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L’avis du professionnel

L’aventure chinoise de Marc Colbach



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Marc Colbach (Photo: AMC Interiors & Architecture)

Luxembourgeois d’origine, Marc Colbach vit et travaille depuis 18 ans en Chine. Après Pékin, il vient d’ouvrir un second bureau à Shanghai. Paperjam Architecture + Real Estate s’est entretenu avec le fondateur d’AMC Interiors & Architecture à l’occasion de son passage en Europe.

Vous venez d’ouvrir un second bureau à Shanghai après celui de Pékin où vous avez créé AMC Interiors & Architecture en 2011. Cela laisse supposer que les affaires sont florissantes pour votre agence...

Marc Colbach. – «Oui, nous continuons effectivement de nous développer et avons désormais une spécialisation dans la réalisation d’aménagement de bureaux pour les entreprises multinationales qui souhaitent s’installer en Chine, et plus particulièrement à Pékin ou Shanghai. C’est pour cela que nous avons ouvert un second bureau à Shanghai où une équipe de cinq personnes vient compléter celle de Pékin qui en compte 13. Nous travaillons aussi beaucoup pour les start-up dans le domaine de l’IT, qui sont en plein boom en Chine actuellement, sans exclure d’autres programmes comme des écoles, des hôtels, des restaurants…

Pouvez-vous nous citer quelques chantiers sur lesquels vous avez travaillé?

«Nous avons réalisé des bureaux pour Société Générale, Cisco, Henkel, Standard & Poor’s, ou encore le plus grand showroom au monde pour Caterpillar. Nous avons aussi travaillé pour le monde de l’hôtellerie et de la restauration avec le restaurant Huo Shao Yun, ou encore pour le monde de l’éducation avec l’école maternelle MIK ou Wondertree.

Le hall d’accueil de Caterpillar. (Photo: AMC Interiors & Architecture)

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Le showroom de Caterpillar. (Photo: AMC Interiors & Architecture)

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Dans les locaux de Caterpillar. (Photo: AMC Interiors & Architecture)

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Le restaurant Huo Shao Yun. (Photo: AMC Interiors & Architecture)

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Le restaurant Huo Shao Yun. (Photo: AMC Interiors & Architecture)

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Le restaurant Huo Shao Yun. (Photo: AMC Interiors & Architecture)

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École maternelle MIK. (Photo: AMC Interiors & Architecture)

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Les bureaux de Standard & Poor’s. (Photo: AMC Interiors & Architecture)

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Les bureaux de Standard & Poor’s. (Photo: AMC Interiors & Architecture)

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Les bureaux de Standard & Poor’s. (Photo: AMC Interiors & Architecture)

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École Wondertree. (Photo: AMC Interiors & Architecture)

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École Wondertree. (Photo: AMC Interiors & Architecture)

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Quelles sont, actuellement, les tendances dans les aménagements de bureaux en Chine?

«En ce qui concerne les sociétés multinationales, elles recherchent des aménagements de bureaux comme on peut en trouver ailleurs dans le monde, répondant au style international. Je remarque toutefois que le ‘flex desk’, par exemple, ne fonctionne pas bien en Chine.

Ce qui change beaucoup par rapport à l’Europe ou aux États-Unis est la rapidité d’exécution des projets: nous réalisons le design en 6 à 8 semaines, et la construction prend autant de temps. Tout va donc très vite. Il faut être efficace tout le temps et acquérir cette habitude de rapidité. C’est un autre mode de pensée. On travaille pour le court terme.

Construire si vite et bien, est-ce possible?

«La qualité s’est beaucoup améliorée. Les Chinois prêtent maintenant beaucoup plus attention aux questions écologiques, de santé dans les bâtiments. Les clients sont donc très vigilants sur les questions de mise en œuvre de produits sains, de gestion de l’eau, de l’air, le tri des déchets… Tout ceci est devenu le nouveau standard depuis environ cinq ans.

Toutefois, je peux remarquer une différence entre la construction à Pékin et la construction à Shanghai. Pékin est plus marquée par l’influence du Nord et reste plus artistique. Shanghai est clairement plus commerciale et cosmopolite, et la qualité de la construction y est un peu meilleure, plus détaillée dans les travaux de menuiserie, par exemple. Dans cette rapidité d’exécution, il y a certainement une perte de qualité dans les détails, mais ce n’est pas ce qui intéresse le marché chinois actuellement. L’important est que cela fonctionne et réponde aux besoins.

La concurrence locale est très sévère.

Marc Colbach,  fondateur,  AMC Interiors & Architecture

La concurrence est-elle rude pour votre agence?

«Il y a 15 ans, il y avait beaucoup de sociétés étrangères qui venaient s’installer. Maintenant, elles sont beaucoup moins nombreuses. De nombreux jeunes Chinois sont allés se former à l’étranger et reviennent travailler en Chine. Ils créent leur agence d’architecture et sont très compétitifs. La concurrence locale est donc très sévère.

Nous arrivons à nous distinguer en proposant par exemple la surveillance des réalisations sur les chantiers, et en maintenant des tarifs qui se situent entre les tarifs des agences internationales et les agences locales qui sont souvent meilleur marché. Nous nous distinguons aussi en dessinant du mobilier et en apportant une offre plus ‘lifestyle’.

La rémunération des architectes est-elle réglementée en Chine?

«Non, c’est libre. Elle se calcule aussi différemment qu’au Luxembourg, car il existe une distinction entre la conception et l’exécution. Les architectes ne font que le design des projets, la réalisation et le chantier sont ensuite confiés à une société qui fait l’exécution en suivant nos dessins sans que nous ayons besoin d’intervenir. C’est donc une autre approche.»