qui offre un intérêt indéniable quand elle est bien maîtrisée. Elle est rarement poussée aussi loin que le jeu des Londoniens sur lequel a misé la société luxembourgeoise.

«Le jeu, c’est tout ce qu’on fait sans y être obligé», écrivait Mark Twain, qui expliquait alors sans le savoir ce concept de gamification, qui nous semble pourtant si moderne. «Si le jeu est attrayant pendant l’enfance, il l’est tout autant dans la vie adulte, en témoignent les formidables communautés créées autour du Super Bowl il n’y a que peu de temps: à vous de l’adapter à vos projets!», explique Sarah Hidri, change manager chez M-Inside .

Et pour ceux qui préfèrent la paix, pas la guerre, Pacific est un autre exemple, le mieux coté des jeux à vocation pédagogique, ou «serious games».