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Cluster, voiture autonome, ISO

L’automobile en pointe au Luxembourg



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L’expertise des acteurs luxembourgeois se concrétise dans la mise en œuvre du banc d’essai numérique transfrontalier entre la France, l’Allemagne et le Luxembourg. (Photo: carloscastilla - stock.adobe.com)

Entre la création d’un pôle européen, la participation à des projets internationaux sur la sécurité ou l’implication dans la normalisation ISO, le secteur automobile au Luxembourg tire son épingle du jeu.  

Ce n’est pas parce qu’aucun constructeur automobile n’a installé de sites de production au Luxembourg que le pays n’a pas son mot à dire dans ce secteur pour le moins concurrentiel. Outre la cinquantaine d’acteurs (notamment dans le domaine des équipements) qui sont présents sur le territoire, le Grand-Duché est directement impliqué ou concerné dans des initiatives d’envergure transnationale ou européenne.

Le projet actuellement en cours de conduite transfrontière autonome et connectée, mené conjointement avec les voisins français et allemand, est un des exemples les plus spectaculaires. La démonstration faite à Schengen, au printemps dernier, de ce banc d’essai numérique transfrontalier a permis de toucher du doigt une réalité qui, jusqu’alors, n’était couchée que sur le papier. Et si, au départ, ce projet était une initiative franco-allemande, les compétences technologiques affichées par le Luxembourg lui ont permis de monter à bord assez rapidement.

«Un tel projet a permis de faire appel à l’expertise reconnue des acteurs luxembourgeois dans les domaines de la cybersécurité, de l’authentification et de la confiance», explique Jean Schiltz, deputy director smart mobility au ministère de l’Économie. «Certaines entreprises participent également au développement de produits d’assurance innovants couvrant les véhicules autonomes.»

À saute-frontière

Les enjeux sont importants et vont bien au-delà de la seule prouesse technologique consistant à faire en sorte que la continuité de la connexion soit assurée, quel que soit le côté de la frontière où l’on se trouve. «La digitalisation et l’automatisation des transports jouent un rôle important pour aider le pays à améliorer la sécurité routière, réduire les émissions et résorber les congestions», argumente Anthony Auert, le manager du Luxembourg Automobility Cluster de Luxinnovation. «L’émergence de ces nouvelles technologies aide à consolider des entreprises déjà bien établies, mais elle permet également d’attirer de jeunes pousses.»

La coopération internationale est, pour le Luxembourg, une voie obligatoire pour continuer à aller de l’avant. Ce n’est pas un hasard si, dans le prolongement de ce projet transfrontalier, le ministère de l’Économie fait partie des États signataires (aux côtés des Pays-Bas, de l’Espagne, de l’Allemagne et de la Finlande) pour la création du groupe de travail européen « Data for Road Safety », dédié au partage de données de circulation routière. Une adhésion qui s’inscrit aussi de plain-pied dans la stratégie d’innovation basée sur les données mises en œuvre au plan national.

C’est aussi pour cela que le pays s’est engagé dans la création, officialisée au début de l’été, du Pôle automobile européen . Piloté par la Chambre de commerce et d’industrie Grand Est (en France), ce pôle, doté d’un budget de 2,2 millions d’euros, rassemble 12 partenaires (9 opérationnels et 3 méthodologiques) français, allemands, belges et luxembourgeois.

Ce sont des entreprises performantes et interconnectées du secteur automobile qui continueront à soutenir le succès de la Grande Région.

Anthony Auert,  manager du Luxembourg Automobility Cluster chez Luxinnovation

Ce projet prolonge l’excellente collaboration transfrontalière déjà en œuvre depuis 2013 au sein d’Autoregion, le méta-cluster automobile de la Grande Région. Il élargit surtout les perspectives pour les acteurs luxembourgeois. «Nous allons, au travers de ce pôle, augmenter la visibilité transfrontalière et internationale de nos entreprises et concourir à leur développement sur la scène internationale. Ce sont des entreprises performantes et interconnectées du secteur automobile qui continueront à soutenir le succès de la Grande Région», précise Anthony Auert, son cluster étant le représentant luxembourgeois au sein de ce Pôle.

Le PAE proposera son premier événement officiel le 24 septembre prochain, à Liège, dans le cadre d’un «Automotive Day» qui sera consacré aux thèmes de l’analyse des cycles de vie et du recyclage.

Quand ISO vient au Luxembourg

Un mois plus tard, le Luxembourg sera encore sur le devant de la scène internationale, puisque le pays sera l’hôte, fin octobre, pendant une semaine, d’un groupe de travail de l’Organisation internationale de normalisation (ISO) qui planche sur deux nouvelles normes de sécurité: ISO 26262 et ISO 21448. Il s’agit de développer un standard de sécurité unifié pour tous les systèmes électriques et électroniques automobiles.

Ce groupe de travail se concentre sur le développement et la validation au niveau système, hardware et software, ce qui permet d’évaluer le niveau de sécurité du produit développé lorsqu’il sera opérationnel sur la route.

C’est la première fois que le Luxembourg accueille une telle réunion, qui mettra en présence une centaine d’experts mondiaux du plus haut niveau représentant des fabricants d’équipement d’origine ou des fournisseurs tels que Renault, Valeo, Continental, NVDIA, Dyson, Bosch, Daimler, Toyota ou encore Honda. L’occasion, pour eux, de juger, sur place, de la pertinence et de l’importance du secteur automobile dans un Grand-Duché qui ne cesse d’avancer dans ce domaine.

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