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Luxembourg-ville

Après les tests, la queue pour les vaccins



Le succès du 70, Grand-Rue reste au rendez-vous malgré le déménagement de la partie consacrée aux tests. (Photo: Paperjam)

Le succès du 70, Grand-Rue reste au rendez-vous malgré le déménagement de la partie consacrée aux tests. (Photo: Paperjam)

Entre l’ouverture de la dose de rappel aux plus de 18 ans et les nouvelles contraintes qui touchent les non-vaccinés, les files d’attente s’allongent devant le centre de test «pop-up» de la Ville de Luxembourg, au 70, Grand-Rue.

Lundi, les gens faisaient encore la queue au 70, Grand-Rue pour se faire tester. Deux jours après, le centre de la Ville de Luxembourg a déménagé place du Théâtre . La précédente adresse n’accueille plus que le centre de vaccination «pop-up» de la capitale. Pourtant, les files ne diminuent pas. Ce mercredi 1er décembre, à midi, une vingtaine de personnes patientaient sous leur parapluie devant le petit bâtiment. La file se divise en deux: première dose à droite, rappel à gauche. Cette dernière étant bien plus remplie.

Plus de monde pour la dose de rappel

«On ne peut plus faire le booster dans un des trois centres de vaccination sans rendez-vous », justifie Ghislaine*, emmitouflée dans sa doudoune. Elle a appelé la hotline Covid avant de se déplacer pour être sûre de pouvoir faire sa troisième dose au pop-up de la Ville. Quelques minutes plus tard, Jeanne sort du bâtiment, buée sur les lunettes et bonnet sur la tête. «J’ai attendu 1h30», témoigne-t-elle. Une personne du centre de vaccination nous explique que cela peut aller jusqu’à deux heures. «Il vaut mieux venir ici, car on est pris directement et on n’a pas besoin d’attendre de recevoir son invitation», estime pourtant Jacques*, attendant lui aussi, sous la pluie, sa troisième dose.

C’est difficile d’être forcé de faire quelque chose que l’on ne veut pas.

Nicole,  étudiante

De l’autre côté du ruban qui sépare les deux files, Diana fait rouler sa poussette. Ce sont les nouvelles mesures sanitaires , passant les lieux de loisir en «2G» (vacciné ou guéri), qui l’ont conduite à se faire vacciner. «Surtout pour mes enfants», explique-t-elle. «Sinon, je ne peux plus rien faire avec eux, comme aller aux Winterkids.» Avant, elle estimait simplement ne «pas avoir besoin» du vaccin contre le Covid-19.

Devant elle, Philippe* et Maxence* ont été «forcés». Leur employeur leur aurait demandé de se faire vacciner s’ils voulaient que leur CDD se transforme en CDI. Le CovidCheck devrait devenir obligatoire au travail , mais, dans ce cas, les salariés gardent normalement le choix entre vaccin et test. Le sésame leur ouvrira au moins les portes du restaurant. «Je m’en fous, je peux me faire à manger chez moi», répond Maxence.

Conséquence des annonces?

Plus loin, Nicole rejoint la file avant de réaliser que le centre de test a déménagé. Malgré les nouvelles restrictions, elle ne saute pas le pas du vaccin. «Je ne sais pas, j’hésite encore. C’est difficile d’être forcé de faire quelque chose que l’on ne veut pas, pour une sorte de grippe avec un vaccin pour lequel on n’a pas de recul.» Étudiante, elle fait des tests pour sortir. «Heureusement que les bibliothèques restent accessibles» sans CovidCheck, souffle-t-elle. «J’aurai un stage obligatoire en avril et je crois que je n’aurai plus le choix. Je ne vais pas non plus rester à la maison sans rien faire.» Avant de prendre la route vers la place du Théâtre, elle dénonce: «Les vaccinés peuvent aller partout, alors qu’ils peuvent toujours attraper le virus.»

Juste avant les annonces du gouvernement, lundi 29 novembre, 242 premières doses avaient été injectées au Luxembourg, 125 deuxièmes et 2.951 rappels. Le ministère de la Santé n’a pas pu donner les derniers chiffres, qui seront publiés sur son site internet ce mercredi soir. Ils montreront l’impact ou non des restrictions sur la vaccination. La Ville de Luxembourg n’a pas non plus donné de chiffres sur la fréquentation de son centre de vaccination.

*Les prénoms ont été modifiés pour l’article.