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pandémie

La Belgique va entamer son déconfinement



Sophie Wilmès a voulu lever toute ambiguïté: «Si une règle n’est pas explicitement modifiée, elle reste d’application.» (Photo: Shutterstock)

Sophie Wilmès a voulu lever toute ambiguïté: «Si une règle n’est pas explicitement modifiée, elle reste d’application.» (Photo: Shutterstock)

La Belgique entamera un long processus de reprise des activités à partir du 4 mai prochain. Qui pourra évidemment être revu si l’épidémie venait à nouveau à se faire plus forte.

Même si de très nombreux détails restent à préciser dans les jours à venir, les Belges y voient un peu plus clair quant au processus de déconfinement à venir.

La Première ministre Sophie Wilmès a indiqué, vendredi soir, après une réunion de plus de sept heures du Conseil national de sécurité, que le déconfinement se ferait par phases. Mais que le processus pourrait aussi être interrompu en cas de reprise de l’épidémie.

La chef du gouvernement fédéral a aussi été très claire sur un point: «Si une règle n’est pas explicitement modifiée, c’est qu’elle reste d’application».

Quelles en sont les principales dates?

4 mai

L’offre de transports en commun va être augmentée progressivement. Mais le port du masque sera obligatoire à partir de 12 ans. Néanmoins, il est conseillé d’utiliser ses «propres moyens de transport: à pied, à vélo ou en voiture pour laisser les transports en commun aux personnes qui en ont le plus besoin.

Les entreprises B-to-B (donc sans contact avec la clientèle) vont pouvoir à nouveau ouvrir. De même en ce qui concerne les magasins qui vendent le matériel nécessaire à la confection de masques.

Le télétravail reste la norme, mais il sera possible de pallier l’impossibilité de respecter la distanciation sociale par le port du masque.

«Pour le moment, on peut travailler. Il est même important de travailler. Dans des conditions bien strictes. Beaucoup d’activités ont cessé, alors que ce n’était pas nécessaire», a d’ailleurs souligné Sophie Wilmès lors de la conférence de presse.

L’accès aux soins de santé va aussi augmenter.

Il sera désormais également possible de mener des activités avec deux autres personnes qui ne vivent pas sous le même toit que soi. Et certaines pratiques sportives, sous conditions, peuvent reprendre: kayak, tennis...

11 mai

Tous les commerces pourront à nouveau ouvrir, en respectant différentes mesures de sécurité.

Les experts en santé publique préconisaient des réouvertures ciblées à partir du 4 mai et jusqu’au 18 mai. Le gouvernement y a vu trop de risques d’incohérences et a donc passé outre.

18 mai

C’est à cette date qu’il sera analysé si les métiers à contact de l’économie peuvent reprendre ou non. Des aménagements pourraient aussi être proposés pour la vie sociale: réunion de dix personnes autorisées, permission de se rendre dans sa seconde résidence...

Il est certain, par contre, que le secteur de l’horeca restera à l’arrêt.

Surtout, c’est à cette date qu’est prévu le retour dans les écoles d’une partie des élèves. Avec des mesures spécifiques: priorité aux années certifiantes et diplômantes, classes divisées en deux avec un minimum de 4m2 par élève, nombre de jours de cours réduit, mesures d’hygiène à respecter, désinfection des locaux, port du masque obligatoire, pas plus de trois années du cycle secondaire et primaire en même temps dans la même école...

8 juin

Ce n’est qu’à ce moment-là qu’une reprise d’activité dans les restaurants sera évoquée, pas encore concrétisée.

Les bars et autres cafés devront, pour leur part, attendre encore. 

Testing et tracing

En outre, testing et tracing joueront un rôle important dans le cadre de ce déconfinement. «Un test de laboratoire devrait être offert à tous ceux qui présentent des symptômes, aux personnes exposées au virus en raison de leur profession et à celles en contact avec une personne contaminée. La capacité belge devrait atteindre les 25.000 tests par jour, une capacité qui pourra être élargie jusqu’à 45.000 tests», met en avant le journal Le Soir. 

Pour le tracing, des call centers de 2.000 personnes vont être mis en place, et une banque de données nationale sera créée. Une personne infectée sera appelée et devra donner la liste de personnes avec lesquelles elle a été en contact. Ces personnes seront alors contactées et, en cas de présence de symptômes, prises en charge. Un cadre juridique spécifique à ce tracing sera élaboré pour assurer la protection des données à caractère personnel.