ENTREPRISES & STRATÉGIES — Industrie

Liberty Steel

L’avenir s’assombrit pour Sanjeev Gupta et GFG Alliance



Les ennuis s’accumulent pour Sanjeev Gupta, qui voit la justice britannique s’intéresser à ses affaires alors qu’il tente de convaincre de nouveaux créanciers pour obtenir de l’argent frais afin de faire vivre son groupe GFG Alliance, spécialisé dans la sidérurgie. (Photo: Nader Ghavami/archives)

Les ennuis s’accumulent pour Sanjeev Gupta, qui voit la justice britannique s’intéresser à ses affaires alors qu’il tente de convaincre de nouveaux créanciers pour obtenir de l’argent frais afin de faire vivre son groupe GFG Alliance, spécialisé dans la sidérurgie. (Photo: Nader Ghavami/archives)

Le Parquet financier britannique a ouvert une enquête sur les affaires de Sanjeev Gupta, patron de GFG Alliance. En grande détresse financière depuis la faillite de Greensill Capital, son principal bailleur de fonds, cela pourrait lui être fatal en faisant fuir ceux qui pouvaient encore lui venir en aide.

GFG Alliance, maison mère de Liberty Steel, mais également de plusieurs autres sociétés comme Liberty Rail à Hayange ou encore l’aciérie Ascoval en France, vient d’être notifiée par le Parquet financier britannique de l’ouverture d’une enquête pour fraude. Dans une situation financière délicate, la justice britannique va s’intéresser aux liens visiblement trop étroits entre Sanjeev Gupta, patron de GFG Alliance, et son principal créancier, Greensill Capital, récemment tombé en faillite

GFG Alliance devait 5 milliards de dollars à Greensill Capital au moment de sa faillite en mars. Depuis, la société spécialisée dans les prêts à court terme a été mise en liquidation judiciaire. Mais outre les sommes colossales qui sont en jeu, cette faillite met en péril les emplois des 35.000 ouvriers qui travaillent dans les usines sidérurgiques du groupe GFG Alliance, dont celle de Liberty Steel à Dudelange. Greensill disparu, Sanjeev Gupta cherche de nouveaux moyens de financer son empire devant devenir en quelques années une référence en matière d’«acier propre». 

Selon le journal Le Monde, l’homme d’affaires britannique avait réussi à trouver un financement auprès de White Oak Global Advisors pour un montant de 500 millions d’euros dans le cadre d’un prêt d’urgence en Australie ainsi qu’au Royaume-Uni. Mais en réponse à l’ouverture de cette enquête pour fraude de la part du Parquet britannique, White Oak Global Advisors a fait marche arrière. Un revers mettant Sanjeev Gupta dans une situation difficile et plongeant encore un peu plus les ouvriers de ses usines dans l’incertitude. 

Le ministère de l’Économie reste à l’affût 

En France, GFG Alliance possède une dizaine de sites industriels «dont l’aciérie Ascoval à Saint-Saulve (Nord), l’usine Liberty Rail à Hayange (Moselle), et la fonderie Alvance à Dunkerque, premier producteur d’aluminium primaire en Europe», rappelle Le Monde, qui chiffre les effectifs cumulés à 2.000 personnes. De plus, toujours selon le journal français, une enquête préliminaire a été ouverte par le procureur de la République de Poitiers qui s’interroge quant à un prêt garanti par l’État à hauteur de 18 millions d’euros et accordé par Greensill à la fonderie d’aluminium du Poitou appartenant au groupe GFG Alliance. Le montant versé à la fonderie en décembre dernier aurait ensuite été transféré deux jours plus tard vers Greensill.

Autant d’éléments qui ne vont pas faciliter la recherche d’argent frais de la part de Sanjeev Gupta afin d’alimenter les nombreuses usines de GFG Alliance.

Pour rappel, à Dudelange, ArcelorMittal avait limité les fournitures de matières premières à Liberty Steel , dans la crainte de ne pas pouvoir être payé.

Toujours au Luxembourg, les équipes du ministère de l’Économie sont déjà à pied d’œuvre pour pouvoir réagir le cas échéant et limiter la casse sociale . Environ 400 personnes travaillent dans l’usine luxembourgeoise de Liberty Steel, mais c’est également le principal fabricant de l’Usibor, un produit en acier développé par et pour ArcelorMittal. Dès lors, un défaut de Liberty Steel pourrait également pénaliser les activités d’ArcelorMittal au Grand-Duché.

Fin avril, Franz Fayot (LSAP) a assuré devant les députés «suivre le dossier de prêt» et avoir mandaté la SNCI, «qui dispose de l’expertise» nécessaire pour étudier la faisabilité des diverses hypothèses envisagées par les équipes du ministère au cas où le pire arriverait. Pour le moment, aucun détail n’a filtré quant aux différents scénarios envisagés, qui devront évidemment respecter les prescrits légaux en vigueur au niveau international.