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Secteur de la Construction

Bimlux 2019, une édition augmentée



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La conférence Bimlux 2019 a rassemblé les acteurs de la construction intéressés par cette méthode de travail. (Photo: Marie De Decker)

La quatrième édition de la conférence annuelle Bimlux s’est déroulée mardi 19 novembre à l’European Convention Center Luxembourg. Une édition marquée par un intérêt croissant de la part des acteurs du secteur et un discours devenu plus pragmatique.

Plus de 500 personnes étaient au rendez-vous organisé par le CRTI-B, en collaboration avec l’OAI, Neobuild et le List, pour faire le point sur le BIM (Building Information Modeling) au Luxembourg. La journée était divisée en deux temps: le matin, une séance plénière a permis de faire le point sur les avancées et le chemin qu’il reste à parcourir; l’après-midi était dédié aux workshops pour permettre aux différents acteurs impliqués dans ce nouveau processus de travail d’échanger de manière plus pragmatique.

Changement de discours

On note que la tonalité du discours a changé cette année. Alors que, les années précédentes, les orateurs accordaient leurs violons pour vanter tous les bénéfices de la méthode BIM dans le secteur de la construction, la tonalité des prises de paroles cette année était plus modérée.

Tout en continuant de soutenir que la transformation digitale dans le secteur de la construction doit se faire grâce au BIM, qui reste indubitablement la marche à suivre, les orateurs ont apporté des nuances, en reconnaissant qu’il y a encore plusieurs obstacles à franchir et des solutions à trouver, sans toutefois être pessimistes, bien au contraire. Un pragmatisme qui fait du bien à entendre.

Le «digital twin», ou le bâtiment numérique

Lors de son discours inaugural, le ministre délégué à la Digitalisation, Marc Hansen  (DP), a rappelé tout le potentiel du BIM pour le secteur de la construction, et que «le partage d’informations fiables tout au long de la durée de vie d’un bâtiment, ou d’infrastructures, constitue une réelle plus-value, capable d’apporter plus de cohérence dans les projets et d’accroître le niveau d’efficacité de chaque intervenant sur le projet».

Il a également abordé le sujet du «digital twin» d’un bâtiment, un «jumeau numérique» qui rassemblerait de manière centralisée toutes les données liées à ce bâtiment. Une idée qui était au cœur de la présentation de Sylvain Kubicki du List, qui a dévoilé les derniers axes de recherche de cet établissement public qui portent sur la création d’un jumeau numérique, non pas à l’échelle d’un bâtiment, mais à l’échelle d’un quartier, ce qui pourra par la suite être étendu à l’échelle de la nation.

Un prototype est actuellement en cours de réalisation, avec l’exemple de Belval, une recherche qui permet de montrer tout le potentiel de ces données pour, entre autres, les planifications urbaines, et l’aménagement du territoire.

75% des entreprises veulent être «BIM ready»

Après avoir rappelé les axes de formation mis en place, Moreno Viola a partagé les premiers résultats d’un sondage réalisé sur l’appropriation de la méthode BIM au sein des entreprises du secteur de la construction. Si cette étude n’est pas encore achevée, il en ressort tout de même dès à présent que 75% des entreprises interrogées envisagent de travailler en BIM d’ici trois ans.

Par la suite, David Determe est intervenu en tant que représentant de l’OAI et a rappelé l’importance de mener des audits en interne pour révéler les talents pouvant contribuer à cette transition numérique, tout en insistant sur l’importance de tester les différents outils disponibles sur le marché pour trouver l’outil adéquat à sa structure et ses besoins.

Francis Schwall de Neobuild a souligné l’importance d’avancer étape par étape, et de ne pas avoir peur de «commencer petit pour viser grand», permettant ainsi à un maximum d’entreprises de «ne pas rater le train du changement».

Le dernier intervenant était Christoph Krause, du Kompetenzzentrum Digitales Handwerk Koblenz, dont la présentation, très dynamique, a permis de bousculer les idées reçues sur l’appropriation des nouvelles technologies dans le monde de l’artisanat, et de comprendre comment, avec des actions simples, les choses peuvent évoluer et sensiblement s’améliorer. Un exemple à suivre, selon lui, pour l’appropriation du BIM et saisir les opportunités de progrès qu’offre la transformation digitale.

L’après-midi était par ailleurs dédié à des conférences en plus petits groupes portant sur des sujets pratiques et d’application concrète, comme l’impact du BIM sur les appels d’offre ou l’optimisation de la collaboration autour de la maquette numérique.