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L’armada luxembourgeoise met les voiles sur Paris



L’armada luxembourgeoise ne ramènera pas d’épices de son déplacement à Paris. Mais peut-être de nouvelles fintech et de bons contacts pour ces nombreuses start-up qui ont lancé leurs produits. (Photo: Shutterstock)

L’armada luxembourgeoise ne ramènera pas d’épices de son déplacement à Paris. Mais peut-être de nouvelles fintech et de bons contacts pour ces nombreuses start-up qui ont lancé leurs produits. (Photo: Shutterstock)

L’amiral Nasir emmènera une impressionnante délégation des fintech luxembourgeoises, mardi et mercredi, au Paris Fintech Forum. Et les pirates Jacques Pütz, à bord de son Luxhub, et Luc Falempin, sur le Tokeny, partiront même seuls à l’abordage, les voiles gonflées d’ambitions.

Crâne lisse, pull noir moulant et pantalon assorti, Matteo Rizzi a le physique d’un corsaire et le baratin d’un séducteur italien sur une plage de Sardaigne. L’Italien porte à bout de bras ses «Fintech Stage», conférences itinérantes sur une thématique en plein boom.

Au Cercle Cité, place d’Armes, tout le gratin des fintech, dont le ministre des Finances, Pierre Gramegna , et le CEO de Luxembourg for Finance, Nicolas Mackel , est assis sur les chaises dorées et leur velours rouge, tous suspendus à son sourire de publicité pour dentifrice.

Presque tout le gratin.

Comme un marin à la dérive, Laurent Nizri n’a pas quitté l’antichambre. Poussé par son «vaisseau amiral», le paquebot dans lequel est localisé le ministère des Finances à Bercy, le Français est là pour donner de l’envergure au Paris Fintech Forum, organisé cette année-là encore au sein même du ministère. «Présente-moi des gens», demande-t-il invariablement à chaque connaissance et à chaque journaliste, glissant aussitôt sa carte de visite.

160 start-up sur 1.000 candidates

Quatre ans plus tard, le PFF est devenu un événement incontournable. Le fondateur et CEO d’Altéir Consulting n’est pas toujours tendre avec ses amis, qui se rappellent à ses bons souvenirs pour assister aux deux jours de rencontres, dans le prestigieux Palais Brongniart. Avec plus de 1.000 start-up qui veulent en être, contre 160 retenues, les places sont chères. Les 250 orateurs, CEO de fintech ou directeurs de banque paient même parfois pour délivrer la bonne parole à une audience qualifiée de près de 3.000 personnes. «Il a réussi à imposer son événement dans le calendrier… même si c’est le seul qui soit programmé si tôt dans l’année», commente la head of marketing de la Lhoft, Manon Loison.

Vendredi dernier, pour le premier Fintech Friday de l’année, l’amiral Nasir Zubairi a rappelé qu’il voulait que la délégation luxembourgeoise soit la première délégation étrangère et qu’elle ne soit pas battue, comme l’an dernier, par les Belges. Toute son équipe rame pour emmener tout le monde: 25 start-up seront de la partie (Aixigo, Governance, Seqvoia, CFTE, Koosmik, Inreg, Apiax, Valuu.io, Jemmic, Finqware, CoinPlus, Crosslend, Stokr, Scorechain, Active Asset Allocation, Banking Circle, AQMetrics, FFYN, Luxhub, Neterium, Tetrao, Tokeny, Bitpesa, AZA, Lendinvest), plus des acteurs comme Luxembourg for Finance, le SnT de l’Université du Luxembourg, Victor Buck ou EBRC.

CSSF et Clearstream aussi sur scène

La moitié des start-up seront même sur scène, soit au cours d’une des nombreuses tables rondes, soit pour pitcher. Ce sera le cas de Christian Faes, qui a quitté les fonctions opérationnelles de Lendinvest le 13 janvier (mardi 11h40, stage 2); Christian Gillot, de Tetrao (mardi 11h, stage 4); Adina Grigoriu, d’Active Asset Management (mardi 15h20, stage 4); Yves-Laurent Kayan, de CoinPlus (mardi 16h40, stage 4); Anders la Cour, de Banking Circle (mercredi 11h25, stage 3); Luc Falempin, de Tokeny (mercredi 14h30, stage 3), ou encore Jacques Pütz, de Luxhub (mardi 14h50, stage 2).

Au-delà des entrepreneurs eux-mêmes, le Luxembourg est représenté à d’autres niveaux au cours de cet événement. Il y a les «amis du Luxembourg», comme Ghela Boskovich et Brett King, régulièrement présents à l’ICT Spring ou à des événements de ce type. Il y a Pascal Bouvier, le CEO de Middle Game Ventures, qui a monté le Nadifin avec la Lhoft. Ou il y a les officiels, comme le directeur général de la Commission de surveillance du secteur financier, Claude Marx , qui interviendra lors d’une table ronde pour illustrer les différences entre les régulateurs européens et américains, ou comme le patron de Clearstream, Stephan Leithner, lors d’une table ronde sur les assets digitaux.

Et comme souvent, il faudra avoir un œil sur le «side event», mardi de 17h à 20h, à deux pas de l’ancien Palais de la Bourse. C’est une autre start-up bien connue au Luxembourg qui a prêté ses nouveaux locaux pour l’occasion: Lingua Custodia. Il y aura du rhum, de la bière… et peut-être de cette boisson sirupeuse qui a rendu les Fintech Fridays de l’amiral Nasir si réputés. Les marins ne peuvent pas souquer ferme en permanence.