POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

affaire christian schleck

«L’approche des syndicats n’a pas été correcte»



294601.jpg

François Bausch est clair: la liberté syndicale ne donne pas le droit de choisir ce que l’on fait ou pas au sein de l’armée. (Photo: Matic Zorman/Archives Paperjam)

Ministre de la Défense, François Bausch (Déi Gréng) suit les évolutions de l’affaire Christian Schleck de près. Il n’avait pas souhaité prendre position sans en connaître tous les éléments. Ce qui est le cas maintenant.

Si  Henri Kox  (Déi Gréng) est ministre délégué de la Défense, c’est bien  François Bausch  (Déi Gréng) qui reste le titulaire de la fonction. Il suit donc évidemment de près le conflit entre l’état-major et les syndicats au sujet de la mutation de Christian Schleck, adjudant-chef et président du syndicat de l’armée (Spal).  Une mutation destinée à entraver son travail syndical, selon la Confédération générale de la fonction publique (CGFP) et le Syndicat professionnel de la force publique (SPFP) , qui ont demandé au général  Alain Duschène  de démissionner.  Celui-ci a récemment contesté toute forme de sanction envers l’adjudant-chef.

Par ailleurs, les syndicats ont aussi décidé de  déposer une plainte auprès de l’Office international du travail à Genève . Ministre de la Défense, François Bausch est jusqu’à présent resté très discret sur ce dossier, le temps pour lui de prendre la mesure de tous les éléments qui le constituent. Ceci étant chose faite, il a expliqué sa position à Paperjam.

Quelles sont les conclusions que vous tirez de cette polémique autour de la mutation de l’adjudant-chef Christian Schleck?

François Bausch. – «Maintenant que j’ai pris connaissance de tous les éléments, je peux dire que dans ce dossier, les syndicats ont choisi une approche qui n’est pas correcte. Je rappelle que j’ai déjà évoqué cette affaire en commission de la défense en juin dernier. Le dossier était clos. Tout cela a été un peu oublié et il a fallu que le général Duschène explique l’historique dans certains médias.

Il n’est pas question qu’un syndicaliste choisisse ce à quoi il travaille.
François Bausch

François Bausch,  ministre de la Défense

Quels sont les enjeux autour de ce dossier?

«Pour moi, il y a deux choses évidentes. Premièrement, les libertés syndicales doivent être garanties partout, donc aussi dans l’armée. Deuxièmement, la liberté syndicale n’est pas une garantie de pouvoir choisir à la carte ce qu’on fait dans l’armée, sur son lieu de travail. C’est ce qui me dérange dans cette affaire: est-ce une question de liberté syndicale ou de quelqu’un qui ne veut pas changer de poste? L’armée doit aussi fonctionner. Il n’est pas question qu’un syndicaliste puisse choisir ce à quoi il travaille. C’est un engagé, c’est la hiérarchie qui décide où il travaille.

Comment sortir par le haut de la situation actuelle qui semble dans une impasse?

«La procédure de mutation est en cours. Monsieur Schleck a reçu sa lettre et peut s’exprimer au cours des prochaines semaines sur celle-ci. S’il a l’impression que le poste proposé – le 2e déjà! – bloque son activité syndicale, il faudra trouver une autre solution qui ne peut pas être de rester là où il est. Le problème fondamental est bien que ce changement de service n’a rien à voir avec son activité syndicale.

La CGFP veut déposer une plainte auprès de l’OIT. N’est-ce pas aller trop loin?

«Je vais recevoir la CGFP en entrevue la semaine prochaine, car quand on me demande une entrevue je l’accorde. Je lui conseille de rester les pieds sur terre. Honnêtement, je trouve cela exagéré de porter cette affaire à Genève. Pour moi, il est important que le calme revienne, aussi bien dans la police que dans l’armée. Ce sont deux corps importants pour le pays. Je respecte toutes les revendications syndicales, mais il faut quand même aussi que ces corps fonctionnent. Il ne faut pas s’étonner ensuite de la mauvaise image de marque renvoyée aux futures recrues.»