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Mobilité vers Luxembourg

Arlon-Sterpenich: le flop du covoiturage



Méconnue, mal signalée… la bande de covoiturage entre Arlon et Sterpenich est fréquentée par 20 à 30 véhicules par jour. (Photo: Maison Moderne/Archives)

Méconnue, mal signalée… la bande de covoiturage entre Arlon et Sterpenich est fréquentée par 20 à 30 véhicules par jour. (Photo: Maison Moderne/Archives)

La bande de covoiturage de la E411 entre Arlon et Sterpenich, menant vers la A6 et Luxembourg-ville, ne convainc toujours pas les automobilistes. Le ministre wallon de la Mobilité a reconnu pour la première fois que c’était un échec, en faisant endosser une partie de la responsabilité au Luxembourg.

La bande de covoiturage entre Arlon et l’ancien poste-frontière de Sterpenich, où elle rejoint l’A6 pour filer vers Luxembourg, est un flop à 17 millions d’euros, du moins pour le moment. Ce qu’a reconnu le ministre wallon de la Mobilité, Philippe Henry (Ecolo), en commission du climat, de l’énergie et de la mobilité, relate La Meuse Luxembourg. Selon une étude de 2020, entre… 20 et 30 véhicules par jour empruntaient cette bande de covoiturage en 2019!

Pour expliquer cet échec, le ministre a évoqué le fait que le covoiturage était très peu développé en Wallonie, où on compte 1,3 personne par voiture. De plus, cette pratique est souvent perçue comme une contrainte plutôt qu’un avantage. La sous-utilisation serait aussi liée à la méconnaissance des automobilistes et à la signalisation défaillante de cette bande.

Gauche? Droite? Au milieu?

Mais le ministre a aussi pointé du doigt le Luxembourg, estimant que la bande belge n’aurait de sens qu’une fois prolongée au Luxembourg. Ce qui est bien en projet. Mais alors que le covoiturage belge se fait à droite, le Luxembourg la placera à gauche. Une adaptation coûterait 20 millions d’euros.

Alors que la Wallonie avait toujours défendu mordicus son choix, le ministre Henry semble revoir sa position. Tout en ne sachant plus où la mettre. «Il est vrai que des études montrent que la bande de covoiturage située à gauche génère moins d’accidents et semble plus pratique. Je préfère me donner le temps de la réflexion sur cette possibilité afin d’éviter des investissements conséquents inutiles, surtout au regard des futurs investissements qui devront être réalisés suite aux inondations. Il y a également une autre possibilité: celle de basculer la bande de covoiturage sur la bande du milieu. Quoi qu’il en soit, je ne peux pas donner de garanties de réalisation dans les prochaines années.»

En attendant, ce qui pourrait être fait pour améliorer modestement, mais rapidement, les choses tarde à se concrétiser. La décision du ministre d’élargir les conditions d’accès – par exemple aux motards ou aux véhicules avec deux personnes à bord au moins au lieu de trois actuellement – n’est toujours pas d’application.