ENTREPRISES & STRATÉGIES — Industrie

Green at work (10/10)

ArcelorMittal: une stratégie RSE en acier



ArcelorMittal insiste sur les prédispositions de l’acier en matière de durabilité, à commencer par son intégration dans un modèle d’économie circulaire. (Photo: Marc Wilwert / ArcelorMittal)

ArcelorMittal insiste sur les prédispositions de l’acier en matière de durabilité, à commencer par son intégration dans un modèle d’économie circulaire. (Photo: Marc Wilwert / ArcelorMittal)

La durabilité, la santé et sécurité au travail et l’empreinte carbone font partie intégrante de l’approche transversale du groupe ArcelorMittal en matière de RSE.

Si la RSE se résume pour certains à la seule réduction des émissions de CO2, ce n’est pas l’approche poursuivie par ArcelorMittal , qui entretient une politique transversale avec une dizaine d’enjeux-clés.

On y retrouve les stratégies de santé et sécurité au travail, de durabilité des produits, des infrastructures, mais aussi d’utilisation des ressources, d’efficience logistique et de contribution citoyenne notamment.

«On est passé du ‘nice to have’ au ‘need to have’: on n’envisage plus d’opérer nos sites sans prendre en compte les notions d’impacts environnementaux et sociaux», souligne Alain Hildenbrand, head of SEEiM d’ArcelorMittal.

Un service pour une approche transversale

Au Luxembourg, la multinationale a créé le SEEiM: un service qui regroupe la sécurité, l’environnement, l’énergie et le management intégré. Commun à l’ensemble des sites industriels du groupe, ce département veille d’une seule voix à l’amélioration de ses domaines de compétences. «On est parvenu à utiliser la dynamique positive née de l’engouement autour de la santé et de la sécurité au travail pour booster les démarches que sont l’environnement, l’énergie et le management intégré», détaille le responsable.

Si ArcelorMittal Luxembourg publie chaque année un rapport comprenant les éléments de RSE depuis 2010, l’engagement du groupe est plus ancien encore. Entre normes environnementales à respecter et stratégie de différenciation sur le marché mondial de l’acier, la multinationale affiche une sensibilité aux thématiques environnementales avec un argument de poids: l’acier est un matériau 100% recyclable et s’intègre parfaitement dans un modèle d’économie circulaire.

«On a décidé d’intégrer le développement durable comme un élément de la stratégie de l’entreprise et non pas comme un élément qui s’ajoutait aux lignes de décision», résume Alain Hildenbrand.

Intégrer le développement durable comme un élément de la stratégie de l’entreprise et non pas comme un élément qui s’ajoutait aux lignes de décision.
Alain Hildenbrand

Alain Hildenbrand,  head of SEEiM ,  ArcelorMittal Luxembourg

Celui-ci assure ne pas avoir rencontré de réticences de la part des salariés des cinq sites industriels luxembourgeois où la stratégie est active. Celle-ci s’est selon lui professionnalisée au fil des ans, même si pour l’heure aucune évaluation du coût et des gains générés par la stratégie RSE n’est connue.

«C’est l’étape à venir: faire une mesure de l’impact des externalités», poursuit notre interlocuteur. Si certaines sont difficiles, voire impossibles à pondérer, d’autres en revanche le sont. C’est le cas par exemple du projet mené avec Sudcal à Esch/Belval pour alimenter le réseau de chauffage du nouveau quartier Belval autour de l’Université du Luxembourg. Depuis 2018, 70% de ses besoins en chaleur proviennent de la récupération de la chaleur du four de réchauffage du laminoir de palplanches sur le site industriel de Belval. Selon ArcelorMittal et Sudcal, l’économie d’énergie pointe à 18.000MWh par an, soit la consommation de 4.000 ménages. La mesure permet aussi d’éviter, de manière globale, le rejet de 5.000 tonnes de CO2 par an.

Le sujet de la récupération de chaleur pour la production d’énergie est d’ailleurs au cœur du partenariat d’une durée de cinq ans qu’ArcelorMittal a noué avec le List fin 2019. Les deux partenaires vont concentrer leurs efforts sur la recherche et le développement de projets dans les domaines de l’amélioration de l’efficacité énergétique, de récupération de chaleur et de production d’électricité à partir de chaleur excédentaire, une démarche qui s’inscrit dans le processus de transition d’ArcelorMittal vers une économie circulaire et la production d’acier circulaire.

«ArcelorMittal Luxembourg a toujours été précurseur en matière de RSE dans le groupe», souligne Alain Hildenbrand. Pour rappel, le géant de l’acier ambitionne d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050 .