POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Dépistage du Covid-19

Les autotests salivaires toujours au banc d’essai



«À ce jour, nous avons reçu 20 tests rapides antigéniques différents à analyser, dont 13 autotests salivaires. Notre équipe de quatre personnes a effectué près de 1.800 tests, sachant que l’on compare toujours les résultats avec la méthode de référence, qui est le test nasopharyngé PCR», explique Nicolas Van Elsué, coordinateur Covid au sein du LNS. (Photo: LNS)

«À ce jour, nous avons reçu 20 tests rapides antigéniques différents à analyser, dont 13 autotests salivaires. Notre équipe de quatre personnes a effectué près de 1.800 tests, sachant que l’on compare toujours les résultats avec la méthode de référence, qui est le test nasopharyngé PCR», explique Nicolas Van Elsué, coordinateur Covid au sein du LNS. (Photo: LNS)

Le LNS poursuit son évaluation des autotests antigéniques salivaires. Sur les 13 kits testés jusqu’à présent, aucun n’a présenté une sensibilité assez forte pour répondre aux critères demandés.

Si les autotests antigéniques nasaux ont été introduits depuis quelques semaines dans les écoles ou les entreprises du pays , à qui le gouvernement va encore en fournir plusieurs millions dans les jours à venir ,  ce n’est pas encore le cas des autotests antigéniques salivaires. Le ministère de la Santé expliquait mi-avril qu’ils étaient en cours d’étude au sein du LNS (Laboratoire national de santé), ce que confirme le docteur Tamir Abdelrahman, chef du département de microbiologie au LNS. «Nous donnons simplement un avis consultatif», précise-t-il. «Le LNS n’est pas l’organisme régulateur au Luxembourg pour dire si le test a le droit d’être sur le marché ou non.»

«Notre rôle est de confirmer la sensibilité affichée par le fournisseur du test, avec une méthode d’évaluation que nous avons établie. À ce jour, nous avons reçu 20 tests rapides antigéniques différents à analyser, dont 13 autotests salivaires et 7 kits nasaux. Notre équipe de quatre personnes a effectué près de 1.800 tests, sachant que l’on compare toujours les résultats avec la méthode de référence, qui est le test nasopharyngé PCR réalisé en laboratoire», ajoute Nicolas Van Elsué, coordinateur Covid au sein du LNS.

Une sensibilité maximum de 40%

Et pour quels résultats? «Les analyses sont toujours en cours, mais nous pouvons déjà dire que nous avons écarté presque tous les kits de tests salivaires parce qu’ils ne sont pas assez fiables. Nous nous sommes basés sur les critères demandés par l’OMS (Organisation mondiale de la santé, ndlr), soit une sensibilité de 80%, et les autotests salivaires que nous avons analysés ont une sensibilité maximum de 40%.»

Pour rappel, la «sensibilité» d’un test est la probabilité qu’un test soit positif pour une personne infectée: plus elle est élevée, plus le test est sensible. «Mais l’importance d’avoir une forte sensibilité dépend également de l’usage que l’on fait du test. Par exemple, on peut très bien utiliser un test rapide antigénique d’une sensibilité de 60-70%, mais il faut alors le réaliser plusieurs fois par semaine, et c’est pourquoi il faut un cadre pour utiliser ces autotests», rappelle Tamir Abdelrahman.

Le test PCR reste la référence

La question est donc de savoir jusqu’où l’on peut accepter une perte de sensibilité. «Dans le contexte de l’école par exemple, on peut utiliser des autotests, mais il faut choisir des kits qui ont une sensibilité d’au moins 60-70%. Pour les autotests nasaux, nous en avons analysé quatre qui correspondent à ces catégories, et donc aucun pour les salivaires. Mais nous avons deux kits salivaires qui sont arrivés au LNS la semaine dernière et que l’on est en train d’analyser en collaboration avec le CHEM. Peut-être qu’ils auront d’excellents résultats, une amélioration peut toujours arriver.»

Le test PCR, avec une sensibilité pouvant aller jusqu’à 98%, reste donc la référence, «particulièrement lorsqu’il est réalisé sur des personnes asymptomatiques, c’est pour cela qu’il est utilisé lors du large scale testing. Mais les autotests antigéniques sont plus pratiques et plus rapides à utiliser, il n’y a pas besoin de se rendre en laboratoire et de faire appel à une expertise médicale pour l’analyse des résultats. C’est donc une bonne solution, mais ils doivent être utilisés au sein d’une stratégie globale comme le fait le gouvernement, en étant combinés au large scale testing et au contact tracing, car ils sont moins précis sur les personnes asymptomatiques.»