Le directeur du centre Manu Konsbruck à côté du nouveau logo: «Il est dans l’air du temps, tout en gardant un côté classique». (Photo: Maison Moderne)

Le directeur du centre Manu Konsbruck à côté du nouveau logo: «Il est dans l’air du temps, tout en gardant un côté classique». (Photo: Maison Moderne)

Le centre commercial basé à Bertrange relooke son identité visuelle dès ce 1er juin. L’occasion de faire le point sur ce pionnier du retail bientôt âgé d’un demi-siècle et qui se prépare à accueillir un «food court» luxembourgeois.

Nouveau logo, nouveau , mais aussi nouveau magazine: la Belle Étoile dévoile son nouveau look ce mardi. Inauguré quelques semaines après son voisin le City Concorde, en juillet 1974, il fut longtemps le plus grand centre commercial du Luxembourg, titre aujourd’hui détenu par la Cloche d’Or. Son directeur Manu Konsbruck nous explique les raisons de cette évolution et les projets du centre.

La Belle Étoile revêt, depuis ce 1er juin, une nouvelle identité visuelle. Pourquoi ce changement?

Manu Konsbruck. – «Le dernier relooking datait de 2013, lors de . Suite à une analyse du marché, nous étions d’avis qu’il était temps de se redonner une nouvelle identité visuelle, avec un nouveau logo, un slogan, un nouveau Belle Étoile Magazine et un tout nouveau site internet. Notre clientèle a pas mal évolué ces dernières années, et cette nouvelle identité reflète l’esprit de la Belle Étoile: elle est dans l’air du temps, tout en gardant un côté classique. Nous l’avons voulue plus moderne pour toucher les nouvelles générations et la population cosmopolite, avec une touche rétro qui traduit la pérennité du centre et mise sur le capital sympathie des anciennes générations. Le logo s’adresse à un public large, tout comme la Belle Étoile.

Le nouveau logo voit le jour, huit ans après l’inauguration de la dernière extension du centre de 40.000m². (Visuel: Belle Étoile)

Le nouveau logo voit le jour, huit ans après l’inauguration de la dernière extension du centre de 40.000m². (Visuel: Belle Étoile)

Quelle est votre clientèle type?

«On a une clientèle très luxembourgeoise, très locale. La Belle Étoile est un morceau du Luxembourg. Il faut savoir que le supermarché Cactus reste la locomotive du centre et attire cette clientèle luxembourgeoise. Mais avec la croissance des expatriés qui cherchent ce genre d’infrastructure et la qualité proposée, nous devenons un centre qui va du bébé aux grands-parents. L’implantation de l’École européenne II (en 2012, ndlr) à proximité nous amène aussi une clientèle beaucoup plus internationale avec des étudiants et leurs parents.

La Belle Étoile a ouvert ses portes le 3 juillet 1974. Comment le centre a-t-il évolué en près d’un demi-siècle d’existence?

«Ces dernières décennies, nous avons connu d’énormes changements: un agrandissement ‘ouest’ en 1988 avec 17 nouveaux magasins, un agrandissement ‘est’ en 1996 avec 24 nouveaux magasins et restaurants, et enfin l’extension de 2013 qui nous a permis d’ajouter 35 nouveaux magasins. Aujourd’hui, la Belle Étoile s’étend sur 40.000m² (dont 15.000m² occupés par Cactus) et propose 105 magasins qui occupent 1.300 salariés sur le site.

La Belle Étoile est souvent citée comme étant le centre commercial le plus fréquenté au Luxembourg. Vous confirmez?

«Je dirai que oui. En tout cas, nous sommes dans le peloton de tête. Notre fréquentation oscille entre 5,5 et 6 millions de visiteurs par an. Nous accueillons grosso modo 100.000 visiteurs par semaine.

Le mix entre enseignes locales et de renommée mondiale reste un défi pour nous.

Manu KonsbruckdirecteurCentre commercial Belle Étoile

La Belle Étoile a toujours été un peu précurseur au Luxembourg: plus grand centre commercial du pays à son ouverture en 1974, coup d’envoi des activités de Cactus dans la restauration et la production alimentaire, puis ouverture en 1981 du premier Cactus Hobbi, qui était un tout nouveau concept. Aujourd’hui, en quoi la Belle Étoile peut encore être novateur?

«On est novateur: en 2013, on a quand même réussi à ajouter 15.000m² de surface avec 35 nouveaux magasins, ce qui nous a permis de rentrer de grandes marques internationales qui n’étaient pas présentes par le passé, par manque de surfaces disponibles. On a dû créer l’espace pour répondre à leur demande. Et cela nous a permis d’attirer une nouvelle clientèle. Aujourd’hui, en 2021, nous sommes tous les jours à la recherche d’un mix intéressant des magasins: on essaie d’avoir les bonnes enseignes, avec un focus très fort sur la famille. Le mix entre enseignes locales et de renommée mondiale reste un défi pour nous.

Qu’est-ce qui fait la force de la Belle Étoile par rapport à ses concurrents?

«La convivialité. C’est un centre commercial à taille humaine et qui est géré par des humains. C’est une de nos forces principales. On n’est pas anonymes, on est au contact quotidien de nos clients; les commerçants et la famille qui exploite le centre se connaissent personnellement. Avec les expositions, on cherche à être différent des autres. On est les seuls à organiser des expositions en galerie pour faire passer un bon moment chez nous. C’est un centre très convivial où les gens se sentent à l’aise comme à la maison, c’est un repère pour eux. C’est aussi un centre facile: 400 mètres en ligne droite.

Avez-vous des projets de rénovation ou de modernisation?

«On a un très grand projet en cours de réalisation sur l’ancien restaurant C-Inn fermé en mai 2020. Il va renaître en un nouveau concept de ‘food court’, avec une brasserie et quatre types de restaurants différents en intérieur. L’ouverture est prévue pour avril 2022. Les travaux de démolition puis de reconstruction vont commencer d’ici peu. Ça sera une mixité de restaurants ouverts 7j/7 et aussi le soir. C’est un super projet géré par deux restaurateurs bien implantés au Luxembourg – je ne peux pas encore vous dévoiler leurs noms – et, pour nous, ça sera une nouvelle locomotive en plus du Cactus, qui attirera à la Belle Étoile.


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Ces derniers mois, les cellules commerciales vides ont tendance à se multiplier dans les centres commerciaux luxembourgeois. Ce phénomène semble être un peu moins marqué dans votre centre. Comment l’expliquez-vous?

«Dès le début de la crise, on a très vite réagi en offrant . Cela les a aidés énormément. Ces derniers mois, je pense qu’en général, en tant que Belle Étoile, on s’en est très bien sorti. On touche du bois, les chiffres sont bons. Il n’y a pas un seul commerçant qui envisage, pour l’heure, de partir suite à la crise du Covid.

L’enseigne Bigor vient tout de même de baisser le volet…

«Le groupe Bigor a été déclaré en faillite. Bigor était aussi installé dans les centres Cactus de Bettembourg, Redange et Ingeldorf. Les cellules d’Ingeldorf et de Redange seront reprises par Cocottes. Aux dernières nouvelles du curateur, les cellules de Bettembourg et de la Belle Étoile pourraient être reprises par une enseigne française active aussi sur ce segment de la bijouterie. Nous devons nous rencontrer demain (mardi 1er juin, ndlr) pour voir s’il est possible de trouver un accord. Sinon, nous avons d’autres intéressés.»