Bérengère Beffort a d’abord travaillé pendant 13 ans comme journaliste politique et a exercé comme conseillère au sein d’un cabinet ministériel. Elle est aujourd’hui Head of Public Relations, Marketing & Communication à la Chambre de Commerce. (Montage: Maison Moderne)

Bérengère Beffort a d’abord travaillé pendant 13 ans comme journaliste politique et a exercé comme conseillère au sein d’un cabinet ministériel. Elle est aujourd’hui Head of Public Relations, Marketing & Communication à la Chambre de Commerce. (Montage: Maison Moderne)

Dans son numéro Women on board, Paperjam met en lumière plus de 100 profils de femmes prêtes à rejoindre un conseil d’administration. Tout au long du mois de mars, découvrez divers profils de femmes ainsi que leurs points de vue et leurs idées pour un meilleur équilibre des genres dans les instances de décision. 

Actuelle head of public relations, marketing and communication à la Chambre de commerce, est administratrice de Luxexpo, du Luxembourg Congrès, de Luxembourg for Tourism et de l’Autorité luxembourgeoise indépendante de l’audiovisuel (Alia). Selon elle, la compétence et la co-construction sont fondamentales et ne sont pas optionnelles selon le genre. 

Quels sont les principaux défis que vous avez rencontrés en tant que femme administratrice indépendante?

 Bérengère Beffort. – «Au début d’un mandat, et je ne voudrais pas forcément le lier à un genre, je peux ressentir ce besoin de vite faire bouger les lignes. J’ai appris à me donner du temps pour saisir plus finement comment stimuler la performance de l’organisation dans une optique durable.

Comment gérez-vous les éventuelles résistances ou le scepticisme à votre égard? «Je peux prendre les devants pour identifier des divergences de vue et voir quelles seraient des solutions efficaces. Des résistances ne doivent pas être un frein. C’est sain que chacun défende son point de vue tout en gardant à l’esprit l’objectif de trouver la meilleure solution pour l’organisation. On peut ne pas être d’accord, développer des pistes et puis finalement s’accorder sans devoir se renier.

 Pensez-vous que l’égalité hommes-femmes progresse au sein des conseils d’administration? Pourquoi? «À défaut d’avoir des statistiques exhaustives sur les évolutions dans le secteur privé, je constate qu’il y a une tendance positive pour augmenter la mixité dans les organes décisionnaires. Ceci est lié au fait que de plus en plus d’entreprises communiquent sur leurs engagements pour l’égalité entre les genres. La transparence accrue engage à joindre les actes aux mots. Si la situation progresse, il reste pourtant encore du chemin à faire pour avoir autant de femmes que d’hommes dans des postes à responsabilité.

Que pensez-vous des quotas pour les femmes dans les conseils? Sont-ils nécessaires ou contre-productifs selon vous?

 «Les quotas peuvent être un début de réponse pour stimuler la participation du sexe sous-représenté sur une période transitoire. Ce n’est toutefois pas un remède absolu. Car le quota répond à une question du nombre. Le groupe doit ensuite, dans toute sa diversité, savoir fonctionner ensemble pour être performant dans une gouvernance collégiale.

 En tant que femme administratrice, sentez-vous une responsabilité particulière de défendre les questions de parité et d’inclusion?

«Les questions de mixité et d’inclusion nous concernent tous, les femmes comme les hommes. Je vois de nombreux hommes qui en comprennent tout à fait les enjeux. Ma responsabilité en la matière ne devrait pas être supérieure à celle des collègues masculins. Je m’engage pour que nous portions collectivement des évolutions.

 Selon vous, comment la diversité influence-t-elle la performance d’un conseil d’administration?

 «La diversité peut apporter des compétences et expériences différentes. Elle peut éviter justement les biais cognitifs de confirmation. C’est d’autant plus important pour appréhender des risques. Ensuite, il s’agit de pleinement utiliser le potentiel. Si la diversité nourrit les débats tout en étant orientée solution, alors elle soutiendra aussi la création de valeur pour l’entreprise.

 Selon vous, quelles solutions ou quelle politique pourraient encourager une meilleure parité?

 «L’engagement doit venir des entreprises. Leur prise de conscience est en marche. En montrant les bénéfices et les profils existants, les entreprises ne manqueront pas de saisir les opportunités de performance. There’s no way back!

 Quel conseil donneriez-vous à une femme qui hésiterait à se lancer?

 «Tu es capable, montre ce que tu sais faire. 

Pour finir, avez-vous une anecdote ou un moment marquant dans votre parcours qui illustre la réalité d’être une femme dans ce rôle?

«Lorsque j’ai obtenu mon premier mandat dans un conseil d’administration, une amie m’a demandé combien de femmes siègent à ce conseil. À mon sens, la compétence et la co-construction sont fondamentales, ce n’est pas optionnel selon le genre.

Que conseilleriez-vous concrètement à une jeune femme qui voudrait prendre sa place dans la société? Qu’est-ce que vous lui déconseilleriez?

«Le meilleur conseil serait d’être soi-même et de capitaliser sur ses forces.»