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Auchan affirme son ancrage luxembourgeois



René Grosbusch, Anne-Sophie Steichen et Goy Grosbusch collaborent avec Auchan Luxembourg, représenté ici par Marc Gueuzurian (à gauche). (Photo: Paperjam)

René Grosbusch, Anne-Sophie Steichen et Goy Grosbusch collaborent avec Auchan Luxembourg, représenté ici par Marc Gueuzurian (à gauche). (Photo: Paperjam)

À l’occasion de ses 25 ans de présence au Luxembourg, Auchan veut souligner ses partenariats avec des fournisseurs locaux. L’enseigne a récemment fait un arrêt chez deux d’entre eux.

Ce n’est un secret pour personne: les produits locaux ont la cote ces derniers temps. Le confinement du printemps 2020 a certes accentué le phénomène , mais aujourd’hui encore, il reste assez marqué .

«Au Luxembourg, il y a une intégration des produits locaux supérieure à ce que l’on peut observer en France, par exemple», analyse Pierre Besson, responsable de l’offre alimentation en libre-service chez Auchan Retail.

L’enseigne a donc décidé de faire une exception à son tour de France des producteurs locaux en s’arrêtant mercredi au Grand-Duché de Luxembourg. «Nous essayons d’avoir le maximum de références luxembourgeoises», assure Marc Gueuzurian, directeur du magasin Auchan Kirchberg. Celui-ci fête cet automne ses 25 ans d’existence, au cours desquels son assortiment a évolué pour s’adapter aux spécificités locales.

Logistique et circuits courts

Parmi les partenaires de longue date, figure depuis 23 ans Grosbusch. «Auchan a compris qu’il faut constamment remettre en question la gamme», assure Goy Grosbusch, administrateur délégué de l’entreprise familiale. Celle-ci opère deux livraisons quotidiennes pour l’enseigne, et parfois trois durant les fêtes de fin d’année, là où la centrale à l’oiseau rouge ne peut logistiquement assurer qu’un approvisionnement par jour endéans 24 heures de délai. «La flexibilité fait la force de notre partenariat», abonde le responsable.

Depuis la fin des années 90, l’enseigne collabore aussi avec les Moulins de Kleinbettingen. Les clients retrouvent en rayon les farines de l’entreprise familiale luxembourgeoise, mais aussi en boulangerie, puisque la plupart des pains sortis des ateliers d’Auchan sont fabriqués à base de blé moulu à la frontière belgo-luxembourgeoise.

Plus récent, le partenariat entre Auchan et la coopérative Naturschutz Fleesch a débuté en 2020. Dans sa ferme de Weiler-la-Tour, la famille Steichen élève des bœufs angus suivant des principes d’agriculture raisonnée. Les 100 bêtes vivent toute l’année en extérieur, ne reçoivent aucun engraissage, mais tout juste du foin l’hiver. «Nous travaillons ensemble, avec la nature», souligne Anne-Sophie Steichen, membre de l’exploitation agricole.

Les bêtes, qui sont toutes nées au Luxembourg, sont abattues après 30 à 34 mois, contre 18 mois en filière conventionnelle. «Cela donne une viande d’une qualité exceptionnelle», ajoute la jeune femme, dont l’exploitation livre une bête par semaine à Auchan.

Pour la 8e des 23 étapes locales de cet Auchan Tour, le bus de l’enseigne à l’oiseau a exceptionnellement quitté l’Hexagone pour faire un arrêt au Grand-Duché. (Photo: Paperjam)

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Du dépôt de Grosbusch, à Ellange, partent quotidiennement deux tournées pour Auchan Luxembourg. (Photo: Paperjam)

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L’enseigne française a développé en 2014 un label «Filière responsable» pour mettre en avant ces partenariats locaux non seulement sur son marché domestique, mais aussi au Grand-Duché.

«Le label ‘Filière responsable’ coïncide avec notre cahier des charges», explique à Paperjam Marc Godefroid, directeur commercial Boulangerie aux Moulins de Kleinbettingen. L’entreprise représente avec l’éleveur de bœufs angus deux filières luxembourgeoises Auchan. Au total, plus de 100 filières Auchan sont intégrées au Luxembourg, précise l’enseigne. Celle-ci compte 350 références en rayon de ces produits «filière». «Notre volonté est de poursuivre et accélérer leur développement», complète la porte-parole d’Auchan Luxembourg, Sophie Morlé.

Les limites du circuit court

Évidemment, le prix de vente est à la hauteur de ces produits davantage travaillés. «Nous commercialisons des produits qui souvent ne sont pas les moins chers, mais qui ont une qualité gustative supérieure», résume Goy Grosbusch.

D’autres obstacles au courant locavore demeurent. Tout d’abord au niveau de l’offre, puisqu’elle n’est pas extensible. Grosbusch, par exemple, travaille avec 14 producteurs locaux, dont 5 certifiés bio. Ensuite, il est impossible de tout produire au Luxembourg. Le rayon poissonnerie demeure tributaire des importations, par exemple.