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Pandémie

L’autotest Covid s’invite timidement en entreprise



Les premiers autotests Covid arrivent progressivement dans les entreprises luxembourgeoises. (Photo: Shutterstock)

Les premiers autotests Covid arrivent progressivement dans les entreprises luxembourgeoises. (Photo: Shutterstock)

Quelques entreprises luxembourgeoises ont pris l’initiative de commander des autotests Covid pour leurs salariés. Ils servent surtout pour des cas précis, comme des visites chez des clients, et non pour un suivi global.

Les autotests Covid nasaux sont là dans les écoles , les grandes surfaces, les pharmacies. Et dans les entreprises? «Nous avons pu nous en procurer 5.000 à ce jour», affirme Dominique Laurent, managing director chez PwC Luxembourg. La plupart sont disponibles à la conciergerie de l’entreprise, où les salariés peuvent les acquérir «au prix d’achat». Les 1.300 premiers autotests, arrivés il y a deux semaines, se sont vendus à 5 euros l’unité, en une seule journée. Une vraie «ruée», commente-t-il. Le reste est arrivé en fin de semaine dernière, à un prix moins élevé, de 3 euros par autotest. Ils viennent de différents fournisseurs, pour lesquels PwC a passé un appel d’offres. Pour un délai de livraison d’environ une semaine.

Le but: offrir aux employés une «facilité d’acquisition». Ils les achètent surtout «pour se rassurer eux-mêmes», avant de rendre visite à leur famille, par exemple, «dans le respect des règles sanitaires». Ou, en cas de doute, avant de venir au bureau.

Que pour le terrain

Une autre partie de ces autotests sera donnée aux équipes qui se déplacent. «Quand cinq personnes travaillent chez un client, elles peuvent avoir plus de proximité qu’au bureau», justifie Dominique Laurent. Cela ne concerne qu’une quinzaine de personnes parmi les 2.930 salariés, le travail à distance étant privilégié lorsque cela est possible. Elles auront alors droit à un autotest Covid hebdomadaire, pour assurer un bon suivi et éviter toute contamination.

Dans tous les cas, «l’objectif n’est pas de tester tout le monde», l’autotest étant moins fiable qu’un test PCR. «La première recommandation, c’est de ne pas venir.» L’entreprise propose à la plupart de ses employés de retrouver leur bureau entre zéro et deux jours par semaine.

Lorsque la situation sanitaire le permettra, PwC envisage également de proposer des autotests aux salariés souhaitant organiser des petits événements d’entreprise.

Une stratégie à définir

L’entreprise de construction CBL assure, elle aussi, avoir passé commande pour «plusieurs milliers» d’autotests Covid, il y a plus de deux semaines. Elle les attend toujours. Vont-ils servir uniquement en cas de symptômes? Ou pour un suivi général des 380 salariés? Rien n’a été arrêté pour le moment, nous indique Marguerite Thommes, directrice des ressources humaines. «Nous allons décider ensemble avec la Santé au travail.» Mais, dans le deuxième cas, «nous aimerions un soutien du ministère de la Santé».

Contacté à ce sujet en mars , il indiquait à Paperjam qu’un financement des autotests en entreprise n’était pas prévu. Il a depuis publié ses recommandations sur le sujet , notamment pour le choix des fournisseurs. Le directeur de l’Union des entreprises luxembourgeoises (UEL),  Jean-Paul Olinger , confirme qu’il s’agit toujours d’un «exercice volontaire des entreprises», sans financement national.

Vacciner plutôt que d’autotester

En attendant, la pâtisserie Oberweis ne les propose qu’à ses salariés travaillant à la vente des produits en Allemagne et aux chauffeurs qui les y transportent, parce que le pays le demande. À hauteur de trois tests par semaine pour trois vendeurs et un à deux chauffeurs, réalisés par une personne «responsable» de l’équipe. La direction des ressources humaines fournit ensuite un certificat sur l’honneur pour attester des autotests négatifs, même si l’entreprise n’a jamais subi de contrôle aux frontières pour le moment. Elle paie 125 euros pour 25 autotests.

Au Luxembourg, «si on doit le faire, on va le faire», assure Tom Oberweis , administrateur de la société. Même s’il préfère miser sur la vaccination , quand ce sera possible. Une réflexion que partagent plusieurs entreprises interrogées, n’ayant pour l’instant rien décidé sur le déploiement d’autotests Covid.