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Après les LuxLeaks, voici OpenLux



Durant un an, 17 médias internationaux ont analysé plus de 4 millions de documents en lien avec les dizaines de milliers de sociétés établies au Luxembourg. (Photo: Paperjam)

Durant un an, 17 médias internationaux ont analysé plus de 4 millions de documents en lien avec les dizaines de milliers de sociétés établies au Luxembourg. (Photo: Paperjam)

17 médias internationaux publient ce lundi une enquête, baptisée «OpenLux», menée sur les sociétés établies au Luxembourg. Plus de 4 millions de documents ont été analysés. Le gouvernement a eu le temps d’anticiper cette sortie et a déjà livré des réponses à certaines questions soulevées.

Entrouvrir la porte du coffre-fort que serait le Luxembourg. Voilà le souhait de 17 médias internationaux qui publient, à partir de ce lundi et durant toute la semaine, le fruit d’une enquête menée en commun et baptisée «OpenLux». À l’initiative du journal Le Monde et grâce à l’Organized Crime and Corruption Reporting Project, les journalistes ont, durant un an, passé au crible plus de 4 millions de documents, pour la plupart publics.

Leur but: décortiquer l’actionnariat et les structures des 140.165 sociétés actives dans le pays. Et mettre à jour les failles luxembourgeoises en matière de transparence. L’enquête identifie ainsi 45% de holdings financières sans le moindre ancrage local parmi les sociétés enregistrées dans le pays.

Première cible: le registre des bénéficiaires effectifs

Dans leur collimateur se trouve en premier lieu, ce lundi, le registre des bénéficiaires effectifs (RBE), qui, peut-on lire dans plusieurs dans d’entre eux, malgré «la fanfaronnade» et le «vernis» de cette volonté de transparence, souffre de «plusieurs maladies de jeunesse. Voire de failles béantes».

Ainsi, une société sur deux n’aurait pas désigné son ou ses bénéficiaires, ou pas les bons. Un chiffre erroné et donc contesté, selon le ministère des Finances et le gouvernement luxembourgeois, sollicités par ces médias voici plusieurs semaines. Les erreurs de retranscription seraient aussi très nombreuses. Le fait qu’une société soit effacée du RBE dès que dissoute ou que le contrôle ne serait que «sommaire» via 59 employés semble soulever également des interrogations.

Révélations à venir sur les fonds et les multinationales

Dans les jours à venir, les 17 médias alliés dans cette enquête annoncent des révélations sur les grandes fortunes qui profitent des largesses de la protection luxembourgeoise, des expatriés qui y établissent leur société, des multinationales établies dans le pays ou des fonds «douteux» qui y prospèrent…

De quoi, indique Le Monde, découvrir «la face cachée du Luxembourg, un paradis fiscal situé au cœur de l’Union européenne».

Une première réplique et un site internet dédié

Face à ce qui s’annonce comme une seconde vague de révélations après celle des LuxLeaks en 2014 , qui reste un très mauvais souvenir et même un traumatisme , le gouvernement a décidé de prendre les devants. 

Prévenu depuis le milieu de la semaine dernière de la publication imminente de l’enquête, il avait visiblement bien préparé sa réplique et anticipé les événements de la journée de lundi, et même de la semaine.

Un premier communiqué de presse a été publié dès ce lundi à 00h01. Preuve évidente de l’urgence de circonscrire au plus vite le début d’incendie, pour peu qu’il y en ait un, et d’une communication a priori mieux maîtrisée .

Par ailleurs, le gouvernement a mis en ligne un site internet, www.openlux.lu , avec l’ensemble de son argumentation.

Sollicités voici plusieurs semaines par Le Monde, les ministères, mais aussi les organes de surveillance ont fourni une série de réponses précises aux questions posées.