POLITIQUE & INSTITUTIONS — Justice

Dossier Wickrange/Livange

Becca sera jugé pour ses «montres de luxe»



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À l’époque de la perquisition, Flavio Becca, par l’intermédiaire de son entourage, s’était dit confiant. (Photo: Luc Deflorenne / Archives)

La Cour de cassation a rejeté les demandes en pourvoi de l’homme d’affaires Flavio Becca dans le dossier des «montres de luxe» retrouvées à son domicile lors d’une perquisition en 2011. Dans le contexte du feuilleton politico-business de l’époque: Wickrange/Livange.

Les actualités s’entrechoquent parfois à quelques jours d’intervalle. Flavio Becca aura eu à peine le temps de savourer l’ouverture du centre commercial Cloche d’Or , dont il est le fer de lance avec Ceetrus, de fêter le titre de champion avec  l’équipe de football de Virton (B) qu’il possède  et d’enclencher la reprise évoquée par la presse allemande d’un autre club de football,  le 1. FC Kaiserslautern en Allemagne , que le voilà rattrapé par une affaire qui avait défrayé la chronique à l’époque.

RTL indiquait en effet, mardi, que Flavio Becca s’est vu débouté par la Cour de cassation en réponse à deux pourvois introduits en réponse à deux arrêts rendus en juillet dernier par la Chambre du Conseil de la Cour d’appel.

Ce rejet ouvre la voie à un procès dans lequel l’homme d’affaires devra comparaître pour abus de biens sociaux et blanchiment-détention, selon RTL.

Une collection, des cadeaux ou un usage illicite?

Les éléments en cause remontent à une perquisition menée en septembre 2011 au domicile de Flavio Becca.

Les enquêteurs avaient alors découvert des montres de luxe dans leur emballage d’origine, comme l’indiquait le Land à l’époque. Elles auraient été acquises par l’intermédiaire de sociétés de M. Becca, sans lien a priori avec les activités de celles-ci.

À quoi ces montres étaient-elles utilisées ou destinées? Le procès, dont la date n’est pas encore fixée, devra faire la lumière sur ces questions.

Suite à son audition en 2016 par le juge Nilles, Flavio Becca  se montrait confiant et espérait un non-lieu  de la Chambre du conseil. Il réagissait en ces termes: «L’enquête a permis de conclure que toutes les rumeurs qui ont pu circuler par le passé, au sujet de remises (des montres, ndlr) en guise de cadeaux, voire de corruption en faveur de décideurs généralement quelconques à Luxembourg ou à l’étranger, sont sans le moindre fondement. En d’autres mots, toutes les montres achetées ont pu être retrouvées et ont été inventoriées par la police judiciaire et par conséquent n’ont pas servi à des fins inavouables d’une manière généralement quelconque.»

Projets avortés

Revoilà donc  l’ombre de l’affaire «Wickrange/Livange»  qui plane. Les noms de deux localités pour deux projets immobiliers d’envergure qui n’ont finalement pas vu le jour,  après avoir défrayé la chronique . Au croisement  de la politique et du business.

Le nouveau stade national de football et le centre commercial de Livange défendus par Flavio Becca ne sont pas sortis de terre  malgré une version revue du dossier . Le nouveau stade national  est définitivement parti à la Cloche d’Or .

À Wickrange, le panneau annonçant un projet commercial, promu à l’époque par Guy Rollinger, est toujours planté sur le site, ou plutôt un champ vierge.

Quelques années plus tard, celui qui s’était vu approché pour rejoindre le projet de M. Becca à Livange souhaite, quelques mètres plus loin, transformer un ancien café en centre médical et en cellules commerciales.

Toujours à Wickrange, de l’autre côté de la route, le groupe Giorgetti projette quant à lui un complexe mêlant logement et infrastructures dédiées aux passionnés d’automobile:  «Motor City.»