POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Anne Calteux (Représentation de la Commission européenne)

«Beaucoup à faire pour renforcer la confiance dans l’UE»



«Ma loyauté appartient à la Commission», assure Anne Calteux, qui travaillait précédemment en tant que chef de cabinet au ministère de la Santé. «Je suis aussi loyale par rapport au Luxembourg, mais mon mandat est de travailler main dans la main avec la Commission. Mon employeur, c’est Ursula von der Leyen, je ne travaille plus pour le gouvernement.» (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

«Ma loyauté appartient à la Commission», assure Anne Calteux, qui travaillait précédemment en tant que chef de cabinet au ministère de la Santé. «Je suis aussi loyale par rapport au Luxembourg, mais mon mandat est de travailler main dans la main avec la Commission. Mon employeur, c’est Ursula von der Leyen, je ne travaille plus pour le gouvernement.» (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

Après des mois de crise, renforcer la confiance des citoyens vis-à-vis de l’UE sera une des tâches de la nouvelle directrice de la Représentation de la Commission européenne au Luxembourg, Anne Calteux, dont le rôle est de faciliter la communication de la Commission vers les États membres et les citoyens – et vice-versa.

Ancienne chef de cabinet au ministère de la Santé , Anne Calteux est depuis juillet la nouvelle directrice de la Représentation de la Commission européenne au Luxembourg . Un retour aux sources pour celle qui avait déjà passé 10 ans de sa vie professionnelle à Bruxelles. Au sein de la Représentation, elle contribuera à faciliter la communication de la Commission vers les États membres et les citoyens – ainsi que des États membres vers la Commission, en renseignant cette dernière sur la réalité du terrain. Une manière de renforcer la confiance des citoyens vis-à-vis des institutions européennes, alors que les derniers mois de crise l’ont mise à mal.

Vous occupiez un poste crucial au sein du ministère de la Santé. Vous le quittez alors que la pandémie est loin d’être finie. Qu’est-ce qui vous a fait vous décider?

Anne Calteux. – «Ce n’est pas une opportunité qui se présente tous les jours, seulement tous les quatre ou cinq ans. Le processus de sélection est long. Et ce sujet me passionnait depuis mes études. Donc j’ai tenté ma chance. C’est aussi un retour aux sources, puisqu’avant d’être au ministère de la Santé, j’étais pendant 10 ans à Bruxelles et j’avais déjà une vue d’ensemble des dossiers européens.

En quoi consiste votre rôle au sein de la Représentation de la Commission?

«Notre rôle est de contribuer à faciliter la communication de Bruxelles vers le Luxembourg. Je participe aux efforts de clarification de la Commission, pour expliquer ce qu’elle fait et quelles sont ses priorités. Quelqu’un qui comprend mieux ce qui se passe est plus susceptible de l’accepter, c’est donc dans un objectif d’adhésion.

L’autre volet est celui du reporting de Luxembourg vers Bruxelles. Nous faisons des rapports à Bruxelles sur le climat, le Covid, la diplomatie ou l’économie. C’est un volet très important, surtout pour les petits États: cela permet à la Commission de savoir ce qui se passe en leur sein, sur le terrain.

Nous avons aussi un rôle de lanceur d’alerte.
Anne Calteux

Anne Calteux,  Représentation de la Commission

Nous avons aussi un rôle de lanceur d’alerte, quand quelque chose se passe ici et que cela devrait être connu par la Commission. Nous remontons les informations que nous obtenons en demandant dans les ministères ou en scrutant la presse.

Le Luxembourg est un pays plutôt europhile par rapport à d’autres pays de l’UE. Cela change-t-il votre approche?

«Au niveau de la confiance dans l’UE, il y a encore beaucoup à faire. C’est en diminution depuis le dernier eurobaromètre (la confiance dans l’UE a diminué de 7% au Luxembourg par rapport à avril 2021, selon l’eurobaromètre publié le 10 septembre 2021, ndlr). Mais les Luxembourgeois se sentent citoyens européens (88% des Luxembourgeois, le plus haut taux de l’UE, ndlr). Après ces derniers mois de crise, les gens s’interrogent beaucoup. C’est à la Commission et à la Représentation de répondre.

Vous travaillez pour la Commission. Mais vous êtes luxembourgeoise et votre précédent poste était au gouvernement. En cas de conflit d’intérêts entre le Luxembourg et la Commission, vers qui va votre loyauté?

«Ma loyauté appartient à la Commission. Je suis aussi loyale par rapport au Luxembourg, mais mon mandat est de travailler main dans la main avec la Commission. Mon employeur, c’est Ursula von der Leyen, je ne travaille plus pour le gouvernement.

Ma loyauté appartient à la Commission.
Anne Calteux

Anne Calteux,  Représentation de la Commission

Cependant, en contribuant aux efforts d’explications de la Commission, je peux aussi venir en aide aux acteurs locaux pour qu’ils acceptent et implémentent mieux les initiatives européennes. De cette manière, j’espère pouvoir être utile au gouvernement.

Avez-vous des exemples concrets de ce que vous allez faire ces prochains temps?

«Ce week-end, nous étions présents au festival Open Air, l’occasion de rencontrer un public jeune, qui est notre cible.

Le 15 septembre aura aussi lieu le discours sur l’état de l’UE de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. Il s’agit pour les représentations d’expliquer ce que la présidente a voulu dire. Et nous allons déployer ces explications de manière à ce qu’elles soient utiles pour le Luxembourg, afin que le pays se sente concerné.

«Le climat est très important», estime Anne Calteux. «C’est un sujet qui permet d’impliquer de manière active les jeunes, qui veulent vivre dans un environnement sain.» (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

«Le climat est très important», estime Anne Calteux. «C’est un sujet qui permet d’impliquer de manière active les jeunes, qui veulent vivre dans un environnement sain.» (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

Le 17 septembre aura lieu un débat sous format hybride, en présentiel et en livestream, afin de présenter l’agenda 2022 de la Commission, toujours dans une optique d’appropriation par les acteurs. Des députés seront aussi présents.

Quels sont les dossiers qui vous tiennent à cœur?

«Le climat est très important. Le nouvel eurobaromètre vient de sortir et les trois sujets qui préoccupent le plus les résidents luxembourgeois sont le logement, le coût de la vie et le climat. C’est aussi un sujet qui permet d’impliquer de manière active les jeunes, qui veulent vivre dans un environnement sain.

La digitalisation est aussi un sujet important pour notre pays, et les jeunes peuvent s’y identifier. C’est l’opportunité de leur expliquer ce que l’UE peut faire pour le Luxembourg, avec l’EU SPC, le supercomputing ou l’upcycling. J’aime personnellement beaucoup cela.»